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Surprises et leçons de 2017 [Tribune]
Publié le mercredi 3 janvier 2018  |  La Tribune Afrique


© Autre presse par voanews
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Par Pierre Rousselin, éditorialiste de politique étrangère



L'année qui s'achève nous aura apporté bien des surprises. En France d'abord, où l'élection d'Emmanuel Macron était totalement imprévisible, il y a douze mois. Surgi de nulle part, le nouveau président a ensuite démenti les nombreux sceptiques et entamé son mandat avec davantage d'autorité et de résultats que ce à quoi on pouvait s'attendre.
Le vent de pessimisme qui régnait sur la France s'est dissipé et, même si les polémiques habituelles vont bon train, l'atmosphère s'est singulièrement améliorée. La volonté de changement est manifeste. Les réformes ont repris. La confiance revient. Le renouvellement de la classe politique ne peut que porter ses fruits. Il y a de fortes chances que l'année 2018 soit, elle aussi, porteuse de surprises. La France n'est plus, en tous cas, le pays malade de l'Europe, comme c'était le cas auparavant, bien au contraire. Surtout si l'on considère ses principaux partenaires.

La négociation du Brexit a montré jusqu'à quels extrêmes pouvait aller l'impréparation et l'amateurisme chez les responsables d'un pays à la tradition gouvernementale pourtant aussi bien établie que le Royaume Uni. Le spectacle d'improvisation donné par Teresa May et ses ministres aura été désolant. Il faut dire que, sous la houlette énergique de Michel Barnier, les vingt-sept autres pays européens ont, jusqu'ici, étonné par leur cohésion. La preuve est faite que cette Union européenne dont on dénonce si souvent les faiblesses reste une redoutable machine lorsqu'il s'agit de défendre ses intérêts bien compris.

L'aura d'Emmanuel Macron aura aussi profité de l'effacement imprévu de l'Allemagne. L'échec relatif d'Angela Merkel lors de l'élection au Bundestag, en septembre, a plongé dans une période d'incertitude le pays le plus puissant du continent. Ainsi, au gré des élections dans chacun des pays européens, le sort tourne plus vite qu'on ne peut l'anticiper. Mais que de temps perdu, si les crises nationales se suivent pour paralyser l'Europe ! Il faut espérer qu'un gouvernement pourra bientôt être formé à Berlin pour se saisir des propositions françaises en vue de renforcer l'Union européenne.

Aux Etats-Unis, les bonnes surprises n'ont pas été au rendez-vous. Donald Trump est entré en fonctions en janvier et s'est montré depuis lors aussi peu constructif qu'on pouvait le craindre. Le retrait américain de l'accord de Paris sur le climat, la sortie de l'Unesco, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël ne sont que les exemples les plus flagrants d'une politique qui contribue à sortir les Etats-Unis de la scène internationale.

Les conséquences de l'arrivée de Trump à la Maison blanche sont loin d'être encore connues dans leur ensemble alors que ses possibilités de réélection sont réelles, n'en déplaise à ceux qui espéraient un impeachment. La chancelière allemande a été la première à prendre la mesure du bouleversement à Washington en jugeant que l'époque où les alliés pouvaient compter sur les Etats-Unis était « révolue ». C'était le 29 mai, au lendemain du G7 de Hambourg, première visite en Europe du président Trump qui avait refusé de s'engager sur la défense colective de l'alliance atlantique. Aiguillonnée par la France, l'Europe aspire à une autonomie stratégique vis-à-vis des Etats-Unis mais est encore très loin de vouloir y consacrer les moyens nécessaires.

Au Moyen-Orient, la déroute du califat de l'Etat islamique en Syrie a été rendue possible par l'intervention des Russes et des Iraniens, ce qui marginalise encore davantage les Occidentaux. La montée en puissance en Arabie saoudite du prince héritier Mohamed ben Salman a étonné par sa rapidité et sa détermination, sans doute facilitée par les encouragements de l'administration américaine, guidée sur ce dossier par le gendre du président, Jared Kushner. Il faut espérer que la volonté affichée de moderniser le royaume et d'arrêter de favoriser le djihadisme se traduise dans les faits, même si les initiatives régionales prises par le jeune prince pour résister à l'emprise croissante de l'Iran peuvent laisser sceptique. Il y aura, en tous cas, dans la « révolution » en cours en Arabie saoudite et dans les risques d'affrontements avec Téhéran de quoi alimenter l'actualité en 2018.

En Afrique, l'année écoulée aura vu se confirmer, en règle générale, les signes d'un redressement de l'économie. Un pas en avant significatif sur la voie de l'intégration régionale a été réalisé avec le retour du Maroc au sein de l'Union africaine. Sur le plan de la gouvernance, le départ de Mugabe au Zimbabwe et la succession réussie de Dos Santos en Angola ont été de très bonnes nouvelles. Dans ce pays, la transition est bien partie comme en témoigne la mise à l'écart de la compagnie pétrolière nationale de l'épouse de l'ancien président qui s'était taillée l'une de plus grosses fortunes du continent.
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