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Le Togo, un État Patapa
Publié le mardi 17 novembre 2015  |  Icilome


© aLome.com par Parfait
Marche de protestation du MMLK -contre les violences à Mango- qui n`est jamais allée à son terme, à cause de tirs de gaz lacrymogène.
Lomé, le 13 novembre 2015. Plusieurs ressortissants de la Préfecture de l`Oti ont répondu à l`appel à manifester du MMLK pour dénoncer les violences meurtrières à Mango et la repénalisation du délit de presse dans le Code pénal togolais.


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Méfiez-vous du ventre. C’est connu depuis bien longtemps : « Tous ces gouvernements ne demandent à ceux qu’ils rendent heureux qu’une petite concession, la servitude. Vous serez logés, nourris, chauffés, lavés, abreuvés, etc. ; seulement, on verra la marque du collier ». C’est véritablement en laisse qu’une certaine élite politique et militaire est tenue au Togo, incapable de s’affranchir de l’inacceptable. Cette élite a préféré faire allégeance et sujétion à l’inacceptable. Jusqu’à nouvel ordre, il faut prendre parti pour le Togo. Prendre parti pour un autre Togo, un Togo démocratique, un Togo réconcilié que Faure Gnassingbé a été incapable de faire naître à la suite de son père au palmarès lourd.



Comme dans un conte d’Andersen, les deux personnages –pareillement comme dans le mélodrame togolais avec ses ministres de la Sécurité et de l’Environnement-, ces personnages tenaient à faire croire aux Togolaises et aux Togolais que leur roi qui aimait tout, la belle vie, les beaux habits, tout et toute, sauf la gestion compétente des affaires de l’État, ce roi est revêtu cette fois-ci d’un costume bon chic bon genre (BCBG) taillé dans un tissu dernier cri qui reste invisible seulement aux incompétents et aux sots d’un #EtatPatapa.

La supercherie entretenue par tous ces affidés de la nomenklatura ainsi que par des citoyens peureux dura le temps que cela devrait durer. Les gens félicitent même le roi pour son nouveau costume BCBG cousu dans ce tissu extraordinaire qui reste invisible aux sots et aux incompétents seulement. C’est l’habitude de la maison : pourquoi dire la vérité et mourir si l’on peut mentir, profiter et vivre tranquille même en rampant? Ils sont fous, tous ces gens qui continuent à penser que « La principale fonction de l’homme n’est pas de manger, mais de penser. Sans doute qui ne mange pas meurt, mais qui ne pense pas rampe; et c’est pire! ». Évidemment, il ne faut pas prendre ces Togolaises et Togolais pour plus intelligents qu’ils ne le sont, « n’est-ce pas? » pensait même déjà l’ancien roi dont celui-ci est le prolongement; « Nous, on va faire comment? » ajoutent-ils.

D’ailleurs, personne ne veut paraître incompétent ou sot, tout le monde prétend voir et admirer le tissu nouveau dont le roi s’est revêtu comme « sur instruction du chef de l’État » qu’il est lui-même, et avec l’aide des deux personnages de haute couture mensongère. Le tout dura jusqu’à ce qu’une voix innocente, jeune, candide, inattendue, dise clairement et publiquement: « Mais… Papa, Maman… Mango, Dapaong… Kara, Blitta, Lomé, Atakpamé, Kpalimé, Amlamé, Tchaoudjo, Yoto, Vo, Aného, Tsévié, Bassar, Niamtougou, Pagouda… Mais… le roi est nu ». Oui, le roi est nu et aucun tissu ne le couvre. Faure Gnassingbé est nu depuis longtemps et personne autour de lui n’ose prendre la responsabilité de le lui dire.

