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Point de vue: «Retrouver le chemin de la coopération internationale» (Louise Mushikiwabo)

Publié le samedi 3 octobre 2020  |  Ouest France
Faure
© Autre presse par Presidence du Togo
Faure Essozimna Gnassingbé a reçu, ce 17 décembre 2019, une délégation de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) conduite par la SG, Louise Mushikiwabo
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Élue en 2018 à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo signe une tribune à l’occasion de la 3è édition du Forum mondial Normandie dont elle est l’une des invités. Elle revient sur les questions de paix et de sécurité qui font partie, avec la promotion de la langue française dans le monde et certaines questions de développement, du mandat de son organisation. La Francophonie fête en 2020 son 50e anniversaire.



Les peuples ont tendance à oublier la fragilité de la paix dont ils bénéficient. Alors que nous célébrons les 75 ans de l’ONU, faisons un diagnostic lucide de l’état du monde. Certes, la violence guerrière a continué de reculer au cours des dernières décennies. Le spectre d’un conflit nucléaire s’est éloigné. Mais la situation internationale, depuis quelques années, se dégrade. Les menaces sur la paix et la sécurité doivent être prises au sérieux.

Multiplication des conflits. Montée des tensions pouvant dégénérer en affrontements. Permanence de la menace terroriste. Risque, sur fond de guerre commerciale, d’une nouvelle rivalité entre grandes puissances. Exacerbation du sentiment d’insécurité sous l’effet du changement climatique, de la pandémie, de la crise économique.

Un nouveau système international qui n’a pas trouvé ses règles

La réalité est que nous entrons dans un nouveau système international, qui n’a pas trouvé ses règles, ni son équilibre. L’ordre mondial dominé par les États-Unis s’est effondré. Nous allons vers un monde multipolaire.
Dans cette période, les principes qui régissaient les relations entre les nations, ceux de l’ordre libéral international -démocratie, ouverture au commerce, multilatéralisme, respect du droit international-, sont battus en brèche. Contestés par les nouvelles grandes puissances en train d’émerger. Minés de l’intérieur par ceux-là mêmes qui les avaient inventés. Le consensus sur les valeurs, la croyance dans la règle commune, déjà fragiles, volent en éclats.

C’est dans le vide créé par cet ordre international disloqué que prospère la violence. Du côté des forts, c’est le retour de la politique de puissance. Du côté des faibles, les États faillis, proies faciles des réseaux mafieux ou terroristes. Les crises se succèdent à un rythme accéléré, dans un climat de confusion et de chaos, comme si nous avions perdu le contrôle des événements.

Retrouver le chemin de la coopération internationale

Dans ce contexte, nous connaissons la solution. Nous avons besoin, pour préserver la paix, de retrouver le chemin de la coopération internationale. J’ose dire que le plus grand des risques est aujourd’hui celui de la non-coopération. L’urgence : bâtir un multilatéralisme rénové, renforcé, efficace. L’organisation que je dirige a des atouts pour contribuer à ce renouveau. Elle y prendra toute sa part.

J’appelle à faire du Sahel une priorité, un test de ce sursaut collectif en faveur de la paix. Les États du Sahel traversent une crise profonde et cumulent toutes les vulnérabilités : terrorisme, faiblesse de la gouvernance, revendications identitaires, défis climatiques. Si cette situation, paroxystique au Mali, n’est pas prise en charge collectivement, elle pourrait vite se propager à d’autres pays de la région et avoir des effets au-delà de l’Afrique.
C’est en s’unissant que les États et les partenaires qui les soutiennent pourront relever ces défis. Aussi les efforts des États de la région réunis au sein du G5-Sahel doivent-ils être pleinement soutenus, aussi bien en matière de sécurité, avec l’appui de forces extérieures, que de développement.

Ce même sursaut est nécessaire pour répondre à d’autres crises structurelles comme en Haïti et au Liban, autres pays de la Francophonie où notre Organisation doit s’investir pour contribuer, aux côtés de ses partenaires, au relèvement tant attendu par les populations.

Ceux qui aiment la paix, disait Martin Luther King, doivent apprendre à s’organiser aussi efficacement que ceux qui aiment la guerre. C’est ce message de volonté que je porterai au Forum mondial Normandie pour la paix.



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