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Colloque de CAP 2015/Discours de circonstance de Jean Pierre Fabre
Publié le mardi 11 octobre 2016  |  Telegramme 228


© aLome.com par Parfait et Edem Gadegbeku
Jean-Pierre FABRE annonce son boycott des manifestations officielles marquant le 27 avril 2016
Lomé, le 20 avril 2016. Point de presse de l`ANC à son siège pour expliquer les raisons qui motivent le boycott programmé de la commémoration officielle du 27 avril 1960 par le pouvoir togolais.


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Le candidat de CAP 2015 et président de l’ANC, mais aussi Chef de file de l’opposition togolaise a prononcé un discours à l’ouverture du Colloque organisé par ce regroupement de partis politiques de l’opposition. Discours dans lequel, il a fait le tour des situations anormales qui ont entouré ces dernières années les scrutins présidentiels sur le continent. Tout en reconnaissant, que la préoccupation de l’UA par rapport à la sécurité maritime, il constate qu’il y a encore plus utile à faire pour les populations africaines qui souffrent des gouvernants issus souvent de scrutins entachés d’irrégularités. Pour le Somme sur la sécurité maritime qui se tient au même moment à Lomé, Jean-Pierre Fabre analyse que « le pouvoir en place n’a d’autres objectifs que de tenter de se fabriquer au plan international, la légitimité qui fait tant défaut au régime RPT/UNIR depuis des décennies ».



Discours d’ouverture de M. Jean-Pierre FABRE, Président National de l’ANC, Chef de file de l’opposition


Madame la Présidente de CAP 2015,
Mesdames et Messieurs les représentants du corps diplomatique et des organisations internationales,


Mesdames et Messieurs les Chefs de partis politiques,
Honorables Députés à l’Assemblée nationale,
Honorables Chefs traditionnels,


Distingués représentants des confessions religieuses,
Camarades militants et sympathisants de CAP 2015,



Honorables invités,
Mesdames Messieurs,



Je voudrais avant tout, vous exprimer ma gratitude et vous dire le plaisir que j’ai de vous accueillir au colloque sur le thème : la problématique de l’alternance politique en Afrique, le premier du genre organisé à l’initiative de notre coalition politique CAP 2015.


Notre colloque se tient à un moment où les populations africaines, résolument engagées dans la lutte pour l’instauration d’une démocratie et d’un Etat de droit, incarnés par des institutions fortes, se heurtent à l’injustice, à la violence policière, aux violations des droits et libertés des citoyens, à des répressions sanglantes et exactions de toutes sortes.



Ce colloque se tient également au moment où notre continent connait une recrudescence de la pratique de l’arbitraire et une banalisation des successions dynastiques à travers des mascarades électorales qui permettent à des hommes sans aucune légitimité de s’accrocher indéfiniment au pouvoir, comme c’est malheureusement le cas dans de nombreux pays dont le Togo. On assiste ainsi, à une patrimonialisation du pouvoir d’Etat qui consacre le népotisme et le despotisme.
Depuis des décennies et aujourd’hui encore, la plupart des élections, qui se déroulent sur le continent africain, donnent lieu à de vives tensions liées au blocage par les pouvoirs en place du libre jeu de l’alternance politique. Ce blocage se traduit par le verrouillage du système électoral, accompagné d’irrégularités et de fraudes de toutes sortes dans la préparation et le déroulement du scrutin, ainsi que dans l’établissement des résultats publiés et proclamés.


La question de l’alternance au pouvoir, par l’organisation d’élections libres, transparentes et équitables reste donc entière presque partout en Afrique.


Au Togo, en mai 2015, la Cour Constitutionnelle entérine les résultats frauduleux de la présidentielle d’avril 2015, transmis par le président de la CENI et donnant le président sortant Faure GNASSINGBE gagnant. Des résultats établis alors que seuls les procès-verbaux de 14 circonscriptions électorales sur 42, ont été examinés et qu’aucun n’a été validé par l’assemblée plénière de la CENI.


