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Le moment est venu pour l’Afrique de numériser ses registres fonciers (Joan Kagwanja du Centre africain sur les politiques foncières)

Publié le vendredi 29 mai 2020  |  CEA
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© aLome.com par Edem Gadegbeku & Jacques Tchakou
Localité de Djagblé dont des terres sont sujettes à de multiples conflits fonciers ces derniers mois
Préfecture du Zio. Localité de Djagblé dont des terres sont sujettes à de multiples conflits fonciers ces derniers mois.
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Addis-Abeba, Éthiopie, le 28 mai 2020 (CEA) - La crise actuelle de coronavirus (COVID-19) a donné un nouvel élan à la nécessité pour les pays africains de créer des registres fonciers complets et à jour pour protéger les droits fonciers des citoyens ordinaires, en particulier dans les zones rurales, déclare ce jeudi, Joan Kagwanja, du Centre africain sur les politiques foncières.

S’exprimant lors d’un webinaire organisé par l’Institut d’études sur la pauvreté, la terre et l’agriculture (PLAAS) pour discuter des droits fonciers africains en temps de coronavirus, déclare Mme Kagwanja. Le COVID-19 a révélé la vulnérabilité de millions de ruraux à travers le continent, exprimant le besoin de plus de transparence et de responsabilité dans la gouvernance foncière à tous les niveaux.

«C’est l’occasion pour nous de faire ce que nous aurions dû faire il y a longtemps. Nous devons maintenant mettre en place des technologies afin d’accorder des droits fonciers aux personnes vulnérables en particulier. Le moment est venu», dit-elle, ajoutant que cela peut créer plus de transparence et aider à éliminer la corruption dans les systèmes de gouvernance foncière.

Mme Kagwanja indique que les droits fonciers deviennent de plus en plus précaires à mesure que de plus en plus de personnes s’installent dans les zones rurales alors que la crise sanitaire en cours continue de sévir, affectant les économies à travers le continent.

«Ce que nous notons, c’est que la prestation des droits fonciers n’est pas assurée pour le moment parce que nos institutions ne fonctionnent pas. La gouvernance foncière a été affectée en particulier pour nos personnes vulnérables dans les populations», informe-t-elle.

Les panélistes, dont Fatmata Fouard-Kanu de l’Organisation des droits fonciers de Namati en Sierra Leone ; Son Altesse Royale, Stephen Drani du Forum pour l’autorité traditionnelle africaine ; et Bernadus Swartbooi, Législateur namibien et Chef du Mouvement des sans terre, conviennent que la crise doit être mieux comprise si de grandes interventions doivent être élaborées pour garantir l’accès et les droits des personnes à la terre maintenant et au-delà de la pandémie.

Ils conviennent également que les femmes à travers le continent portent le poids du COVID-19 car elles ont été chassées des chaînes de valeur agricoles, ce qui a entraîné ainsi une réduction drastique des revenus et de la violence domestique à domicile.

«Au Kenya par exemple, la pandémie a révélé des inégalités entre les hommes et les femmes car les femmes ont été chassées des espaces qu’elles utilisent normalement pour gagner leur vie. Les femmes ont été complètement exclues des chaînes de valeur agricoles et les hommes ont été laissés aux commandes», déclare Bernadette Muyomi du Kenya.

Elle dit que le COVID-19 a vu davantage d’expropriations de terres dans les zones rurales du Kenya. «Cela se produit avec le soutien de l’État. Avec la pandémie de COVID-19, les riches s’accapareront probablement davantage de terres à mesure que les pauvres les abandonneront », indique Mme Muyomi.

M. Swartbooi déclare que le moment est venu pour les gouvernements africains de s’attaquer à tous les maux affectant la gouvernance foncière sur le continent et de prendre des mesures visant à renforcer les petits exploitants agricoles aux fins de stimuler les économies du continent en produisant suffisamment de nourriture pour l’Afrique.

Parmi les effets évidents de COVID-19 figurent l’arrêt des programmes de régimes fonciers, le soutien institutionnel aux droits fonciers et à la gestion des conflits, et le détournement des ressources de l’État et des donateurs vers des interventions d’urgence.

Les panélistes conviennent que cela souligne l’importance de la résilience et de la responsabilité des institutions locales - étatiques et traditionnelles - dans la gouvernance foncière.

La numérisation des registres fonciers, conviennent-ils, réduira le risque d’expropriation pour la plupart des habitants des zones rurales. Ils s’accordent également sur le devoir des gouvernements d’accélérer la régularisation du régime foncier coutumier pour garantir et protéger les droits fonciers des populations rurales.


À propos de PLAAS et NELGA

PLAAS est un noyau spécial du Réseau d’excellence sur la gouvernance foncière en Afrique (NELGA) et organise un cours de courte durée sur l’économie politique de la gouvernance foncière en Afrique. Ce cours est financé par le Centre africain sur les politiques foncières (ALPC) et le GIZ.

Le Réseau d’excellence sur la gouvernance foncière en Afrique (NELGA) est un programme du Centre africain sur les politiques foncières (ALPC), une initiative de l’Union africaine, de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique et de la Banque africaine de développement. Il s’agit d’un partenariat entre plus de 50 universités et institutions de recherche africaines de premier plan, visant à renforcer la formation et l’élaboration de programmes d’études sur la gouvernance foncière en Afrique.

Le Centre africain sur les politiques foncières est un programme conjoint du consortium tripartite composé de la Commission de l’Union africaine (CUA), de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA). Son objectif est de profiter de l’utilisation de la terre pour donner une impulsion au processus de développement de l’Afrique.
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