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Faure a « ra-valé » sa promesse d’œuvrer à la promotion de la presse privée
Publié le vendredi 21 mars 2014  |  Autre presse


© AFP
Le président togolais Faure Gnassingbé en visite officielle en France
Le président togolais Faure Gnassingbé avec le président François Hollande


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Lors de sa campagne en vue de la présidentielle de 2005, Faure avait promis œuvrer à la promotion et à l’émancipation de la presse privée. Mais quasiment dix ans après cette petite litanie de promesses, où en sommes-nous ?


En 2011, trois organes de la place notamment le quotidien privé Liberté, les hebdomadaires Indépendant Express et La Lanterne avaient fait l’objet de plaintes pour diffamation déposées par le président. Plaintes retirées après. Cette parenthèse, le numéro un togolais l’a mal vécue au point de tourner dos complètement à la presse privée au profit de courtisans laudateurs qu’il arrose de billets et embarque avec lui dans ses voyages à l’extérieur. Le prince président n’a pas compris pour quelles raisons, la presse s’acharnait gratuitement sur lui avec de « fausses informations ». Depuis lors, Faure ne promeut qu’une catégorie de presses au lieu de soutenir l’ensemble avec l’argent du contribuable comme il l’avait promis dans son projet de société compilé dans un document intitulé les 20 plus. La subvention accordée par l’Etat à cette presse est demeurée jusque-là faible, à 75 millions de F CFA l’an. Après dispatching de cette maigre manne, les organes se retrouvent avec des miettes. Alors qu’en 2010, à l’approche de la présidentielle, Faure avait arrosé celle-ci de 300 mignons millions. A l’époque, beaucoup en avaient profité pour souffler un peu et régler leurs notes salées à l’imprimerie.



Contrairement à l’époque de son père où une certaine presse au moins recevait régulièrement des subsides pour paraître, le règne de Faure est marqué par un mépris à l’égard de la presse privée. Il ignore celle-ci et fait tout pour qu’elle végète dans le dénuement sauf ceux qu’il a décidé d’enrichir, suivez très bien nos regards.


Et pourtant, la presse privée de son pays malgré ses tares devrait être son chouchou, surtout celle critique à l’égard de son pouvoir comme entre autres, le Lynx, Liberté, Alternative, Indépendant Express, Correcteur, Actu Express. Beaucoup d’informations véhiculées par cette presse ont déjà permis, permettent et permettront de mieux gouverner. Quels que soient ses petits déchets, la presse privée reste une lanterne pour les gouvernants car, ce n’est pas tout que les services de renseignements collectent sur leur passage. Il reste toujours quelque chose que les journalistes gardent jalousement en attendant le moment opportun pour le rendre public ou non.


En effet, Faure n’a pas à rougir du comportement de la presse togolaise car rien n’est fait pour permettre à celle-ci d’accomplir convenablement sa mission d’informer, d’éduquer et de distraire l’opinion. Les confrères du côté de Lomé se débrouillent comme ils peuvent pour informer les Togolais parfois au péril de leur vie. Avec peu de moyens, ils abattent un travail formidable même si d’aucuns, voleurs, pilleurs, blanchisseurs d’argent sale, trafiquants, tueurs veulent leurs têtes. Dans un pays à opacité légendaire comme le Togo où le président communique très peu et ses collaborateurs ont tendance à tirer trop le drap de leurs côtés, à tronquer la vérité au nom de leurs intérêts, la presse devrait être le recours. Mais tel n’est apparemment pas le cas. Le prince et sa cour ont choisi d’asphyxier la presse privée critique au profit de courtisans laudateurs sous le prétexte fallacieux que la première ne les ménage guère. Quand on est au pouvoir et qu’on a abuse de celui-ci, on n’a pas à s’attendre à ce que la presse nous jette les fleurs.


Dans un pays où les portes du palais, de la primature, des ministères, de l’administration publique et privée sont souvent fermées aux hommes de médias, que fait le journaliste ? Certes, cette situation n’est pas une raison suffisante pour la presse de verser dans le sensationnel, la diffusion de fausses informations et rumeurs, mais dans ces conditions, les journalistes n’ont d’autres choix que faire le service minimum. Au demeurant, un président moderne et tourné vers le futur a l’obligation d’encourager plutôt la presse à être plus responsable au lieu d’enrichir des individus qui ne font que le tromper à longueur de temps. Au lieu d’entretenir des girouettes qui changent de direction en fonction de leurs intérêts, Faure ferait mieux de promouvoir la presse pour l’aider à conduire le Togo à bon port en attendant qu’un autre prenne sa place à la présidence. Faure sait-il que sa mission ne peut être accomplie sans la presse? Pour le reste, il ne devrait se fier trop aux notes et mémos des services secrets et de renseignements qui ne savent pas toujours dire la vérité, rien que la vérité.


Aucune œuvre humaine n’est parfaite. La presse privée togolaise a ses tares comme d’ailleurs tous ses homologues du monde entier mais elle joue un rôle essentiel pour la construction de la démocratie. Le Togo étant en apprentissage démocratique, la mission de cette presse s’avère indispensable. De toutes les façons, le LYNX préfère de loin un pays doté de presse que le contraire. Et Faure ?

Désiré Bigui Lynx.info

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