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Togo : Dix raisons pour que la France soutienne l’opposition et le peuple togolais
Publié le lundi 1 decembre 2014  |  afrika express


© Autre presse
Sommet de l`Elysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique
Paris, les 6 et 7 décembre 2013. Le président François Hollande a accueilli une quarantaine de chefs d`Etats africains dans le cadre du Sommet de l`Elysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique


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Le débat ouvert par les positions claires et sans équivoques de François Hollande dans la foulée du sommet de la Francophonie à Dakar (29 et 30 Novembre 2014) alimente les discussions sur le continent. Connue pour sa duplicité et ses esquives malhonnêtes, la France a du mal à convaincre de sa bonne foi. La Rédaction de Afrika Express estime que Hollande n’a aucune raison de jouer de la comédie sur l’Afrique. Elle recense dix raisons qui suffisent pour croire que la France n’a plus le choix, sur le Togo, notamment, elle doit imposer la démocratie. Lisez-les !

Un. Pour faire face aux menaces terroristes qui se multiplient sur le continent africain, l’Occident en général, la France sans doute en particulier, ont besoin de pouvoirs stables et constants, légitimes et incontestables, soutenus par leurs peuples et solidement ancrés dans l’interaction entre des institutions dignes et fiables. Seuls des régimes populaires et non populistes peuvent contrer efficacement la marche des mouvements islamistes vers la côte africaine, en provenance des résidus djihadistes de la Libye et du Mali.

Deux. Dans la sous-région, au sein des anciennes colonies françaises, le Togo est l’unique mauvais élève depuis que le Burkina Faso a chassé Compaoré. On se retrouve alors avec des Etats lumineux et un point d’ombre qui perturbe les maillons de la chaîne. Ce qui favorise un régime de trafic tous azimuts mais aussi de coups divers qui peuvent, à tout moment, nuire aux voisins. Comme le faisait si bien Compaoré, si Faure dure trop au pouvoir et à force de ne pas vouloir quitter, il créera ses réseaux mafieux et criminels si ce n’est déjà fait. Ce qui déstabilisera au besoin d’autres Etats et fragilise ainsi les efforts en chaîne.


Trois. Le Togo qui, pendant des années a été une Platte tournante des trafics d’armes notamment vers les pays de l’Est, l’Angola et la Côte d’Ivoire, en faveur de la diplomatie parallèle française ne l’est plus. La nature des relations a changé. Paris peut, pour les rôles nébuleux, se passer de Lomé. Les secrets que Eyadema portait, en reliques des vestiges de la Françafrique ont disparu avec lui. Depuis sa mort d’ailleurs, le Togo a cessé d’être un pays d’enjeux géostratégiques au point où Sarkozy a affiché sans finesse son dédain pour Faure Gnassingbé tout au long de son mandat.

Quatre. L’absorption de la diplomatie française par les couloirs militaires a un avantage, peut être le seul. L’armée française, après ses tristes exploits en Afrique depuis la seconde guerre mondiale, veut redorer une autre image, plus acceptable et humaniste. L’incompétence criarde de Laurent Fabius sur l’Afrique, l’ignorance de Hollande et l’influence croissante de Le Drian, ministre de la défense, très proche du président français, provoque un affrontement de forces largement profitable aux militaires. Conséquences, l’armée, pour limiter des interventions en Afrique, prône des pouvoirs « démocratiques et légitimés par les urnes », ce qui change de la tradition mercenaire de l’armée française connue par le passé en Afrique.

Cinq. Le régime actuel de Faure est gangréné par la corruption et le népotisme. Des cas de trafics de drogues et d’armes lui sont affiliés et l’embrigadement des devis par des voleurs du régime déséquilibre l’économie locale avec un impact de secousse sur des voisins. Il faut donc, même pour le bien de l’économie, harmoniser les dispositions démocratiques aussi bien au Togo que dans l’espace Uemoa ou tout autre espace régional pour avoir un résultat qui soit résultant de l’apport de chaque pays et la convergence des interactions macroéconomiques entre les Nations dans le cadre de communauté régionale.

Six. Les entreprises françaises perdant de l’espace en Afrique de plus en plus, en faveur de la Chine, Paris a intérêt à disposer d’un canal d’attribution de marchés et de négociations bilatérales, qui soit crédible, et donc dans un espace démocratique. Pour éviter qu’un dictateur se lève un matin et ne chasse une entreprise ou ne rompe, comme l’ont déjà fait par le passé plusieurs despotes, des contrats dont dépend la stabilité de l’économie française (Total, Aréva, etc…), la France a besoin de partenaires qu’une maladroite révolution ou une fronde mal encadrée ne fasse tomber en un court instant.

Sept. La création d’un espace démocratique compact, homogène et dynamique en Afrique occidentale servira de socle de contrainte mais aussi de paradigme nouveau d’influence contre une Afrique centrale aux mains de mal élus renforcés par des mânes pétrolières abondantes. La seule manière pour Paris d’espérer l’émergence de la démocratie dans son pré carré de l’Afrique centrale est d’avoir pour argument les atouts de la démocratie en matière économique (bonne gouvernance) en Afrique occidentale. Alors qu’une conclusion récente de la CIA stipule que « l’Afrique centrale (région des grands Lacs) ne peut être stable qu’avec des régimes légitimes« , c’est la principale raison pour laquelle la Maison Blanche n’entend pas laisser Joseph Kabila faire un mandat de plus après 2016.

Huit. Hollande est si impopulaire à l’intérieur de la France, si limité sur des défis internes qu’il devrait se racheter en menant, à la place des Etats-Unis et parfois contre eux, une dynamique démocratique mondiale qui soit à son actif. Personnel. Cet engagement est d’autant plus important qu’il sera le seul succès « socialiste » d’un gouvernement français poussé vers le centre libéral. Par conséquent, Hollande qui n’a plus rien à gagner en France, n’a plus rien à perdre à l’international. Il a pour cela la pression des Verts à l’égard desquels il multiplie des gestes pour maintenir dans les chambres françaises, une certaine majorité de face, de farce aussi.


Neuf. Le phosphate qui était un enjeu de taille au Togo est réduit en de petits tas d’illusion rassemblés à Kpémé. La société a été victime de la corruption et de la mal gouvernance au point de ne plus apporter à l’économie togolaise. La France s’est depuis longtemps tournée vers le 1er producteur mondial, le Maroc pour s’approvisionner et a même réussi à diminuer sensiblement ses besoins. Ce seul enjeu minier qui était encore jusqu’aux années 1990 une arme de pression diplomatique n’est plus qu’une diurne de sable avec lequel Faure ne pourra pas se construire un abri en cas de révolution populaire.


Dix. Hollande sait mieux que quiconque que, s’il ne fait rien, les peuples se prendront en charge. Le printemps arabe lui en dit long. Alors mieux vaut être du côté des gagnants, et donc du peuple. Cette France pernicieuse et rusée le sait bien. Il va de sa crédibilité et Hollande ne peut plus, au niveau de l’Europe, avec l’influence en croissance des pays de l’est, nouveaux arrivés anticolonialistes, défendre un régime Nguesso, Nguema, Bongo, Kabila, etc… encore moins Gnassingbé. Tout porte donc à croire que le soutien de la France peut et doit être sincère !


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