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Togo/Sommet CEDEAO-CEEAC: 36 OSC appellent les chefs d’Etats à «montrer le bon exemple aux jeunes»

Publié le mardi 31 juillet 2018  |  Societe civile media
Ouverture
© aLome.com par Edem Gadegbeku & Jacques Tchakou
Ouverture du 1er Sommet conjoint CEDEAO-CEEAC sur les défis sécuritaires communs
Lomé, le 30 juillet 2018. Grande tente de l`«Address Hôtel 02 Février». L`ouverture du 1er Sommet conjoint CEDEAO-CEEAC sur les défis sécuritaires communs a été meublée par de vibrants plaidoyers des Présidents Faure Gnassingbé et Ali Bongo Ondimba appelant à la mutualisation des moyens financiers, techniques et des ressources humaines.
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(Société Civile Média) – Alors que se tient, ce lundi 30 juillet, le sommet conjoint Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC), 36 organisations de la société civile des deux espaces communautaires tiennent à attirer l’attention des chefs d’Etats et chefs de gouvernement réunis à Lomé sur les préoccupations profondes des populations, préoccupations qui les poussent à la radicalisation et à des actes de rébellion contre leurs autorités politiques.


D’après ces organisations, la vulnérabilité sociale, la perte de confiance en la capacité protectrice de l’Etat au niveau social et la négligence de la jeunesse par les politiques constituent des facteurs qui facilitent l’émergence des mouvements citoyens radicaux, des rébellions armées et des groupes terroristes dans les deux sous régions.

Estimant que les politiques d’employabilité et d’appui à l’entrepreneuriat des jeunes ne suffisent pas à elles seules pour combler les attentes, les 36 organisations d’Afrique centrale et d’Afrique de l’ouest pensent que les jeunes de la CEDEAO et de la CEEAC ont besoin de participer à la gouvernance de leur pays et de faire entendre leurs opinions sans être réprimés ou emprisonnés. Elles appellent donc les Etats des deux institutions à faire de la place aux jeunes dans la gouvernance de leur pays et à leur montrer le bon exemple afin de les inspirer à mieux travailler pour le développement de nos communautés économiques. Voici l’intégralité du communiqué publié à cet effet.



Déclaration de la société civile d’Afrique centrale et d’Afrique de l’ouest

SOMMET CEEAC – CEDEAO, 30 JUILLET 2018 A LOME (TOGO)

Les organisations de la société civile d’Afrique centrale et d’Afrique de l’ouest accueillent avec joie le sommet entre la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC) et la Communauté Economique Des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui se tiendra à Lomé le 30 juillet 2018. En amont de ce sommet, elles tiennent à exprimer leur satisfaction de voir l’importance que les deux communautés économiques accordent à la question de la sécurité des populations et à la prévention de la radicalisation chez les jeunes.


Elles saluent également les recommandations de la réunion des experts tenue à Lomé le 11 juillet 2018 qui ont souligné l’importance de l’inclusion de la société civile et des communautés locales pour la résolution des problèmes sécuritaires dans les deux sous régions. Fort de cette recommandation, les organisations de la société civile tiennent à attirer l’attention des 26 Chefs d’Etat et Chefs de Gouvernement qui se réuniront à Lomé sur les préoccupations profondes des populations qui les poussent à la radicalisation et à des actes de rébellion contre leurs autorités politiques.

La vulnérabilité sociale est aux yeux de la société civile la première et la plus importante des préoccupations qui facilitent l’émergence des mouvements citoyens radicaux, des rébellions armées et des groupes terroristes dans les deux sous régions. Tant que les populations d’Afrique centrale et d’Afrique de l’ouest auront de la peine à pouvoir trouver de quoi se nourrir, un toit pour dormir et un emploi décent qui leur permettent de vivre dignement, on ne pourra espérer une fin aux problèmes de violence que connaissent nos régions. L’augmentation de la pauvreté, en particulier dans les milieux ruraux et les zones d’exploitation minière, fait souvent le nid des mouvements de contestation du pouvoir, des groupes armés et des sectes religieuses extrémistes. Il est donc plus facile aux groupes armées et aux bandes criminelles, grâce à la manne financière issue de trafic de tout genre, d’attirer des populations affamées par les politiques économiques de leurs dirigeants et de corrompre les représentants de l’Etat dans les zones où ils sont implantés.

En outre c’est la perte de confiance en la capacité protectrice de l’Etat au niveau social qui pousse de nombreux citoyens de nos communautés vers des pratiques cultuelles les plus extrêmes aussi bien dans l’animisme, le christianisme que l’islam.

A défaut d’être écoutées par leurs Etats par rapport à leurs difficultés quotidiennes, les populations préfèrent s’en remettre aux divinités et sont ainsi instrumentalisées par des gourous, des cheikhs et des faux prophètes. L’urgence pour la société civile reste donc le retour à des mécanismes de protection sociale pour tous et la mise en place d’une véritable gouvernance participative qui permette à ce que les populations soient entendues par leurs autorités.

L’autre préoccupation majeure pour la société civile reste la prise en compte de la jeunesse par les politiques dans la lutte contre le radicalisme. Cette jeunesse, qui forme plus de 60% de nos populations, est plus éduquée que jamais et meurt d’envie de pouvoir servir nos pays pour faire du continent africain un oasis de fierté. Mais toute cette ressource que représente la jeunesse est chaque jour perdue faute de politiques adéquates à son endroit. Les politiques d‘employabilité et d’appui à l’entrepreneuriat des jeunes ne suffisent pas à elles seules pour combler les attentes. Les jeunes de nos communautés ont besoin de participer à la gouvernance de leur pays et de faire entendre leurs opinions sans être réprimés ou emprisonnés.