A défaut de présenter ses félicitations, le gouvernement français déclare ‘’prendre note’’ de l’élection de Faure Gnassingbé. Le rapport de la Mission d’expertise électorale de l’UE conclut que les résultats de ce scrutin, proclamés en violation de la procédure prescrite par le code électoral, n’ont aucune base légale.


Aux législatives d’octobre 2007 comme à la présidentielle de mars 2010 au Togo, en plus des fraudes et irrégularités habituelles, des nervis du pouvoir ont saboté le dispositif de transmission des résultats des scrutins par satellite (V-SAT). De plus à la présidentielle de mars 2010, un détachement de la gendarmerie prend d’assaut le centre de compilation des résultats organisé par le principal candidat de l’opposition. Les gendarmes saisissent les procès-verbaux et tous les équipements informatiques et procèdent à l’arrestation de tous les informaticiens. Ces équipements n’ont jamais été restitués.


Au Gabon, le 23 septembre 2016, la Cour Constitutionnelle proclame nuitamment la victoire d’Ali BONGO ONDIMBA, à l’élection présidentielle du 27 août 2016, sans régler la question du recomptage des voix, bureau de vote par bureau de vote, dans la province du Haut-Ogoué où des résultats aberrants sont proclamés par le Ministre de l’intérieur.


Comme pour le Togo, le gouvernement français, auxquels se sont joints les Etats-Unis et l’UE, s’abstient de toutes félicitations et déclare ’’prendre note’’ de l’élection d’Ali Bongo.
Ces exemples, qui sont légion sur notre continent, posent encore une fois la problématique des élections en Afrique et, par conséquent, celle de la démocratie et de l’alternance politique, manifestement en péril sur le continent.



A cet égard, le présent colloque, qui apparaît comme une véritable conférence sur la sécurité démocratique, vise précisément à sensibiliser l’opinion nationale et toute l’opinion africaine ainsi que la communauté internationale sur les efforts à mettre en œuvre pour stimuler et pérenniser le libre jeu de l’alternance politique dans les pays africains.


Il s’agit d’amener les populations togolaises et, par-delà, les peuples africains, à comprendre qu’il leur appartient de prendre souverainement leur destin en mains pour mettre fin à l’arbitraire et à l’imposture des hold-up électoraux qui maintiennent des dictateurs au pouvoir.


Il s’agit également de signifier à la communauté internationale, qu’il est temps de prendre en compte les aspirations profondes, maintes fois exprimées par les peuples africains, notamment le peuple togolais, en privilégiant l’intérêt partagé d’un accompagnement électoral sain, rigoureux et ferme qui favorise une alternance politique sans heurts dans les pays africains.


Les participants au colloque auront ainsi à débattre de sujets d’actualité, présentés par d’éminents conférenciers togolais et étrangers, au demeurant ardents défenseurs des droits et libertés et notoirement connus pour leur attachement à l’instauration de la démocratie et de l’Etat de droit en Afrique.



• Les successions dynastiques et les exigences démocratiques en Afrique, par M. Michel GALY, Politologue, Journaliste indépendant ;
• Les Commissions électorales indépendantes : mythe ou réalité ? par Maître Ata Messan Zeus AJAVON, Avocat à la Cour, Enseignant à la Faculté de Droit de l’Université de Lomé ;
• Les Cours Constitutionnelles dans les processus électoraux en Afrique : garanties ou illusions démocratiques ? par le Professeur Komi WOLOU, Directeur de l’Ecole Doctorale de la Faculté de Droit de l’Université de Lomé ;
• Les peuples, complices ou victimes des dictatures en Afrique ? par M. Adovi Michel GOEH AKUE, Professeur d’Histoire à l’Université de Lomé ;
• La communauté internationale et l’alternance politique en Afrique, par M. Richard Comla ABOKI, Sociologue, Enseignant à l’Université de Lomé et Consultant.


MM. Francis KPATINDE et Albert BOURGI, initialement annoncés au rang des conférenciers, n’ont pas pu faire le déplacement de Lomé, en raison de contraintes de dernières minutes. Nous en sommes désolés.


