Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Le Togo    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Diaspora
Article



 Titrologie



Autre presse N° 001 du

Voir la Titrologie

  Sondage


 Nous suivre

Nos réseaux sociaux



 Autres articles


Comment

Diaspora

Lettre à la diaspora ou comment aider à la résolution de la crise au Togo
Publié le mercredi 27 decembre 2017  |  Togo Times


© aLome.com par Edem GADEGBEKU & Jacques TCHAKO
La Coalition des 14 conclut sa nouvelle série de 3 journées de marches le jour de la tenue du Sommet de la CEDEAO
Lomé, le 16 décembre 2017. La Coalition des 14 conclut sa nouvelle série de 3 journées de marches le jour de la tenue du Sommet de la CEDEAO.


 Vos outils




 Vidéos

 Dans le dossier



"En publiant cette lettre refondue aujourd’hui, mon objectif n’est donc pas d’exprimer une prise de position contre les résolutions de la rencontre de Paris, mais de partager mes idées avec un plus large public et surtout de susciter, je l’espère, une réflexion plus large sur le ou les rôles que peut jouer la diaspora en ce moment de crise larvée que traverse notre pays. Voici en substance ladite lettre".

Note d’introduction : La tribune que vous vous apprêtez à lire est une version retouchée dans laquelle je reprends et précise l’esprit d’une lettre (non-ouverte) que j’avais adressée aux organisateurs de la rencontre de concertation ayant réuni des compatriotes de la diaspora à Paris le 09 décembre dernier sur une initiative de certaines organisations dont le CMDT. La plupart d’entre vous ont lu les résolutions ainsi d’ailleurs que les controverses que la tenue-même de cette rencontre avait suscitées. Les résolutions de Paris n’ont pas été dans le sens de mes propositions mais je respecte le choix de la majorité et remercie mon frère R. A. d’avoir pris sur lui de porter mon courrier à la connaissance des participants.

En publiant cette lettre refondue aujourd’hui, mon objectif n’est donc pas d’exprimer une prise de position contre les résolutions de la rencontre de Paris, mais de partager mes idées avec un plus large public et surtout de susciter, je l’espère, une réflexion plus large sur le ou les rôles que peut jouer la diaspora en ce moment de crise larvée que traverse notre pays. Voici en substance ladite lettre.

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Bonjour chers membres de la mandature du CMDT

Cher Coordinateur principal et cher compatriote et frère, Dr M. A.

Les contraintes du calendrier ne me permettent pas de prendre part personnellement à la rencontre de concertation du 09 décembre. C'est pourquoi j'écris ce message pour, d'une part, soutenir l'idée de la rencontre et, d'autre part, exprimer mon avis quant au fond. Mais d’abord je saisis l’occasion pour remercier les initiateurs et les "pilotes" de la généreuse IDÉE qu'a été, qu'est et restera (j'espère) le CMDT.

Dans le communiqué d’invitation à la rencontre, il est écrit à juste titre que «la diaspora qui est un maillon important de la Société Civile togolaise de par le monde, s’organise pour peser sur les décisions à venir en toute responsabilité ».


Cependant, s'agissant de la gestion de la crise sociopolitique qui secoue notre pays depuis l’été, j'ai le profond sentiment que le CMDT a du mal à se donner les moyens pouvant lui permettre de jouer effectivement le rôle auquel il aspire «en toute responsabilité ». En se basant sur les opinions exprimées dans les déclarations publiques des uns et des autres, on peut affirmer sans risque de se tromper qu’il y a au sein de la diaspora un alignement majoritaire derrière les revendications de l’opposition. En cela la diaspora est le miroir parfait de ce qui se passe sur le territoire national, bastonnades et pertes en vies humaines en moins, heureusement.

C'est donc à juste titre que le CMDT condamne les violences et les violations des droits élémentaires des citoyens par le pouvoir en place. Mais au-delà de la condamnation, je pense que le CMDT (entendre la diaspora dans son ensemble) pouvait prendre des initiatives fortes et courageuses lui permettant d'apporter une contribution dans le règlement de la crise en sortant des sentiers battus qui se caractérisent par une nervosité généralisée, laquelle, en fin de compte, empêche de réfléchir avec sérénité aux voies et moyens de se sortir de ce pétrin (je ne veux pas dire drame, mais je le pense bien) dans lequel nous nous sommes malgré nous engagés.

