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La République Togolaise
Publié le samedi 7 septembre 2013  |  togoactu


© Autre presse
Faure-Eyadéma, le fils et son père


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56.785 kilomètres carré, 700 kilomètres du nord au sud et pas plus de 100 kilomètres de largeur. Bienvenu au Togo, ou plus précisément en République Togolaise, un pays d’Afrique de l’Ouest.

C’est l’un des plus petits Etats africains, mais il possède une grande richesse au niveau de ses paysages : sable fin et cocotiers au sud, de petites montagnes et des vallées verdoyantes dans le centre du pays et des plaines arides, de grandes savanes dans le nord. Un petit bout de paradis, enfin, presque…

Hier

Avant d’être le Togo actuel le petit pays a connu bien des changements. De la colonisation allemande au partage du pays entre les Français et les Britanniques, le visage du Togo n’est plus le même.
A l’époque du partage confirmé le 10 juillet 1919 le Togo est divisé en deux parties : le « Togo Français » avec 56 600 km² et le « British Togo » de 33 800 km². Cette époque coloniale fait perdre au Togo sa partie ouest en 1956 quand le Royaume-Uni la rattache au Ghana, un rattachement entériné sous décision de l’ONU en 1958.

Il deviendra indépendant le 27 avril 1960 et Sylvanus Olympio sera élu président.Toutefois le règne du président autoritaire ne dure pas, en 1963 un coup d’état éclate et dans la nuit du 12 au 13 janvier une poigné de militaire, dont Gnassingbé Eyadema, assassinent Sylvanus Olympio.
C’est alors Nicolas Gruitsky qui sera président jusqu’en 1967, date d’une nouvelle prise de pouvoir des militaires. Puis lieutenant-colonel Etienne Gnassingbé Eyadema prend le pouvoir sur le Togo. Il sera président de 1967 à 2005.

Un règne complet

Quand il devient Président de la République il supprime le multipartisme et le Rassemblement du peuple Togolais. Son parti devient le seul autorisé. Ce régime politique, ratifié par référendum en 1972, durera vingt et un ans.


Gnassingbé Eyadema donne à l’étranger une impression de calme et de stabilité. Il instaure une politique de nationalisation et développe la politique agricole afin d’obtenir l’autosuffisance alimentaire. Cette politique lui permet, dans les années 1970, d’avoir une opinion internationale favorable et obtenir de nombreux investisseurs étrangers assurant un développement important et une certaine prospérité du pays.
Le 30 décembre 1979, à la suite d’un référendum, le pays adopte une nouvelle Constitution dont les fondements sont la présence d’un chef de l’État et des armées, un parti unique (le RPT) et une assemblée de 67 élus au suffrage universel et qui figurent sur une liste unique, non modifiable.

Après une période relativement calme, le climat politique et social du pays va commencer à se détériorer. Ainsi, en 1986, un commando infiltré depuis le Ghana organisa un attentat manqué contre Eyadéma. Cette tentative de coup d’État déclencha de violentes manifestations à Lomé et entraîna une intervention de la France, craignant une nouvelle déstabilisation du régime.

Le peuple Togolais ne supporte plus la loi du silence et la censure imposé, tout particulièrement les jeunes intellectuels. Le climat est tendu dans le pays rien ne va s’améliorer dans les années à venir. De violentes émeutes éclatent à Lomé en octobre 1990, gagnant peu à peu l’ensemble du pays. Pacifistes au départ, les manifestations deviennent rapidement de violentes et sanglantes insurrections. Devant cette pression, le président accorde le multipartisme.

Du 8 juillet au 28 aout 1991 aura lieu la conférence nationale souveraine accordée bien difficilement par le président. Joseph Koffogoh sera ainsi élu premier ministre, chef de gouvernement de transition. Le but et d’élaborer une nouvelle constitution et d’organiser de nouvelles élections en 1992.
L’armée se retrouve divisée, les tentatives de rendre le pouvoir au général Eyadéma, toujours Président en titre, mais sans aucune autorité, n’aboutirent pas et déclenchèrent de graves épisodes sanglants dans l’ensemble du pays. Les maisons brûlent, les anciennes rancunes entre ethnies refont surface, les victimes sont nombreuses de chaque côté.