Les jeunes veulent avoir des hommes d’Etat qui les inspirent par leur sens de la justice, leur patriotisme et non des gouvernements à la solde du système politico-financier international. Les jeunes sont fatigués de mourir pour des élections transparentes et l’avènement d’alternance politique car leurs ainées qui sont censés leur montrer la voie à suivre par leur sagesse, se refusent à leur laisser la place. Las de risquer leur vie chaque jour dans des manifestations contre la corruption des acteurs étatiques, le non respect des droits humains et la puissance des entreprises transnationales sur les ressources de leur pays, les jeunes n’ont plus que deux possibilités: Prendre les armes ou allez mourir au loin en tentant de rejoindre d’autres continents. La société civile appelle les Etats de la CEDEAO et de la CEEAC à faire de la place aux jeunes dans la gouvernance de leur pays et leur montrer le bon exemple afin de les inspirer à mieux travailler pour le développement de nos communautés économiques.

Pour la société civile, la lutte contre le terrorisme dans nos sous régions ne doit pas donner une excuse aux Etats pour renforcer la course aux armements. La part des dépenses militaires dans nos budgets nationaux et l’endettement que constitue l’achat d’armes aux entreprises occidentales se font au détriment des dépenses nécessaires pour maintenir la protection et la cohésion sociale. En outre, la société civile attire l’attention sur les violences orchestrées contre les populations par les forces de défense et de sécurité lourdement armées mais peu formées au respect des droits. Les bavures et la répression disproportionnée des militaires dans les zones où opèrent les groupes rebelles ou terroristes alimentent encore plus le problème sécuritaire et offrent l’occasion aux groupes armés de proposer leur protection aux communautés locales.


La société civile réitère son opposition au tout sécuritaire et à la répression comme solution face aux rébellions armées et aux groupes terroristes. Elle invite les comités en charge des questions de paix et de sécurité dans les deux communautés à renforcer leurs mécanismes d’alerte, de prévention et de médiation pacifique des conflits en privilégiant notamment la prise en compte des signaux sociaux qui les annoncent.

Enfin la société civile considère que la paix dans nos sous régions ne peut se construire que par une meilleure connaissance mutuelle et plus d’échanges entre les peuples, les ethnies et les différentes religions coexistant en Afrique de l’ouest et du centre. Pour ce faire, il est important que les citoyens d’Afrique de l’ouest et du centre puissent voyager et s’installer librement d’une région à l’autre pour faciliter une réelle intégration socio-économique.


En ce sens, la société civile dénonce les politiques migratoires de certains pays de la CEEAC et de la CEDEAO qui empêchent les citoyens des différentes communautés d’avoir facilement des visas pour voyager. La société civile en appelle à la fin de ces politiques de visa dans l’esprit du Protocole sur la libre circulation de l’Union Africaine et à la fin des politiques xénophobes à l’intérieur des pays qui favorisent l’immigration des Européens et des Chinois au détriment de l’immigration africaine.

La société civile, tout en rappelant sa disponibilité à contribuer à la coexistence pacifique entre les peuples, les ethnies, les races, les communautés linguistiques et religieuses vivant en Afrique de l’ouest et du centre, souhaite l’instauration d’un cadre de dialogue permanent interrégional qui leur permettent de pouvoir faire entendre leur voix et exprimer leurs propositions à l’endroit des dirigeants des pays de la CEEAC et de la CEDEAO.

Fait à Lomé le 20 Juillet 2018

Signataires : L’Observatoire Ouest Africain des Migrations, Association Pour les Droits de L’Homme et L’Univers Carcéral (Congo- Brazzaville), Youth For Change Guinea (Guinée), Welcome BACK Cameroon (Cameroun), Union Nationale des Syndicats de Travailleurs du Bénin (Bénin), ONG SIFOS (Gabon), Centre Nigérien des Droits de l’Homme pour la paix et le développement (Niger), ONG KEOOGO (Burkina Faso), Visions Solidaires (Togo), Coalition Femme Paix et Sécurité (Burkina Faso), Panafrican Strategic and Policy Research Group (Nigeria), Conscience International Sierra Leone (Sierra Leone), Association des Volontaires pour le Secours et l’Assistance Humanitaire (Bénin), Association pour la Promotion de l’Environnement et l’Action Humanitaire (Mauritanie), Union Africaine des ONG de développement (Burkina Faso), Alternative Espace Citoyen (Niger), ONG Destin en main (Guinée), Groupe de Réflexion et d’Action pour la Solution au Phénomène de l’Immigration(Niger), Réseau Mondial Guinée Nouvelle (Guinée), Civil Society Network on Migration and Development (Nigeria), Centre for Youth Integrated Development (Nigeria), Mouvement des Jeunes Citoyens pour la Paix et la Stabilité Sociale (Niger), ONG Solidarité, Paix et Développement (Niger), Association Pour une Alternative au Service de l’Humanité (Congo Brazzaville), Agir pour Etre (Niger), Union des Jeunes pour la Paix et la Nation Africaine (Niger), Union Nationale des Syndicats Autonomes du Sénégal (Sénégal), Confédération Nationale des Organisations Paysannes de Guinée (Guinée), Rassemblement des Jeunes pour le Renouveau (Niger), FOR EVER (Cameroun), Association Nigérienne pour la Promotion de l’Education (Niger), Web of Hearts Foundation (Nigeria), Nosa Agbonvabare Michael Erhunmwunsee Foundation (Nigeria), Youth Child Support Initiative (Nigeria), Organization for Social Justice and Community Development (Nigeria), Child Advocacy and Empowerment Initiative (Nigeria), Mouvement Panafricain pour la Consolidation de la Paix (Niger)

Contact Presse : Samir ABI, Secrétaire Permanent, Observatoire Ouest Africain des Migrations, email : samir.abi@obsmigration.org
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