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Détention du prophète Esaïe : Le SCRIC viole la recommandation du Gouvernement

Publié le mardi 22 septembre 2020  |  Togo Scoop
Ouverture
© aLome.com par Edem Gadegbeku et Jacques Tchako
Ouverture de la dernière session de la législature en cours
Lomé, le 03 avril 2018. Assemblée Nationale. Ouverture de la dernière session de la législature en cours. Le ministre Pius Agbetomey de la Justice.
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DEKPO Kokou Romain dit le prophète Esaïe vient de boucler une semaine au Service central de recherches et d’investigations criminelle de la gendarmerie nationale (SCRIC).
Inviter un dimanche à se présenter le lendemain lundi 14 septembre 2020 dans les locaux du service de renseignements pour affaire le concernant, l’homme de Dieu s’y est effectivement rendu et depuis n’est plus retourné à la maison. Une invitation qui parait tout de même bizarre que surprenante si l’on s’en tient aux informations glanées ici et là. L’objet de l’invitation serait lié à la dernière présidentielle.


Ainsi donc, le service de renseignements togolais est devenu l’alpha et l’oméga où se joue la prolongation de la dernière présidentielle. Après avoir ouvert une information judiciaire sur l’aspect politique de ce scrutin qui a abouti à l’inculpation des responsables politiques de la Dynamique Mgr KPODZRO, le SCRIC se lance désormais sur le terrain spirituel.

Puisque celui qui est convoqué, le prophète Esaïe est, non seulement un « messager de Dieu» mais il lui est reproché d’avoir affirmé dans « une prophétie » que le vrai vainqueur de ce scrutin selon le «plan divin » est Agbéyomé KODJO, le candidat de la Dynamique Mgr KPODZRO, du nom de l’ancien archevêque émérite de Lomé, une autre sommité de l’église catholique qui soutient également ce candidat. Alors on se demande avec quel instrument le SCRIC mesurerait si ce que dit « l’homme de Dieu » vient réellement du Créateur.

Mais au-delà de tout, la détention il y a une semaine du prophète Esaïe au SCRIC viole les 13 mesures prises par le Gouvernement pour venir à bout des scènes de torture qui ont cours au sein du service de renseignements au Togo.
On se rappelle qu’en septembre 2011 lors du procès contre la sureté intérieure de l’Etat, les 32 inculpés dans le box des accusés dont le demi-frère du chef de l’Etat, Kpatcha GNASSINGBE, avaient fait état des actes de torture qu’ils avaient subi à l’ancien agence nationale de renseignement (ANR) pour leur soutirer des aveux.
Pour faire la lumière sur ses accusations, le gouvernement avait alors instruit la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) de diligenter une enquête. Le président de la CNDH à l’époque, Koffi KOUNTE, se retrouvera finalement à l’étranger après avoir admis que son rapport d’enquête a été tronqué.

Pour finalement calmer les victimes de cette affaire qui avait fait grand bruit à l’époque, le gouvernement a pris 13 mesures. Au nombre de celles-ci la réorganisation de l’ANR mais aussi l’interdiction faite à l’Agence de ne plus garder dans ses locaux des personnes appréhendées ni pour une détention provisoire, ni pour une garde-à-vue.

Mais ces dernières semaines, au mépris de cette décision, on assiste à des détentions au sein du SCRIC qui est l’émanation de la réorganisation de l’ANR.

Avant le prophète, toujours dans le cadre de ce scrutin, l’opposant Agbéyomé KODJO et une partie de sa famille avaient été détenus quelques jours au sein de ce service sis dans le quartier Cacavéli au Nord de Lomé. Des responsables de la société civile à l’instar du Front citoyen Togo debout (FCTD) y ont passé des jours pour une affaire banale. A leur sortie, ils ont fait état des scènes de torture qu’ils auraient subi.

On se rappelle qu’en mai 2013, alors qu’il était en détention préventive dans le cadre de l’affaire des incendies des grands marchés du Togo, Etienne YAKANOU, militant de l’Alliance nationale pour changement (ANC), a trouvé la mort dans des conditions jusqu’ici inextricables.

On ne serait pas surpris dans les prochains jours si le prophète Esaïe aussi fasse état d’avoir subi des actes de torture au sein du service dirigé par le sulfureux Lieutenant-colonel Massina Yotroféï.

Pourquoi alors le SCRIC maintient toujours des personnes en détention en son sein sachant pertinemment qu’il n’est pas habileté à le faire. Attend-il un autre drame avant de les envoyer aux centres de détention appropriés.

Pour le cas du Prophète, il a déjà dépassé le délai légal du garde-à-vue. Au Togo, ce délai est de 24h et peut toutefois aller jusqu’à 48 h lorsque la personne en garde-à-vue encourt une sanction pénale d’au moins 1 an de prison. En l’espèce, le Prophète est toujours maintenu au SCRIC et n’a jusque-là été présenté une seule fois au Procureur de la République. Quelle est alors cette procédure ? Et jusqu’où le SCRIC est prêt à aller dans cette affaire qui n’a pas de tête.

Une affaire électorale et encore moins une révélation « d’homme de Dieu » ne se traite pas à la justice. Il va falloir trouver un autre canal plus approprié pour vider ce contentieux électoral qui empoisonne la vie nationale depuis plusieurs mois.



Lire les 13 mesures prises par le Gouvernement dans le cadre des actes de tortures à l’ANR


1) La réorganisation de l’ANR, (Agence nationale de renseignements).

2) L’Agence ne peut plus garder dans ses locaux des personnes appréhendées ni pour une détention provisoire, ni pour une garde à vue. Cette prérogative est dévolue à la police judiciaire.

3) Le commandement militaire a été instruit pour des procédures disciplinaires immédiates contre les personnes mises en cause.

4) Organisation des ministères de la santé, de l’économie et des finances, au Garde des sceaux en collaboration avec des équipes de spécialistes pour examiner de façon urgente les personnes qui ont été indexées comme ayant fait l’objet de traitement inhumain, dégradant dans les locaux de l’ANR. Cette équipe fera des propositions idoines dans le cadre de la réparation des préjudices au cas échéant.

5) Intégration dans le code togolais des différentes conventions signées et ratifiées par le Togo en matière de traitement inhumain et dégradant.

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