Il va sans dire que ce premier colloque n’épuise nullement les sujets liés à l’alternance politique en Afrique. Au cours de nos prochaines rencontres, nous poursuivrons les réflexions en abordant d’autres sujets, notamment, l’armée, les partis politiques, les médias, la société civile.


Honorables invités
Mesdames Messieurs,


La tenue de notre colloque coïncide avec un autre évènement qui se déroule en ce moment dans la capitale togolaise. Nous avons le plus grand respect pour tous les Etats membres de l’UA ainsi que leurs dirigeants, même si, dans des pays comme le Togo, les populations sont confrontées à une gouvernance qui est loin de répondre à leurs aspirations profondes.


Nous comprenons que notre continent puisse se préoccuper de sécurité maritime. Nous comprenons moins que des pays endettés comme le Togo, sans les ressources appropriées, puissent aggraver leur endettement et affecter leurs maigres recettes publiques à l’organisation d’un sommet extrêmement coûteux, en sacrifiant les urgences des secteurs vitaux, notamment celles de la santé, de l’éducation, de l’assainissement, de l’énergie et de l’eau, qui constituent pourtant les premières exigences de la demande sociale.


Nous venons de boucler une tournée nationale au cours de laquelle les populations togolaises nous ont réitéré leurs priorités. Loin de s’embarrasser des hypothétiques retombées claironnées par le pouvoir en place pour vendre à tous l’initiative inopportune d’un sommet sur la sécurité maritime au Togo, nos populations clament haut et fort leurs ardents désirs de voir construire des écoles, des hôpitaux et des dispensaires, de voir remettre en état les pistes rurales et rendre disponibles, à bonne date et en quantités suffisantes, les intrants agricoles, de voir enfin régler les questions politiques pendantes, notamment, les réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales ainsi que l’organisation des élections locales.


C’est dire que pour nos populations, les urgences de l’heure sont aux antipodes d’un sommet sur la sécurité maritime, organisé à grands frais par un pays financièrement exsangue, englué dans la corruption et les scandales financiers à répétition et pris en otage depuis des décennies par un régime qui se maintient par des coups de force électoraux.


C’est dire qu’en organisant en grande pompe un tel sommet, le pouvoir en place n’a d’autres objectifs que de tenter de se fabriquer au plan international, la légitimité qui fait tant défaut au régime RPT/UNIR depuis des décennies.



Honorables invités
Mesdames Messieurs,


Les sujets, qui seront développés au cours du colloque, collent rigoureusement à l’environnement sociopolitique de notre continent, tel qu’illustré ces derniers temps par plusieurs pays en Afrique et singulièrement le Togo et le Gabon.


Les peuples africains n’ont de cesse de démontrer leur volonté inébranlable de s’affranchir des méthodes désuètes et caricaturales, caractéristiques, à de rares exceptions près, des processus électoraux en Afrique, considérés par les pouvoirs en place comme de simples formalités sans enjeu d’alternance.


Je suis persuadé que la pertinence des sujets nourrira des débats riches et engagés, porteurs de tous les espoirs d’alternance politique et de changement démocratique, auxquels aspirent les peuples africains.


Honorables invités
Mesdames Messieurs,


Je voudrais, avant de terminer, demander votre indulgence pour rappeler que ce 10 octobre 2016 est le jour du 6ème anniversaire de la création de l’ANC. Je voudrais donc dire bon anniversaire à tous les camarades de l’ANC.


En six ans d’existence, l’ANC est fière du chemin parcouru, notamment avec les amis et alliés de CAP 2015, tout en demeurant consciente que beaucoup reste encore à faire pour réaliser pleinement les aspirations du peuple togolais.


En souhaitant pleins succès à nos travaux, je déclare ouvert le colloque de CAP 2015 sur LA PROBLEMATIQUE DE L’ALTERNANCE POLITIQUE EN AFRIQUE.


Je vous remercie.
Lomé, le 10 octobre 2016
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