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Élection présidentielle au Togo : Faure Gnassingbé en route pour un 4e mandat?

Publié le mercredi 5 fevrier 2020  |  TV5
Faure
© aLome.com par Parfait
Faure Gnassingbé exerçant son droit de vote dans la capitale Togolaise
25 avril 2015. Lomé - Ecole primaire du CAMP GGE. Le Président sortant du Togo a voté très tôt en ce jour d`élection présidentielle, et attend sereinement le résultat des urnes.
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Une opposition divisée, voire irréconciliable. Une commission électorale et une Cour constitutionnelle acquises au pouvoir. Rien ne semble empêcher une réélection de Faure Gnassingbé pour un 4e mandat le 22 février prochain. Le président sortant aura face à lui six candidats pour ce scrutin qui se jouera à deux tours. La campagne électorale débute ce jeudi 6 février.
“En vertu de la loi, Gnassingbé Faure Essozimna ne peut plus être candidat à la présidentielle du 22 février 2020. S’il l’est, malgré tout, en violation de la Constitution, ce sera un coup de force, un véritable coup d’État institutionnel.” Jean-Pierre Fabre n’en démord pas : pour l’opposant togolais, la candidature du président sortant, Faure Gnassingbé, est une incongruité. Il a d’ailleurs déposé deux recours en ce sens devant la Cour constitutionnelle. Le dernier date du 20 janvier 2020.

On peut néanmoins légitimement se demander pourquoi la Constitution togolaise aurait été modifiée en mai 2019 pour permettre à Faure Gnassingbé de se présenter à un 4e mandat, si ce n’est pour qu’il soit candidat. Et sans doute réélu.

Selon les journalistes Louis Keumayou et Jean-Paul Agboh Ahouélété, qui publient opportunément “Togo : une démocratie en construction” (Ed. Michel Lafon), la présidentielle du 22 février sera “un scrutin-référendum”, pour ou contre un 4e mandat de Faure Gnassingbé.


A 53 ans, c’est donc un président installé qui se présente à nouveau cette année. Faure Gnassingbé est au pouvoir depuis 2005, depuis qu’il succéda à son père en quelques heures grâce à un habile et spectaculaire tripatouillage constitutionnel. Gnassingbé Eyadéma avait déjà, préalablement, fait modifier la Constitution pour préparer le terrain à son jeune fils, surnommé “Bébé Gnass”, en abaissant l’âge minimum pour pouvoir se présenter.

Malgré un nouvel appel à l’union lancé le 20 janvier par l’ancien archevêque de Lomé, Mgr Kpodzro, ils seront six face au président sortant, "tellement remontés les uns contre les autres que, même dans le cas d’un second tour, je ne vois pas comment ils pourraient tomber d’accord", considère le journaliste Louis Keumayou.


"Judas"


Parmi eux, tout d’abord, Jean-Pierre Fabre. A la tête de l’ANC, l’Alliance nationale pour le changement, il brigue pour la 3e fois la magistrature suprême après être arrivé deuxième en 2010 et 2015. Dans un portrait publié en octobre 2019, l’hebdomadaire Jeune Afrique souligne l’”intransigeance” de cet homme de 67 ans face au pouvoir de Faure Gnassingbé, relatant sa rupture politique avec celui qui fut son mentor, l’opposant historique togolais, Gilchrist Olympio. Fabre lui reprocha son rapprochement avec le président il y a dix ans.

Depuis fin 2018 et le boycott des élections législatives par son parti, Jean-Pierre Fabre n’est plus, de fait, le chef de file de l’opposition togolaise.
Selon le politologue Comi Toulabor, Fabre est aujourd’hui "totalement hors-jeu". En cause, estime cet observateur averti de la politique togolaise, la décision du chef de l’ANC de ne pas s’inscrire dans la logique de candidature unique de l’opposition défendue par Mgr Philippe Fanoko Kpodzro. Le très influent archevêque émérite de Lomé, l’homme qui présida la Conférence nationale souveraine de 1991, et dirigea le Haut-commissariat de la République chargé de rédiger la Constitution de 1992.

D’emblée, l’ANC avait rejeté cette démarche d’union défendue par Mgr Kpodzro dans le but d’"avoir l’alternance et que le Togo entre vraiment dans la démocratie", ce qui a valu à Jean-Pierre Fabre d’être implicitement qualifié de "Judas" par l’ancien archevêque de Lomé.

