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Quand l’humanité hypothèque les ressources des générations futures

Publié le mardi 30 juillet 2019  |  DW AFRIQUE
Centre-ville
© aLome.com par Edem Gadegbeku & Jacques Tchakou
Centre-ville commercial de la capitale togolaise
Lomé, le 19 juin 2019. Centre-ville commercial de la capitale togolaise vu depuis le siège de la BIDC.
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Le 29 juillet est en 2019 le "Jour du dépassement": nous avons déjà utilisé toutes les ressources disponibles cette année sur Terre.


"Erdüberlastungstag"… un mot allemand de 18 lettres qui a de quoi effrayer les francophones. Et cette fois, il y a vraiment de quoi avoir peur puisque ce terme désigne ce qu’en français on appelle le "Jour du dépassement".

C’est-à-dire le jour à partir duquel les ressources naturelles qui peuvent se régénérer dans l’année sont épuisées et où donc l’humanité souscrit "un crédit" auprès de la planète jusqu’en janvier prochain.

En 1971, le premier "Jour du dépassement" mondial n’est survenu que fin décembre. En 1980, le 4 novembre. En 2010, le 7 août. Et cette année, donc, dès le 29 juillet.



Vivre sans penser au lendemain?


Ce "Jour du dépassement" survient de plus en plus tôt, parce que les humains ne voient pas leur consommation de ressources naturelles à la baisse – au contraire.

Désormais, les humains exploitent ces ressources 1,75 fois plus vite que les écosystèmes ne mettent de temps à se régénérer.

Si tout le monde vivait comme les Américains, les Coréens du Sud ou les Européens, il faudrait plusieurs planètes pour subvenir aux besoins de l’humanité.

Le jour du dépassement de l’Union Européenne est d’ailleurs survenu dès le 10 mai cette année.

L’Allemagne figure dans le premier quart des pays les plus gourmands en ressources naturelles au monde. Pour dresser ce constat, le Global Footprint Network compile des données des Nations Unies.


Le mode de calcul

Il mesure les surfaces de terres et en mer utilisées pour l’exploitation des ressources (comme l’agriculture, la pêche, la production d’aliments ou de bois, mais aussi les constructions de routes ou de bâtiments). Et ensuite la surface qui serait nécessaire pour absorber tous les gaz à effet de serre (principalement le CO2) émis par ces activités humaines.

Le rapport entre les deux permet de fixer la date, dans l’année, où l’empreinte écologique des humains dépasse les capacités de la Terre (biocapacité).


Un symbole pour l'avenir

Cet indicateur est symbolique. Il représente les "emprunts" faits aujourd’hui aux générations futures pour satisfaire les appétits de croissance d’un mode de vie basé sur le "tout, tout de suite" mais qui accélèrent les changements climatiques de demain.

Les défenseurs de l’environnement rappellent qu’il faut agir maintenant, tant que la tendance est réversible. Parmi eux : le réseau INKOTA qui regroupe plusieurs organisations humanitaires et qui travaille, en Allemagne, avec le Global Footprint Network.

Lena Michelsen est en charge, chez INKOTA, de l'agriculture et de la sécurité alimentaire, souligne que "les conséquences de notre surconsommation de ressources, on les voit le mieux en Afrique, avec le changement climatique et les phénomènes météorologiques extrêmes. En début d’année, il y a eu par exemple le cyclone Idaï au Mozambique, qui n’a pas simplement détruit les habitations, mais qui a aussi ruiné les récoltes et donc tous les moyens de subsistance de la population."


Agir est encore possible


C’est pourquoi, à l’instar d’autres défenseurs de l’environnement, Lena Michelsen, du réseau INKOTA, préconise des mesures politiques fortes : "D’abord une loi pour protéger le climat, ensuite, on aurait besoin aussi d’une réforme fiscale sur le CO2, un renoncement total au charbon au plus tard d’ici 2030. Et puis, il faut aussi un changement radical dans l’industrie, l’agriculture et l’alimentation. Nous devons promouvoir bien plus les méthodes de culture sans pesticides, sans engrais chimiques, afin de sécuriser la fertilité des terres et la biodiversité sur le long terme."

Autres domaines dans lesquels on peut encore agir : la politique de transport, ou encore la lutte contre le gaspillage au niveau des services de l’Etat (par exemple dans les cantines scolaires), ou la suppression de la date de péremption sur certains produits.

Au quotidien, les consommateurs sont invités à limiter les trajets en avion ou le volume de leurs déchets domestiques. Le Global Footprint Network a lancé un hashtag #MoveTheDate destiné à promouvoir les bonnes idées pour réduire l’empreinte écologique de chacun et de tous.

En Afrique, la carte dédiée à ces initiatives montre par exemple une entreprise agricole dans le nord du Burkina Faso ou encore un projet au Ghana.

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