Aujourd’hui tout est confusion dans ce pays qui nous a vus naître. La classe politique est dans l’impasse, c’est bien le cas de le dire. Il y a plus qu’une crise de confiance aiguë entre les différents acteurs politiques. Cette crise affecte aussi et de façon profondément inquiétante les familles dont certains membres ne communiquent plus que par WhatsApp et compagnies interposés, avec tous les excès résultant de l’illusion de l’anonymat sensé offert par ces médias.

Face à une telle situation, il me semble que la Diaspora a un rôle à jouer en faisant valoir ce que nous pouvons avoir de différent par rapport au reste de nos compatriotes, à savoir la chance que nous avons de pouvoir prendre une certaine distance (pas un manque d’intérêt ni paternalisme) par rapport à l’actualité chaude. Ne nous laissons donc pas happés par les événements parfois volcaniques certes, mais dont l'épicentre se trouve au pays.

Efforçons-nous de prendre un peu de recul par rapport à cette actualité, aussi dramatique soit-elle, et mettons-nous au travail pour nous positionner en situation de peser sur le déroulement des événements dans le sens de sortie de crise. Je l’ai déjà dit dans une précédente tribune, contrairement à ce que certains laissent croire, 1990 n’est pas, selon moi, une copie de 2017, en tout point de vue. En gros, dans le premier cas, l’initiative de la lutte par la rue était venue du peuple, de la jeunesse pour être précis. En 2017 l’initiative en revient à l’élite politique, de façon générale, laquelle élite politique joue, par conséquent, sa propre crédibilité vis-à-vis d’un peuple dont elle se réclame.

J’incite la diaspora à être ambitieuse et à s’organiser afin de se mettre en situation de pouvoir offrir ses compétences pour le retour de la confiance, base fondamentale d’une solution durable. Cela peut se traduire concrètement par la mise sur pied d’une équipe de personnes de bonne volonté qui pourraient se joindre à la médiation que la communauté internationale est en train de mettre en place dans la mesure où la classe politique semble s’être décidée à engager le dialogue.

Si nous sommes la sixième Région du Togo de par notre nombre et, surtout, de par notre poids économico-financier (réel ou supposé), il me semble que nous le sommes davantage de par les compétences diverses et variées que nous avons acquises, souvent dans l’adversité, dans pratiquement tous les domaines de la vie, à travers des épreuves quotidiennes dans nos pays d’adoption respectifs. M’adressant particulièrement au CMDT (valable pour l’ensemble de la diaspora) dont je partage aussi bien l’esprit que l’objectif, je dirais : chers frères et amis, gardons à l’esprit les nobles idéaux que nous nous étions assignés au lancement de notre mouvement.


Je vais citer ici, à titre d’exemple, une très intéressante proposition du frère Dr Y. A. qui avait suggéré lors d’une communication au Congrès de Lille ou de Bonn (je crois) de constituer une banque des compétences de la diaspora en vue de pouvoir y puiser pour répondre aux défis qui se dresseraient sur notre route. J'avais été séduit par cette suggestion. Si ce n’est pas encore fait, il est encore temps de le faire, en commençant par l’équipe de personnes de bonne volonté dont j’ai parlée plus haut pour apporter notre contribution au règlement de la crise politique. Si nous réussissons, le peuple togolais nous en sera reconnaissant. Et même si nous ne réussissions pas (ce que je ne crois pas), notre échec aujourd’hui sera le guide de nos succès de demain.

Je souhaite plein succès à la rencontre.

Je vous remercie.

Votre frère Moudassirou Katakpaou-Touré

Lettre écrite le 08 décembre et retouchée ce 25 décembre 2017.

Moudassirou Katakpaou-Touré

Francfort
... suite de l'article sur Autre presse


 Commentaires