Jean-Pierre Fabre "hors-jeu" ? Le journaliste Louis Keumayou, lui, va même plus loin : "sur le papier, l’opposition aurait pu profiter du rétablissement de la présidentielle à deux tours pour remporter le scrutin, estime-t-il, mais dans les faits, son incapacité à tomber d’accord sur un seul candidat anéantit toutes ses chances".

Le candidat "unique" issu de la dynamique Kpodzro est une personnalité bien connue de la scène politique togolaise, Agbeyomé Kodjo. A 65 ans, l’ancien Premier ministre a passé près de deux décennies au coeur du pouvoir de Eyadéma-père avant de tomber en disgrâce au début des années 2000. Un homme d’expérience qui a déjà participé à la présidentielle de 2010, terminant en 4e position, avec moins d’1% des voix.

Tchabouré Gogué n’en est pas non plus à sa première candidature. Il y a cinq ans, cet économiste septuagénaire était arrivé en 3e position loin derrière Faure Gnassingbé et Jean-Pierre Fabre. Il est lui aussi un ancien de la politique togolaise : au cours de la transition entre 1991 et 1993, il avait été ministre du plan.

Parmi les candidats de 2015 figurait également Mohamed Tchassona Traore. Arrivé en dernière position il y a cinq ans, il retente sa chance cette année. Les deux autres candidats se présentent, quant à eux, pour la première fois. Le professeur Komi Wolou, qui a lui aussi refusé de prendre part à l’initiative Kpodzro déclare "être candidat pour l’emporter, pas pour faire de la figuration". Assez lucide quant à ses faibles chances de l’emporter, le dernier candidat Georges William Kouessan estime qu’"à défaut de remporter le scrutin, une participation à la présidentielle permet à une formation comme la nôtre de renforcer sa présence sur le terrain".

Un boulevard pour Faure Gnassingbé ?


Faure Gnassingbé doit sa candidature à un 4e mandat à la modification constitutionelle de mai 2019. Le nouveau texte a réintroduit la limitation à deux mandats. Dans l’esprit du pouvoir togolais, cette refonte de la Constitution a "remis les compteurs à zéro". En théorie, le président peut ainsi espérer rester à son poste jusqu’en 2030...

Cette limitation du nombre de mandats était une revendication exprimée au cours de l’année 2017 à l’occasion d’un vaste mouvement de protestation emmené par un leader aujourd’hui exilé au Ghana, Tikpi Atchadam.


Malgré cette vague de contestation au milieu de son 3e mandat, tous les signaux semblent au vert pour Faure Gnassingbé.
Selon Louis Keumayou, le président sortant peut se targuer d’un bilan économique positif, "avec des résultats salués par les grandes institutions internationales. Il a hérité d’un pays qui sortait de quinze ans de mise au ban et dont l’économie était dans un état désastreux".

Le peuple togolais voit-il la couleur de ces résultats ? "Non, car c’est très macro-économique, explique Louis Keumayou. Cela ne se voit pas dans le panier de la ménagère, mais ce n’est pas spécifique au Togo. En Côte d’Ivoire, la lecture est à peu près la même !". Pour Louis Keumayou, Faure Gnassingbé peut aussi mettre en avant un bon bilan sécuritaire dans un Togo voisin, au nord, du Burkina Faso constamment frappé par le terrorisme djihadiste.


Mais selon le politologue Mohamed Madji Djabakaté, s’il faut s’attendre à une réélection de Faure Gnassingbé, ce n’est pas à son bilan qu’il la devra. Il y a d’abord l’éclatement de l’opposition qui n’a pas su préserver l’union née de la dynamique du C14, la coalition de quatorze partis née de la vague de contestation de 2017 et dont la seule émanation résiduelle reste la démarche de Mgr Kpodzro.

Plus problématique, selon Mohamed Madji Djabakaté, "au niveau de la Commission électorale, Faure Gnassingbé a pris les mesures pour pouvoir passer. Sur les 19 membres de la Céni, seuls deux sont issus de l’opposition C14. A un autre niveau, il y a les Commissions électorales locales dirigées par des magistrats réputés proches du pouvoir. Enfin, il y a la Cour constitutionnelle qui vient de subir une recomposition. Elle devrait compter neuf membres, mais ils ne sont que sept, car manquent les deux membres censés être choisis par un Sénat qui n’existe toujours pas. Quand vous regardez les sept membres, il ne s’agit que d’anciens. En résumé, les organes en charge du processus électoral sont tous tenus par le parti au pouvoir".







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