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Les populations manquent de tout et sont déçues des promesses non tenues
Publié le mardi 1 avril 2014  |  liberte-togo.com




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Préfecture d’Agou

Malgré son sol riche, son climat favorable à l’agriculture, son taux de scolarisation très élevé (80%), la préfecture d’Agou, située à 90 km au nord-ouest de Lomé sur la route de Kpalimé, connaît un véritable problème de développement. D’après notre envoyé spécial qui a séjourné quelques jours dans la préfecture d’Agou, la situation n’est pas rose.
L’agriculture en net recul
Par le passé, l’agriculture a fait de la préfecture d’Agou, une préfecture viable. Elle a permis à sa population d’avoir un niveau de vie élevé par rapport à d’autres préfectures du pays. Le café, le cacao, les fruits et les produits vivriers faisaient la fierté de cette préfecture. Mais aujourd’hui, non seulement l’agriculture ne se développe plus, mais recule. Le café et le cacao ont presque disparu. Le centre de recherche et d’élevage d’Avétonou créé par l’Allemagne pour l’Afrique de l’Ouest est à l’abandon. Il n’y a plus d’électricité depuis plusieurs années et le bétail de plus de mille têtes de bœufs a disparu. « Ce centre d’élevage faisait vivre une bonne partie de la population d’Agou et offrait même aux élèves des jobs de vacances », confie un habitant d’Avétonou qui n’a pas caché son indignation face à la promesse non tenue par le chef de l’Etat. « Pendant la campagne pour la présidentielle de 2010, Faure Gnassingbé avait promis la réhabilitation de ce centre. Mais jusqu’à ce jour, rien n’est fait. Il s’est tout simplement moqué de nous », s’emporte-t-il.
Dans la préfecture d’Agou, il n’y a aucune structure de location d’engin agricole alors que pendant les dix ans de pouvoir de Faure Gnassingbé, les prétendus efforts du gouvernement ont été souvent chantés et les engins agricoles montrés à la TVT. « La seule industrie agricole que le président Faure Gnassingbé a promise à la population d’Agou en 2010 quand il était en campagne, est condamnée à la casse puisque certains cadres du canton de Gadja ont décidé de faire abattre les palmiers qui fournissent la matière première à cette industrie. Ces cadres sous prétexte d’un projet n’ont, en réalité qu’une visée sur ces hectares de terre. Sinon comment comprendre que les palmiers dont dépendaient non seulement l’usine de la Sonaph, mais aussi une bonne partie de la population d’Agou pour l’huile rouge, les noix de palme et les branches des palmiers soient coupés sans que le gouvernement ne réagisse ? Avec leurs effets positifs sur l’environnement, rien ne justifie que ces palmiers soient abattus. Surtout qu’il y a des terres disponibles dans la préfecture pour faire d’autres projets », dénonce un paysan de Gadja.
Tous ceux qui empruntent la route Lomé-Kpalimé doivent se rendre compte de la dégradation de l’environnement à cause de ces palmiers abattus. On dirait un champ de bataille. « Ces cadres ne recherchent pas le bien-être de la population mais leurs propres intérêts », ajoute-t-il.
L’agriculture étant en net recul dans la préfecture, le niveau de vie a beaucoup baissé. Et les jeunes qui ne sont pas encouragés dans ce secteur s’adonnent à la drogue, au vol et au Zémidjan. Un jeune d’Amouzoukopé nous a déclaré que dans le cadre de chaque joute électorale, le chef de l’Etat fait beaucoup de promesses, mais ne les tient jamais. Ils ont l’impression que ce n’est qu’à l’approche des élections que Faure Gnassingbé, en complicité avec certains chefs traditionnels et cadres, sait qu’ils existent. « On verra bien la prochaine », soupire-t-il.
Manque d’eau potable
La préfecture d’Agou dispose d’un réseau d’eau ; mais comme dans les autres secteurs, des promesses se font, mais rien de concret. Il suffit de prendre la route Lomé-Kpalimé, au niveau d’Avétonou pour se rendre compte de la misère à laquelle font face les populations. Tous les jours, elles sont obligées d’aller récupérer une eau impropre à la consommation d’un bassin réalisé pour la prise de latérite quand la route Lomé-Kpalimé était en construction. Dans le cadre des législatives de 2013, un envoyé de Faure Gnassingbé aurait promis une trentaine de forages pour la préfecture d’Agou si le parti présidentiel prenait les deux sièges. Sur les trente forages promis, seuls trois ont été réalisés, selon un membre du parti Unir à Gadzépé. Où est passé l’argent des 27 autres forages ? « Une fois de plus, il s’agit d’un jeu politique, poursuit une femme. Beaucoup de localités de la préfecture ne disposent pas d’eau potable bien que la préfecture regorge d’eau. De même, l’électricité est rare ».
Education : infrastructures en mauvais état
Les infrastructures scolaires laissent à désirer. Dans le canton d’Akplolo par exemple, les salles de classes du CEG sont dans un état piteux. Les bâtiments ne tiennent que grâce aux fourches de tecks postés le long du mur. « Que fait le Chef de l’Etat pour ses oncles ? Nous sommes là seulement que pour voter en sa faveur et après, tomber dans les oubliettes ? Beaucoup d’enseignants dans la préfecture sont des enseignants volontaires que nous sommes obligés de payer nous-mêmes », se plaint un parent d’élève.
