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Construction : le portugais Mota Engil se convertit à la francophonie
Publié le jeudi 17 mai 2018  |  Jeune Afrique




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Très implanté dans les pays lusophones, le groupe de BTP réalise 50 % de son activité sur le continent. Désormais, il vise les marchés d’Afrique de l’Ouest, sans craindre la concurrence des acteurs français, chinois et turcs.

D’un pas déterminé, Manuel Antonio Mota s’avance en cette journée de la fin de mars dans les salons de l’hôtel Ivoire à Abidjan. Le directeur général de Mota Engil Africa, filiale du plus grand groupe de BTP portugais, qu’il pilote depuis Johannesburg, s’est donné jusqu’au mois de septembre pour boucler le financement de l’aéroport de Bugesera, au Rwanda.

Un énorme projet à plus de 800 millions de dollars (environ 655 millions d’euros) engagé à travers un partenariat public-privé avec le gouvernement de Kigali, dont il a obtenu en 2016 la construction et la concession pour vingt-cinq ans, une première pour son groupe. L’ouvrage, prévu pour être terminé au premier semestre de 2020, doit transformer Kigali en hub aérien rayonnant sur toute l’Afrique de l’Est, capable d’accueillir à terme 4,5 millions de passagers. Les discussions se poursuivent actuellement avec l’Africa Finance Corporation (AFC), la BAD et d’autres institutions financières, autant de partenaires habituels de ses projets…


S’il confie être en discussion avec d’autres gouvernements pour de nouveaux projets d’aéroports, Manuel Antonio Mota l’admet face à Jeune Afrique : « Ce n’est jamais facile de trouver des co-investisseurs en Afrique. » Mais si ce jour-là le dirigeant semble confiant et n’arrive pas à se départir de son large sourire, ce n’est pas seulement parce que son entreprise a réussi à se défaire en 2017 d’une grande part de son endettement. C’est aussi parce que l’année semble lui avoir été très profitable.

Ayant démarré ses activités en 1946 en Angola, le groupe, présent dans la logistique, les mines, le pétrole, le gaz, l’énergie et l’environnement, n’a cessé d’engranger des contrats pour bâtir des mégaprojets d’infrastructures, notamment dans les pays lusophones. En mars 2017, il remportait au Mozambique avec China Machinery Engineering Corporation (CMEC) le projet à 2,4 milliards de dollars comprenant la construction d’un port en eau profonde et d’une ligne de chemin de fer de 500 km, destinée à transporter aussi bien de l’acier et des produits agricoles que des passagers.

En septembre 2017, il signait, toujours au Mozambique, un contrat de 445 millions de dollars avec le géant brésilien Vale pour assurer des activités de forage, de chargement et de transport dans le projet minier de Moatize…

860 millions d’euros de chiffre d’affaires en Afrique en 2017

Dans le même temps, Mota Engil a su, grâce à ses connexions avec les autorités angolaises (Sonangol possède 49 % de la filiale locale), limiter les conséquences de la chute des cours du brut qui a pourtant fortement affecté l’économie angolaise et entraîné la dévaluation du kwanza. Seul revers de la situation, « comme ils sont payés en monnaie locale, il est très dur pour eux de rapatrier l’argent au Portugal », relève un expert. L’Afrique représente ainsi en 2017 un chiffre d’affaires de 860 millions d’euros (33 % du chiffre d’affaires du groupe, + 22 % par rapport à 2016). Et en 2018, 51 % de son carnet de commandes, qui s’élève à plus de 5 milliards de dollars, concernent le continent.

Pour faire face à cette demande, le groupe y consacre la plus grande partie de ses investissements. En 2018, cela représente 250 millions de dollars. « En allant en Afrique, ils sont parvenus à faire des marges de 25 %, alors que celles-ci stagnaient à 5 % au Portugal », rapporte un analyste lusitanien. Si son nom demeure peu connu en Afrique de l’Ouest, c’est pourtant dans la zone francophone qu’il a creusé un sillon prometteur l’année dernière.

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