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Un rapport de l’OMS montre que la mauvaise qualité des prestations menace les acquis dans le domaine de la santé en Afrique

Publié le jeudi 30 aout 2018  |  OMS AFRIQUE
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© aLome.com par Edem Gadegbeku et Jacques Tchakou
Lancement de la contractualisation au CHU-SO par Faure Gnassingbé
Lomé, le 24 avril 2018. CHU-SO. Commémoration des 58 ans d`indépendance du Togo. Lancement de la contractualisation par Faure Gnassingbé. Ce projet, selon le ministre Moustafa Mijiyawa, permettra à terme au CHU-SO de "retrouver sa splendeur d`antan, de répondre aux attentes des Togolais et de remplir sa mission, en harmonie avec celle de tout le ministère, consistant à ajouter des années à la vie, et de la vie aux années".
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DAKAR/BRAZZAVILLE, 29 août 2018- Selon un nouveau rapport du Bureau régional de l’Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), on assiste à une embellie notable de l’état de santé au niveau de la Région, cette tendance ne pouvant être maintenue et consolidée que si les pays améliorent sensiblement la qualité des prestations de services de santé essentiels au profit des personnes qui en ont le plus besoin.



Le Rapport sur l’état de la santé en Afrique donne une vue d’ensemble de l’état de santé de la Région africaine et la situation des services apparentés dont les populations ont besoin. Il évoque en outre le rôle joué par les performances des systèmes de santé et analyse leur impact sur la santé des populations au niveau de la Région.



Ce rapport a été lancé à Dakar par le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS, à l’occasion d’un événement parallèle organisé en marge de la soixante-huitième session du Comité régional de l’Afrique.



Aperçu de l’état de santé de la Région africaine


L’état de santé des populations de la Région s’est considérablement amélioré, ce qui se traduit par un relèvement de l’espérance de vie en bonne santé - temps passé en pleine santé - de 50,9 à 53,8 ans entre 2012 et 2015, la progression la plus notable enregistrée dans toutes les régions du monde.

Et cette tendance se poursuit, les nouvelles données sur l’espérance de vie en bonne santé montrant une amélioration continue.

«Je suis fière que les Africains vivent maintenant plus longtemps et en meilleure santé », a déclaré la Directrice régionale. « Près de trois ans de santé de plus, c’est un cadeau qui fait notre fierté à tous. Naturellement, nous espérons pouvoir préserver ces acquis et voir la Région se hisser au niveau des normes mondiales ».



Ce qui rend les Africains malades est en train de changer. Les infections des voies respiratoires inférieures, le VIH et les maladies diarrhéiques demeurent les principales causes de mortalité, et les pays ont systématiquement mis l’accent sur la prévention et le traitement de ce trio, souvent grâce à des programmes spécialisés. Il en a résulté une baisse importante des décès imputables à ces pathologies. La charge de morbidité provoquée par les dix maladies les plus mortelles a diminué de 50 % depuis 2000 ; et la mortalité liée à ces pathologies a reculé, passant de 87,7 à 51,1 décès pour 100 000 personnes entre 2000 et 2015.



Cependant, pour que la couverture sanitaire universelle devienne réalité, il est nécessaire d’améliorer la situation en ce qui concerne toutes les pathologies - et pas seulement les maladies prioritaires - qui ont une incidence sur la santé des populations. Les affections chroniques telles que les maladies cardiaques et le cancer font maintenant plus de victimes, une personne sur cinq âgée de 30 à 70 ans étant plus susceptible de mourir d’une maladie non transmissible.



En particulier, les pays ne parviennent pas à fournir des services essentiels à deux groupes d’âge importants, à savoir les adolescents et les personnes âgées. Avec le vieillissement de la population en Afrique, les personnes âgées ont besoin de soins de santé qui leur soient destinés. Cependant, près d’un tiers des personnes interrogées dans le cadre de l’élaboration du rapport susmentionné ont souligné le fait que les services destinés aux personnes âgées étaient inexistants dans leurs pays.