Les 27 et 28 novembre 1992, l’armée, principalement composée de Kabiyên s’empare de la radio et de la télévision, et se rend devant la résidence du premier ministre. Elle exige la dissolution du HCR et la participation du RPT au gouvernement. Après quelques jours, l’armée attaque la primature. Le premier ministre Josseph Koffigoh, alors présent, est emmené de force au palais présidentiel où il conclut avec le président Eyadéma, un accord où il est sommé de former un gouvernement d’union nationale avec des ministres du parti du président, le RPT. Eyadéma retrouve sa place et tout son pouvoir ainsi que son parti politique. Afin d’entériné son pouvoir une nouvelle Constitution est adopté le 27 septembre 1992, mais l’opposition organise des grèves et des manifestations contre le pouvoir en place, elles seront réprimé dans le sang en janvier 1993. Ces violences entraînèrent un exode massif vers le Ghana (où auraient trouvé refuge 100 000 personnes) et le Bénin (130 000 personnes).

Le 25 mars 1993, le général Eyadéma réchappe à une attaque lancée contre sa résidence officielle. Mais en août 1993, Eyadéma est réélu avec 94,6 % des voix en raison du boycottage du scrutin par l’opposition.
Lors des nouvelles élections présidentielles du 21 juin 1998, le général Eyadéma est réélu avec 52,13 % des suffrages exprimés, mais le résultat a été contesté par l’opposition ainsi que par les observateurs de l’Union européenne.

En mai 1999, Amnesty International affirme, dans un rapport intitulé « Le règne de la terreur », que des centaines de personnes ont été exécutées extrajudiciairement et que leurs corps ont été jetés à la mer, après la proclamation des résultats de l’élection de 1998. Lomé rejette les accusations.
Le 5 février 2005, le Président Étienne Eyadéma Gnassingbé, décède d’une crise cardiaque à 69 ans, après avoir présidé durant 38 ans le pays. Sa mort surprend autant la population du pays, que le gouvernement qui décide de confier le pouvoir à son fils Faure Gnassingbé par l’intermédiaire de l’assemblée nationale qui réécrit la constitution pour l’occasion.

Les débuts de Faure

À la suite de violentes et sanglantes manifestations dans les rues de la capitale et sous la pression internationale qui dénonce un coup d’État, Faure Gnassingbé démissionne le 26 février 2005 de la présidence et annonce sa candidature pour la nouvelle élection présidentielle.



Il gagne les élections avec plus de 60% des voix. L’opposition parle de fraude et Amnesty International de « scrutin entaché d’irrégularités et de graves violences » tout en montrant que « les forces de sécurité togolaises aidées par des milices proches du parti au pouvoir (le Rassemblement du peuple togolais (RPT)) s’en sont violemment prises à des opposants présumés ou à de simples citoyens en ayant recours à un usage systématique de la violence. ». Le rapport reproche aussi à la France son rôle ambigu dans la situation.
Car en effet, la France estime que le scrutin est satisfaisant. Représentée par Jacques Chirac, ami de longue date de la famille Eyadéma, la France semble oublier la répression présente dans les rues plongeant le pays dans une crise politique majeure.

Les violences consécutives aux événements politiques de 2005 auraient entraîné entre 400 et 500 morts. Certains parlent même de plus de 800 morts.

République ?

Comme bien souvent le mot république semble de trop pour le Togo. La famille est au pouvoir depuis 1967. Faure Gnassingbé et son frère Kpatcha sont souvent accusés de considérer la présidence du Togo comme un héritage paternel.

En 2011 la République Togolaise était classée 129e sur l’indice de démocratie comptant 167 pays. Elle est considérée par le même classement comme « régime autoritaire ».

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