En outre, beaucoup de salles de classe sont en paille. Et depuis que Faure est au pouvoir, seule une école est construite par des Chinois dans la préfecture, apprend-on.
Infrastructures routières et sociales inexistantes
Les routes principales de la préfecture d’Agou sont en très mauvais état. Le tronçon Gadzépé-Nyitoe qui relie la préfecture au Ghana est depuis plusieurs années dans un état lamentable. Comme dans les autres domaines, il a été promis à la population sa réhabilitation mais rien n’est toujours fait. Il faut être très courageux pour s’engager sur cette route. La route Agou-Notsè ne fait que rivaliser avec celle de Nyitoe et il a été promis qu’elle allait être refaite il y a plus de cinq ans. Le plus étonnant, c’est la route du pic d’Agou. Le pic d’Agou est un site non seulement touristique, mais stratégique : il y a des relais pour la TVT, Togotélécom, Togocellulaire et l’armée. Mais pour y accéder, il faut être animé d’un grand courage. Les touristes ont déserté ce site. En saison de pluies, plusieurs villages sont inaccessibles. Parfois, il faut passer par Kpalimé pour aller dans deux villages d’un même canton.
De plus, il n’y a pas de palais de justice à Agou. C’est dans un ancien magasin de l’ex-Sonaph qu’une salle d’audience est installée et où règne une chaleur terrible. Les marchés de la préfecture sont en paille et le seul marché construit dont les travaux sont finis depuis un an et demi, n’est toujours pas occupé. Une revendeuse nous confie que c’est surement pour la campagne de 2015 que ce marché est construit. D’ailleurs, il nous revient qu’après une pluie, beaucoup de hangars sont mouillés.
Dans le canton de Kati, un marché en construction est à l’abandon depuis trois ans. A Gadzépé, le chef-lieu de la préfecture, la seule voie bitumée sur 1 km environ est dégradée depuis plusieurs années.
La plupart des centres de santé et dispensaires sont dans un état délabré et manquent d’équipements et de personnel. L’hôpital de Nyogbo qui avait une bonne réputation dans la région ouest-africaine, n’est plus que l’ombre de lui-même. Si rien n’est fait, bientôt il serait fermé.
Politique : rien que des déceptions
Selon une femme de la cinquantaine rencontrée à Apégamé, village de la mère du chef de l’Etat, « Les populations d’Agou ne comprennent pas ce qui se passe dans la préfecture. Le président Eyadema avait épousé une femme d’Agou. Mais le développement de la préfecture n’était pas son problème. Quand son fils Faure est arrivé au pouvoir en 2005, certains fils du milieu se sont mobilisés pour amener les populations à le soutenir. Avant, Agou votait pour l’opposition. Aujourd’hui, les populations d’Agou sont très déçues par rapport à l’espoir qu’elles ont eu à l’arrivée de Faure au pouvoir, car elles ont l’impression d’être oubliées. Malgré notre soutien, rien n’a changé dans la préfecture ».
Des responsables d’Agou (préfet, députés et chefs traditionnels) n’ont pas œuvré pour faire développer la préfecture. Ceux qui prétendent lutter pour cette préfecture ne s’intéressent à elle qu’à l’approche des élections et après, ils disparaissent jusqu’à la prochaine élection. Entre les cadres de cette préfecture, c’est un esprit de nuisance, de sabotage, de mensonge qui est cultivé en permanence. Comment détruire son prochain auprès des autorités est le seul souci de certains cadres de la préfecture. Des lettres ont toujours circulé dans cette préfecture.
« A Agou, l’union fait la force n’existe pas, déclare un enseignant. C’est moi ou le chaos. Les députés de la préfecture sont absents jusqu’à la prochaine élection. Depuis plusieurs années, les élus de la préfecture n’apportent rien de constructif à la population. Ceux qui sont élus aux dernières législatives ne font pas mieux. Ils ont promis une permanence à Gadzépé depuis sept mois mais rien n’est fait. La population se pose des questions sur ses élus. Les députés de la première zone et leurs suppléants sont à couteaux tirés. Le député de la zone 2 n’a jamais revu ses électeurs ».
En outre, il existe des frustrations nées des comportements du chef Pépi V de Nyogbo. Bien que son mandat de chef des chefs traditionnels d’Agou ait expiré depuis au moins quatre ans, son remplacement à travers des élections n’est jamais organisé. Une situation mal vécue par les autres chefs.
Dans le cadre des dernières législatives, le chef Pépi V a soutenu dans le canton de Nyogbo la délégation du parti Unir venu pour la campagne. Au cours de ce meeting, le chef comme la délégation a demandé à la population de voter les candidats Unir car leur fils, le docteur Apetse, irait siéger à l’Assemblée nationale si le parti Unir avait les deux sièges d’Agou. La population du canton de Nyogbo a voté en croyant à cette promesse, mais c’est Mme Amégno qui siège. « La délégation d’Unir a aussi promis une somme de plus de 2 000 000 FCFA à cette population si Unir gagnait les deux sièges. Cette promesse n’est pas honorée à ce jour. Ainsi, le chef Pépi est très mal apprécié dans son canton », rapporte un partisan d’Unir à Nyogbo. Affaire à suivre.

Coco Tchak

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