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Meetings politiques : Kara, la cité interdite aux opposants
Publié le mercredi 29 mars 2017  |  L'Alternative


© aLome.com par Edem Gadegbeku & Parfait
Quelques sites phares de la ville de Kara
Kara, juillet 2016. Quelques lieux et sites phares dans la cité considérée sur le plan administratif comme la deuxième ville du Togo.


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Au Togo, il y aurait deux « capitales ». Dans la capitale Lomé, la vraie, il est donné aux opposants au régime de Faure Gnassingbé de manifester, avec bien sûr, selon un itinéraire bien défini.

Dans le septentrion, plus précisément dans le «Kozahland», entendez par là la préfecture de la Kozah, le fief du chef de l’Etat, tous ceux qui veulent éclairer l’opinion des populations à travers des manifestations politiques sont intimidés voire interdits d’accès. Une triste réalité aux effluves de repli identitaire qui met en péril la cohésion nationale.

«Kozah Nostra». C’est le nom qu’il conviendrait de donner à une nébuleuse milice qui s’active à jouer sur la fibre ethnique au nord du Togo. Cette « police » défend une cause ignoble en procédant à une sélection des entrées sur sa « République autonome ». Samedi 25 mars dernier, le Parti national panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam n’a pas tenu son meeting à la gare routière de Kara Sud, comme prévu. Alors que toutes les dispositions étaient prises, les responsables du PNP ont été interpellés à la dernière minute par les autorités locales qui leur ont fait savoir que la rencontre ne pouvait plus se tenir.


Mais ce n’était que l’urine. Car, quelques minutes plus tard, une «odeur ethnique » nauséabonde embauma le lieu. Au moment où le leader du PNP voulait annoncer la mauvaise nouvelle à ses militants et sympathisants, la milice entra en scène et arracha les fils du groupe électrogène, empêchant ainsi Tikpi Atchadam de véhiculer son message.


De vives altercations eurent lieu entre les ressortissants Tem de Kara et les miliciens. Dans la foulée des échauffourées, la Gendarmerie emporta le groupe électrogène. Une attitude dénoncée par les militants du PNP qui ont vu en cette saisie, un parti pris des forces de l’ordre. Quelques minutes plus tard, le calme est revenu, le pire a été évité de justesse. Mais ces évènements rappellent les incidents intervenus dans le cadre des funérailles du père de l’ancien ministre Pascal Bodjona.

Ce dernier, depuis qu’il a tourné casaque à la suite de la nébuleuse affaire dite d’escroquerie internationale, est l’objet de cabales et d’intimidations. En se rendant dans son Kouméa natal, pour les commémorations des 6 ans de disparition de son père, son convoi a été bloqué pendant plusieurs heures le mercredi 22 mars 2017 par des agents des corps habillés. Il a fallu du tact pour que le cortège ne reprenne la route.

Kara, toujours Kara

Les manifestations de l’opposition interdites à Kara deviennent de plus en plus nombreuses. En 2012, le collectif « Sauvons le Togo » a été interdit de meeting par la milice qui considère que cette partie du Togo est sa propriété privée et qu’elle peut décider de qui peut entrer sur son sol. « Des miliciens très agressifs ont menacé de détruire nos voitures. Nous nous sommes retirés sur Sokodé (…).


Ils nous ont dit que c’est à Lomé qu’on peut faire cela », avait dénoncé à l’époque Me Raphael Kpandé Adzaré, membre du CST. Selon les membres du CST, les miliciens étaient lourdement armés et avaient tout fait pour interdire la manifestation bien que les formalités administratives aient été effectuées. L’un deux, selon les témoignages, avait déclaré qu’ils ne peuvent tolérer ces meetings politiques à Kara.

«Je ne veux voir personne ici. C’est à Lomé que vous pouvez vous livrer à ces genres de choses. On ne peut tolérer de casse à Kara », avait-il proféré. Après ces événements, le groupe a récidivé par les intimidations à l’endroit des partis de l’opposition qui n’ont pas abandonné et poursuivi avec témérité leur lutte. Ils tentent autant que faire se peut de sensibiliser à travers d’autres canaux ces populations à qui on refuse d’entendre un autre son que la propagande que le régime leur sert depuis bientôt cinquante ans.

Récemment lors des manifestations des étudiants à l’Université de Kara, les leaders ont été l’objet de toutes les formes d’intimidation. Ils s’étaient plaints pour leur vie. Comble de déni de liberté d’expression, l’ancien préfet du Golfe, Koffi Mélébou avait déclaré que ce sont les étudiants ressortissants du Sud qui seraient la cause de ces mouvements d’humeur. En toile de fond, le préfet fait croire que Kara est docile voire soumise et que tout vent de contestation ne viendront que d’ailleurs.


Ce qui justifierait les manœuvres de la milice à étouffer toute initiative qui éveillerait les populations de cette ville. A travers ces agissements des miliciens, le double jeu des autorités locales et les propos du préfet, Kara est une ville qui se singularise par rapport aux autres villes du Togo.

La milice à l’œuvre à Kara s’agite comme si cette partie du Togo est une zone de non droit. Mieux, certains ont des passe-droits, d’autres non. En effet, un libre cours est donné aux meetings du parti RPT/UNIR et de ses députés.

Les autorités locales ne trouvent rien à redire quand il s’agit des manifestations du pouvoir. Mais dès qu’il s’agit de celles de l’opposition, les manœuvres sont orchestrées pour faire échouer la sensibilisation des opposants afin que leurs messages ne passent pas. Si les représentants font semblant parfois d’autoriser les rassemblements politiques de l’opposition, c’est la milice adoubée certainement par un appui, qui intimide et profère des menaces à l’endroit des manifestants.

Au nord du Togo, la milice se permet d’édicter sa loi (qui est celle d’interdire les manifestations politiques des opposants) au mépris des lois de la Constitution. Elle semble avoir l’onction du pouvoir en place qui ne trouve curieusement rien à dire pour mettre frein à ces dérives. Malheureusement, ce silence ne fait que conforter «Kozah Nostra» qui glisse dangereusement sur le terrain ethnique. A quand la volonté de mettre fin à cette horde qui affecte la cohésion nationale?
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