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Réconciliation Armée-Nation: quelle thérapie de choc pour un mal si tentaculaire?

Publié le lundi 8 fevrier 2021  |  Fraternité
Défilé
© aLome.com par Edem Gadegbeku & Jacques Tchakou
Défilé militaire et civil pour commémorer les 59 ans d`indépendance du Togo, en présence du Président Faure Gnassingbé et d`officiels
Lomé, le 27 avril 2019. Cité OUA. Défilé militaire et civil pour commémorer les 59 ans d`indépendance du Togo, en présence du Président Faure Gnassingbé et d`une multitude d`invités officiels.
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Les différends entre Forces de l’ordre et de Sécurité et populations civiles sont légions au Togo. Ce, malgré les nombreuses initiatives prises à divers niveaux pour faciliter la réconciliation Armée-Nation. Les dernières évolutions de l’actualité dans le pays auront confirmé le caractère teigneux du mal. Et cela amène à se poser des questions sur l’approche idoine qu’il convient adopter face au phénomène. Un mal déjà profond… Réconciliation Armée-Nation. Cohabitation pacifique entre militaires et civiles.


Réconciliation nationale. Les termes foisonnent. Mais le mal persiste. Il n’y a pas de jour où l’on n’évoque pas les bisbilles et quiproquos qui mettent en mal la relation entre les corps habillés et les populations civiles. De la Cvjr au Hcrrun, quelle initiative n’a t-on pas instituée pour désamorcer cette bombe sociale? Mais que nenni ! Du dédain au mépris en passant par l’orgueil et la surestimation, toutes ces initiatives dont la récente consultation médicale, initiée par la ministre des Armées, et menée dans les régions des Savanes, Centrale et Plateaux, pour mieux rapprocher les populations civiles des corps habillés, sont restées vouées à l’échec.

Au décompte final, des bavures et autres traitements inhumains et dégradants, même au prix de la vie humaine, sont fréquemment enregistrés. Des inconduites même officiellement reconnues par des institutions de la République, dont la Commission nationale des droits de l’homme (Cndh). …Et tentaculaire Des corps habillés envers les civiles au départ, encore triste est de constater, malheureusement que le mal s’étend aujourd’hui aux secteurs corporatistes. Une triste réalité qui se justifie, de plus belle, par l’humiliation infligée, il y a quelques jours, à un infirmier en poste au Pavillon militaire du CHU Sylvanus Olympio par un médecin militaire. Deux acteurs qui appartiennent à une même famille professionnelle. En effet, grande était l’indignation au sein de l’Association nationale des infirmiers et infirmières du Togo (Aniit).

Pour cause, très remontée contre l’humiliation subit, le lundi 25 janvier 2021, par un de ses membres par un médecin militaire. Le crime de lèse-majesté commis par l’infirmier, selon les informations, était d’avoir stationné sa moto à un emplacement dont le médecin militaire a l’habitude de garer son véhicule. Ce dernier, après s’être mis à proférer des menaces et à l’agresser verbalement, l’as mis à genoux à l’entrée du pavillon militaire pendant plus de quinze minutes, à crever les pneus de la moto avant de l’enchaîner (la moto). L’infirmier, n’ayant pas supporté cette maltraitance d’un autre siècle, s’est retrouvé sous surveillance du psychiatre.

Et l’association des infirmiers du Togo de condamner, avec la dernière rigueur, ses agissements indignes des personnes prétendues instruites. Quelle thérapie de choc? C’est donc clair. Le mal est si profond et tentaculaire au point de se demander, aujourd’hui, que faire pour mettre fin à ces dérives enivrantes qui mettent en mal la réconciliation nationale. De toute analyse faite, il en ressort que nombreuses sont finalement les lacunes qui rendent le creuset de l’inimité plus profond entre FDS et les civiles. Une attitude déroutante qui semble finalement une véritable hydre à deux têtes qui appelle à des actions fortes de la part de l’État pour faire pour l’anéantir. Et cela commence, avant tout, par une lutte impitoyable contre l’impunité.

Car, autant les grands et tristement célèbres délinquants financiers et autres meurtriers froids pavanent dans les rues pendant que les voleurs de poules se retrouvent derrière les barreaux, autant le corps habillé prendra le vilain plaisir de regarder, tout haut, le civile dont il décide de droit à la vie ou à la mort. Cela repose donc la question de l’indépendance de la justice. En effet, un pays qui se veut démocratique doit œuvrer à rendre autonomes et fortes ses institutions plutôt que des hommes.

Et le Togo gagnerait mieux à miser sur cette carte plutôt que d’engloutir des fortunes dans des discours et initiatives sans aucune sincérité. Et c’est encore le lieu de faire comprendre au gouvernement, ses recules démocratiques qui se retournent aujourd’hui contre lui. Vouloir à tout prix taire une opposition gênante et toutes les autres voix discordantes au point de restreindre, sans foi ni loi, les champs de libertés les plus primaires se révèle aujourd’hui une dérive subsidiaire pour le régime cynique de Lomé que rien ne semble arrêter, lorsqu’il s’agit de se maintenir aussi longtemps que possible, au pouvoir. FRATERNITE
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