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Une criminalité organisée polymorphe qui tire parti de la porosité des frontières
Publié le mercredi 18 decembre 2013  |  Republicoftogo


© Autre presse
Saïd Djinnit, Représentant spécial du Secrétaire général pour l`Afrique de l`Ouest


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‘Au cours des six derniers mois, l'Afrique de l'Ouest a continué à progresser sur la voie de la stabilisation », a affirmé, mardi, devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit (photo), qui a toutefois fait part de la menace posée par la criminalité organisée dans la région.
Lors de ses deux ans au Conseil de sécurité (2011-2013), le Togo n’a eu de cesse de mettre en garde contre les risques d’instabilité. Cette question a d’ailleurs été au centre des débats de deux réunions de haut niveau organisées à New York à la demande du président Faure Gnassingbé.
‘La montée d'une criminalité organisée polymorphe qui tire parti de la porosité des frontières et de la faiblesse des institutions nationales est, à mon sens, la menace la plus grave », a confié M. Djinnit. Selon lui, il faut lutter efficacement et de manière coordonnée contre la corruption, renforcer l'état de droit et mettre fin à l'impunité, autant de brèches dans lesquels s'engouffre la criminalité organisée sous une forme ou une autre.
M. Djinnit s'est d'abord attardé sur la crise au Mali, où « l'ordre constitutionnel et l'intégrité territoriale ont été rétablis » et où, depuis l'élection du Président Keita et le déploiement de la Mission multidimensionnelle intégrée de l'ONU (MINUSMA), « le processus de dialogue et de réconciliation est en cours », a-t-il affirmé.
Saïd Djinnit a cependant reconnu la persistance, dans ce pays et à l'échelle régionale, de défis majeurs en matière de sécurité et de stabilité. À cet égard, il s'est félicité de ce que les dirigeants ouest-africains aient décidé de créer une force de réaction rapide pour doter l'Afrique de l'Ouest de la capacité requise pour répondre efficacement aux crises et autres menaces collectives.
Le Représentant spécial a par ailleurs attiré l'attention sur l'accalmie politique prévalant au niveau sous-régional, des élections ayant pu se tenir dans le calme au Togo, en Guinée et en Mauritanie. Le Bureau de l'ONU dans la région a d'ailleurs contribué au dialogue entre le gouvernement du Mali et les rebelles du Nord du pays et au soutien aux processus électoraux au Togo et en Guinée. « J'ai encouragé les parties guinéennes à poursuivre le dialogue sur les réformes nécessaires pour consolider les institutions démocratiques et à œuvrer à son enracinement dans l'espace politique du pays », a-t-il précisé.
Par ailleurs, le processus de démarcation de la frontière entre le Cameroun et le Nigéria a été marqué par la signature, le 22 octobre 2013, à Genève, d'une déclaration conjointe stipulant qu'à compter du 14 août dernier, le Cameroun exerçait désormais pleinement ses droits de souveraineté sur la totalité de la zone de Bakassi. Le Représentant spécial a salué « ce succès important dans la diplomatie des Nations Unies », notant que la coopération et la confiance s'étaient progressivement instaurées entre les deux pays dans le cadre de processus de mise en œuvre de la Cour internationale de justice sous les auspices de l'ONU. « Le Nigéria est devenu ces dernières années le premier partenaire commercial du Cameroun », s'est-il encore félicité salué.
Saïd Djinnit s'est penché sur les différentes zones de tension en Afrique de l'Ouest. Pour ce qui est du Sahel, il a déclaré que la récente visite du Secrétaire général avait contribué à créer une plus grande mobilisation en faveur des pays concernés. À la demande du Conseil de sécurité, son Bureau a mis en place une plateforme de coordination pour accélérer la mise en œuvre de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel. « Nous devons, dans les prochaines semaines, nous atteler, sous l'autorité de la présidence malienne de la plateforme et en concertation avec l'Union africaine, à la mise en œuvre de la plateforme établie lors de la réunion ministérielle de Bamako, le 5 novembre 2013 », a-t-il indiqué.
M. Djinnit a également noté avec satisfaction l'adoption de la Stratégie pour la sécurité transfrontalière au sein de l'Union du Fleuve Mano, lors du Sommet de la CEDEAO qui s'est tenu à Dakar le 25 octobre. « Nous avons déjà enclenché le processus de mise en œuvre de la cette stratégie en organisant des consultations approfondies avec la société civile, à Freetown, du 11 au 12 décembre », a-t-il fait savoir.
Quant à la lutte contre la piraterie dans le Golfe de Guinée, un fléau qui touche directement le Togo, il a déclaré que les efforts se poursuivaient pour appliquer le cadre stratégique adopté à l'occasion du Sommet de Yaoundé des 24 et 25 juin, via notamment l'établissement du Centre de coordination interrégional qui sera basé au Cameroun.
« Les pays de la région poursuivent leurs efforts en matière de lutte contre le trafic de drogue et la criminalité organisée », a poursuivi le Représentant spécial pour l'Afrique de l'Ouest. Il a ainsi cité le plan d'action pertinent de la CEDEAO, appuyé par l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et les activités du Comité politique de l'Initiative ouest-africaine. Il s'est de plus réjoui de l'organisation par la France d'un débat du Conseil, demain, sur le trafic de drogue et le crime organisé dans la région. « Ce problème est bien une menace à la stabilité régionale », a-t-il souligné. Face au terrorisme, M. Djinnit a par ailleurs préconisé de renforcer la coordination des multiples initiatives en cours, afin d'agir de manière véritablement concrète, efficace et concertée contre cette « menace grandissante ».
Enfin, le Représentant spécial du Secrétaire général s'est dit heureux d'informer le Conseil de sécurité que 12 des 16 pays que compte l'Afrique de l'Ouest ont adopté des plans d'action en faveur de la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) sur les femmes, la paix et la sécurité. « Dans cet esprit, nous nous employons à recourir, chaque fois qu'il est possible, aux services de femmes ayant bénéficié d'une formation en médiation organisée par notre Bureau en collaboration avec ONU-Femmes », a expliqué M. Saïd Djinnit.

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