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TOGO: Pendant que les épargnants broient du noir au Togo, Kwassi Klutsè prospère au Gabon avec son IDH
Publié le mercredi 17 juillet 2013  |  LIBERTE HEBDO TOGO


© Autre presse par dr
Kwassi Klutsè l’ancien Premier ministre do togo


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L’institution de microfinance « Investir dans l’humain (IDH) » fondée par l’ancien Premier ministre Kwassi Klutsè, a coulé à cause de la mauvaise gestion. Même l’administration provisoire mise en place depuis le 27 juillet 2010 par le ministère de l’Economie et des Finances, faute de moyens, peine à redresser la barre. Pendant que les épargnants tirent le diable par la queue, l’ancien Premier ministre d’Eyadema s’en sort bien du côté du Gabon où depuis quatre ans, prospère son institution de microfinance.

« Ainsi, le jour viendra où l’on n’appréciera plus pour le progrès des nations selon les forces économiques, la splendeur des capitales ou celle des bâtiments publics, mais selon le bien-être des habitants : leur niveau de santé, de nutrition, d’être des habitants : leur niveau de santé, de nutrition, d’éducation ; la possibilité d’obtenir une juste rémunération pour leur travail ; la participation aux décisions leur permettant de maîtriser leur existence, le respect des libertés civiles ; l’aide dispensée aux plus vulnérables et démunis, la protection de la croissance physique et mentale de leurs enfants et la joie de vivre », expliquait Kwassi Klustè à la création en janvier 2002 du réseau Investir dans l’humain (IDH). Des objectifs nobles qui ont convaincu nombre de Togolais à épargner leur argent dans cette institution de microfinance. Au début, tout allait bien et l’ancien Premier ministre était présenté comme le sauveur des couches vulnérables. Mais après quelques années, les épargnants ont commencé à perdre cette « joie de vivre ». Dès 2008, IDH-microfinance peine à honorer ses engagements vis-à-vis de ses adhérents. « Investir dans l’humain » devint « Appauvrir dans l’humain ». Pour avoir accès au crédit, c’était la croix et la bannière. Les employés cumulant plusieurs mois de salaires impayés grinçaient les dents ; les épargnants rouspétaient.

« N’arrivant plus à payer les épargnants, on pourrait penser que la société est en faillite, et son PDG paumé. Mais c’est ce moment qu’a choisi l’ancien Premier ministre pour s’offrir une bâtisse gargantuesque. Un château princier est en train de sortir de terre à Djidjolé au domicile du patron de l’institution de microfinance en faillite. Comment comprendre que Kwassi Klutsè s’offre un tel luxe au moment où il n’arrive pas à rembourser les 40 mille épargnants de IDH ? Et si c’était l’argent investi par les membres qui servait à ce fantasme ? Même si c’est par enchantement de l’argent personnel, n’aurait-il pas fallu qu’il rembourse d’abord ces milliers de Togolais à qui il doit ? Kwassi Klutsè jouit donc d’ une impunité outrancière, juste parce qu’il est du sérail. Il se la coule douce alors que la masse de compatriotes qui ont cru en lui broient du noir », avions-nous déploré dans un article publié en juillet 2010.

Au lieu d’amener ce baron du RPT à répondre de sa gestion calamiteuse, le gouvernement l’a plutôt protégé en mettant en place le 27 juillet 2010 une administration provisoire. « Le contrôle a révélé que l’institution IDH-Microfinance traverse une situation financière préoccupante caractérisée par une dégradation avancée des fonds propres. En conséquence, le Ministre des Finances a dissous les organes d’administration, de gestion et de contrôle de IDH-Microfinance et mis celle-ci sous administration provisoire conduite par M. Kodzo Homdéafi Mablé. Il est également créé un comité de suivi chargé de suivre le redressement de cette institution. IDH-Microfinance fera en outre l’objet, dans les jours à venir, d’un audit global permettant de mesurer l’ampleur des difficultés qu’elle traverse en ce moment. Pour ce faire, le processus de recrutement du cabinet habilité à conduire cet audit vient d’être lancé », avait précisé un communiqué du ministre de l’Economie, autorité de tutelle des institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit au Togo. Ainsi, depuis trois ans, cette administration provisoire se bat tant bien que mal pour redresser la barre.

A la question de savoir si tous les épargnants ont reçu leur argent trois ans après cette mesure gouvernementale, M. Mablé, l’administrateur provisoire, que nous avons joint hier, a répondu par la négative. « Ils ne sont pas encore entrés en possession de leurs fonds. Nous avons élaboré plusieurs plans de relance, mais les moyens n’ont pas malheureusement suivi. Nous sommes venus à un moment où la situation est pourrie », nous a-t-il expliqué.

Pendant que les épargnants broient du noir, M. Klutsè, responsable de cette situation malencontreuse, peut jouir des retombées de ses investissements au Gabon. Depuis quatre ans, il a créé avec des amis gabonais IDH-microfinance qui prospère dans ce pays de l’Afrique centrale.

En fait, tout est parti du succès enregistré par la Financière Africaine de Micro-projets (FINAM) qui a officiellement lancé ses activités sur le territoire gabonais le 26 juin 2006. Créée sous forme de société anonyme par Kothor K. Djifanou, propriétaire de l’Hôtel le Berceau à Notsè, elle a fait adopter par son Assemblée générale réunie en session extraordinaire le 20 septembre 2007 un projet de restructuration (augmentation/ouverture) de son capital social pour mieux réaliser ses objectifs. Selon les informations, la FINAM aurait fait une percée spectaculaire au Gabon bien qu’elle pratique un taux d’intérêt autour de 20%.

C’est ainsi que l’ancien Premier ministre, croyant aussi à ses chances au Gabon, y a créé courant 2009 IDH, avec le concours de ses amis gabonais. Il nous revient que l’institution de microfinance dirigée par Adododji Agbedoumassi Komlan, un fidèle parmi les fidèles de M. Klutsè, aurait fait baisser le taux d’intérêt afin de concurrencer la FINAM. Le siège principal de cette institution se trouve dans le quartier Akébé à Libreville.

« L’argent qu’il a mis dans la création d’IDH au Gabon peut être l’une des causes des difficultés connues par le réseau IDH au Togo. La coïncidence entre les deux situations nous autorise à faire de telles déclarations. L’autre possibilité, c’est qu’il a senti la crise venir et il a choisi d’injecter une partie de son argent du côté du Gabon », affirme un cadre de banque.

Interrogé sur le même sujet, l’administrateur provisoire a indiqué que ces rumeurs circulent et que si l’information se confirmait, il pourrait s’agir de deux entités juridiquement distinctes. Affaire à suivre.

R. Kédjagni

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