D’ailleurs, lui-même se sait nu, mais il croit être habillé d’un tissu invisible aux Togolais qui ne seraient que des sots et des incompétents. Il parcourt le monde nu, le Faure Gnassingbé. Avec le #MangoGate, toutes ces répressions sanglantes depuis le jour 1 jusqu’à aujourd’hui, Faure est définitivement nu… Sans aucun doute « sur instruction du Chef d’État » qui se sait habiller d’un tissu de démocratie nouvelle invisible aux sots togolais que nous serions? Vos blindés sont sans freins, vos tirs de sommation sont tirés à l’horizontale et à balles tueuses. Il est impossible que toutes ces personnes continuent à porter derrière vous une traîne de votre habit BCBG qui n’existe pas. Nous sommes indignés. Réveillez-vous!

Le manque d’audace de réconciliation est de fossiliser le Togo dans la manipulation du régionalisme

Il ne faut pas oublier que le despotisme a toujours la prétention d’être bâtisseur et porteur de grands projets. On n’est donc pas surpris des entailles nouvelles postélectorales au Togo. C’est la ruée vers l’or impur : matériels déplacés, rues percées, bâtir, débâtir, rebâtir, enfumer, les projets trop longtemps retenus doivent sortir et se déployer envers et contre tout. Les populations doivent rester dociles à leurs dirigeants de fortune. Quand les projets vont, tout va, au pas et au rythme voulu. Les populations n’ont qu’à bien se tenir, surtout se tenir éloignées des projets.

Si la question togolaise était une affaire de projets de réserve animalière à régénérer, de lois répressives à voter, de traditions culturelles à politiser, de journalistes à emprisonner ou de diaspora à leurrer, il n’y aurait pas tant de heurts, tant de chocs, tant d’arrestations, tant d’ambiguïtés dans les explications officielles, tant de renoncements à la dignité. Au Togo et dans sa diaspora, l’adhésion doit toujours s’acheter; la non-adhésion réprimée. À Mango au Togo, c’était frappant et tuant : c’est le #MangoGate commencé le vendredi 6 novembre 2015 comme symbole de cette goutte d’eau de trop dans une répression devenue habituelle, récurrente, systématique. Au Togo, de Dapaong à Lomé, c’est toujours le « Tout répressif » d’un système de barbarie d’État, un État Patapa, un État meurtrier et incorrigible, identique à cet autre prétendu État terreur capable des tueries de masse comme à Paris ce vendredi 13 novembre 2015, et à l’encontre de toutes les valeurs universelles.

Clairement, de cet État barbare, de cet État Patapa, de cet État insolent et pirate, nous n’en voulons pas et n’en voulons plus au Togo! Quoi qu’on dise ou quoi qu’on taise, le Togo actuel reste un État de terreur bien établi, un pays dont le passé demeure une lourde référence.

Il faut donc accentuer la dénonciation de cette maladie répressive et de la dérive liberticide au Togo : les autorités publiques et l’ordre public ne font que codifier et appliquer un rapport de force inégal et violent depuis le 13 janvier 1963, renouvelé le 5 février 2005. Le vibrant exemple que constituent les massacres et les répressions des derniers jours à Mango, le novembre noir du #MangoGate, constituent plus qu’une simple allégorie politique passagère. C’est une démonstration, un bouleversement dont le sublime se fige en chaque citoyen, togolaises et togolais, où qu’ils se trouvent.

Vingt-cinq ans après le mouvement du 5 octobre 1990, vingt-cinq ans après le Grand Pardon de novembre 1990, une dizaine d’années après l’Accord politique global, le Togo reste une construction manquée : un groupe d’individus accable toujours le Peuple et confisque le destin de toute une Nation. Le propre de ce manque d’audace de réconciliation est de fossiliser le Togo dans la division pour y régner indéfiniment, et ainsi préserver les avantages indus liés à une situation intenable et injustifiable.

Mais les citoyens du Togo, du Nord au Sud, ont bien dépassé cette manipulation qui n’épargne plus personne à travers des raids meurtriers sur des populations aux mains nues; une damnation d’un État togolais voyou qui plus est frauduleux, mafieux, menteur, trompeur, illégitime et illégal. Le roi est nu. Vivement, la fin de ce régime ancien au Togo!

Pierre S. Adjété

Québec, Canada
16/11/2015

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