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Médiation AES-CEDEAO : mission délicate pour Faure Gnassingbé et Bassirou Diomaye Faye

Publié le dimanche 21 juillet 2024  |  Togoweb.net
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© Autre presse par DR
Le président Bassirou Diomaye Faye au 65e sommet ordinaire de la CEDEAO
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Faire revenir le Mali, le Burkina Faso et le Niger dans le giron de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Voilà la si délicate mission confiée à Bassirou Diomaye Faye. Le Président sénégalais sera accompagné dans cette tâche (qui tient plus d’un gros défi que d’une pure formalité) par un certain Faure Gnassingbé. Le choix du premier, démocratiquement élu, ne souffre d’aucune ambiguïté. Sa légitimité et sa capacité d’influence font l’unanimité. Le choix du second, cependant, fort de son statut d’éternel médiateur, tout Faure Gnassingbé qu’il est, peine pourtant à en convaincre plus d’un, à défaut de surprendre. On en vient même à craindre que sa désignation ne fasse capoter cette mission qui est loin d’être une partie de plaisir.

Les États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) étaient en session ordinaire le 07 juillet 2024 à Abuja (Nigéria). Cette session s’est tenue au lendemain de la Confédération Alliance des États du Sahel qui vise à renforcer encore davantage les liens entre les trois pays du Sahel central.

Confédération qui a naturellement réuni les Présidents de Transition du Mali, le Colonel Assimi Goïta, du Burkina Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, et du CNSP au pouvoir au Niger, le Général Abdourahamane Tiani. Mais Confédération qui n’est du tout pas du goût de la Cedeao. L’instance sous-régionale a, à l’issue de sa session confié les clés du camion à Bassirou Diomaye Faye en qualité de facilitateur de la Cédéao, pour mener des discussions avec l’Alliance des États du Sahel (AES), l’objectif étant de faire revenir les trois pays « à la maison».

Le Président togolais a souvent été choisi par ses pairs pour arbitrer les différends entre États de la sous-région. En décembre 2023, c’est lui qui a été le médiateur entre la CEDEAO et les autorités de transition nigérienne. Mais les échanges censées aboutir à une feuille de route pour une transition de courte durée, des organes de transition, « et la création d’un mécanisme de suivi et évaluation de la transition, en vue du rétablissement rapide de l’ordre constitutionnel », n’ont fait que durcir les autorités nigériennes dans leur position, elles qui, avec celles du Mali et du Burkina, ont qualifié d’«irrévocable » leur rupture avec l’organisation ouest-africaine. L’idée d’une transition «convenue, de courte durée, n’excédant pas trois ans» semble jetée aux oubliettes. Il n’y a finalement pas eu d’« assouplissement progressif des sanctions imposées au Niger ». Et la fermeture de ses frontières aériennes et terrestres, l’embargo sur les échanges financiers et commerciaux(à l’exception des produits de première nécessité), les sanctions économiques ayant coupé le Niger de bon nombre de ses partenaires commerciaux traditionnels, la suspension des transactions financières et commerciales avec le Niger, le gel des avoirs des militaires responsables du coup d’État, de l’interdiction de voyage des officiers militaires impliqués dans le coup d’État, n’ont eu pour effet que de rendre encore plus radicaux les trois militaires.

C’est dire l’insuccès qui a couronné la médiation d’un Faure Gnassingbé souvent sollicité, mais souvent incapable de trouver des solutions. Comment se faire obéir quand on prend soi-même des libertés avec des valeurs républicaines ? Quelle valeur incarne-t-il au point qu’il soit autant plébiscité ? On ne devrait pas tant s’étonner de ces contre-productives missions de médiateur confiées à Faure par une CEDEAO elle-même discréditée depuis belle lurette, qui n’a jamais levé le petit doigt pour condamner les dérives des présidents qui la composent, dont plusieurs États membres ont contribué à la décrédibilisation de l’action, une Cédéao qui n’a rien appris de ses erreurs.

Confier la mission hautement délicate qu’est le retour des trois pays frères à la CEDEAO à un dirigeant qui devrait être sanctionné pour avoir forcé la main à son peuple après avoir fait doter à son pays une nouvelle constitution supprimant l’élection présidentielle au suffrage universel, actant par la même occasion la violation du protocole de la CEDEAO, on croit rêver. C’est l’énième preuve que la CEDEAO n’est pas une institution qui se respecte.

Sodoli KOUDOAGBO
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