«Les services de santé doivent suivre l’évolution des tendances en matière de santé dans la Région », a déclaré le Dr Moeti. « Par le passé, nous nous sommes concentrés sur certaines maladies dans la mesure où celles-ci étaient à l’origine d’un nombre anormalement élevé de décès. Nous avons réussi à mettre un terme à ces menaces, mais la santé des populations est maintenant remise en cause par un large éventail d’affections. Aussi devons-nous mettre au point une approche nouvelle et plus globale de la santé ».


Mauvais fonctionnement des systèmes de santé


Le rapport constate que l’état de santé est davantage lié à la performance des systèmes de santé - mieux ils fonctionnent, plus l’état de santé est durable. Cependant, les systèmes de santé ou les personnes, les institutions et les ressources nécessaires pour fournir des services liés à la santé ne sont utilisés qu’à 49 % de la capacité potentielle de la Région.

La performance de la Région - une mesure intégrée de la capacité des pays à améliorer l’accès aux services, la qualité des soins, la demande communautaire de services et la résilience aux flambées - est faible dans toutes ces dimensions, mais surtout dans les domaines de la garantie de l’accès aux services et de la résilience aux flambées. Les systèmes de santé ne fournissent toujours pas aux populations la gamme des services dont elles ont besoin, et ils ne sont pas en mesure de résister aux chocs, lorsqu’ils font face à des flambées.

Des investissements plus importants dans le personnel de santé et la proximité des établissements de santé avec les patients sont essentiels pour obtenir un bon niveau d’accès. Malheureusement, l’on enregistre en moyenne seulement 2 médecins et 15,5 lits d’hôpital pour 10 000 personnes.

Un examen du lien entre les dépenses de santé et le bien-être montre également une faible association entre le financement et une vie en bonne santé. Treize pays ont dépensé moins de US $300, mais avaient une espérance de vie en bonne santé comparable à celle de certains pays qui dépensent plus de US $500. En outre, un certain nombre de pays dépensent plus de US $500, mais leur niveau de santé est similaire à celui de pays dépensant un montant inférieur. Cette situation met en évidence la nécessité de se concentrer sur la façon dont les pays investissent leurs fonds destinés à la santé.

À l’heure actuelle, en moyenne 39 % des budgets consacrés à la santé sont utilisés pour l’achat de produits médicaux, alors que les dépenses consacrées au personnel de santé (14 %) et aux infrastructures (7 %) sont faibles. Une analyse des habitudes de dépenses suggère que les pays ayant des systèmes de santé performants consacrent jusqu’à 40 % de leurs investissements au personnel et 33 % aux infrastructures.


Objectifs de développement dans le domaine de la santé

Les pays se sont engagés à assurer une vie en bonne santé et à promouvoir le bien-être pour tous à tout âge, ainsi qu’à atteindre une série d’objectifs sanitaires à l’horizon 2030. Selon le rapport, les pays mettent davantage l’accent sur la performance de leurs systèmes, afin d’obtenir des améliorations transversales et durables dans la couverture sanitaire universelle et d’autres objectifs de développement durable et cibles influant sur la santé.

Le rapport mentionne également des pays dont les pratiques optimales peuvent être envisagées dans différentes domaines de la santé, y compris l’Algérie (bonne couverture des services de santé disponibles), le Cabo Verde (bonne demande communautaire de services essentiels et résilience des systèmes de santé), le Kenya (gamme appréciable des services essentiels disponibles), Maurice (bon accès aux services), la Namibie (bonne protection contre les risques financiers), les Seychelles (bonne couverture des services liés à la santé) et l’Afrique du Sud (bonne sécurité sanitaire).

Le rapport formule des recommandations précises pour chacun des 47 pays de la Région. Il cite également les pays dont les pratiques optimales peuvent servir d’exemple dans les différentes dimensions de la couverture sanitaire universelle et d’autres cibles sanitaires des objectifs de développement durable.

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