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Covid-19 dans les pays du Sud: de nouveaux instruments financiers pourraient combler le déficit de 28 milliards de dollars (OMS)

Publié le mercredi 16 decembre 2020  |  UN NEWS
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© Autre presse par DR
Une visière contre la Covid-19 dans le monde
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Un haut responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé mardi que l’agence onusienne cherchait des moyens de combler un énorme déficit de financement du budget de 28 milliards de dollars dédié à son programme de lutte contre le coronavirus dans les pays en développement.


Le financement du Dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la Covid-19 (Accélérateur ACT) s’avérait être un «véritable défi», selon le Conseiller principal de l’OMS, Bruce Aylward, qui dirige ce programme.

«C’est un véritable défi dans l’environnement fiscal actuel, malgré le fait qu’il s’agit de la meilleure offre ou affaire en ville », a ajouté M. Aylward, relevant «cela sera rentabilisé en 36 heures une fois que nous reprendrons nos échanges et nos voyages».

Répondant aux questions des journalistes à Genève, M. Aylward a noté que les États membres soutenaient totalement l’objectif de l’Accélérateur ACT. Cependant, le problème est la complexité des instruments de financement actuels.

«Par exemple, l’aide au développement pour la santé s’élève à environ 26 milliards de dollars, alors que 28 milliards sont nécessaires pour mettre en place les outils de l’Accélérateur ACT », a-t-il fait valoir, rappelant que « les gens mourraient d’autres maladies - comme le paludisme - si l’aide à la santé était détournée (ou orientée uniquement) vers la lutte contre la Covid-19».

Le Canada a annoncé une aide de 485 millions de dollars canadiens

Le Mécanisme de l’Accélérateur ACT est le programme mis en place en avril dernier par l’OMS, qui mène la lutte contre Covid-19. Il vise à fournir des vaccins, des tests et des traitements aux pays en développement et s’assurer ainsi que ceux-ci sont équitablement accessibles dans le monde.

Reposant sur trois piliers (diagnostic, traitement et vaccin), les trois objectifs de l’Accélérateur ACT sont de mettre à disposition 2 milliards de doses de vaccin d’ici la fin 2021, un demi-milliard de nouveaux diagnostics rapides pour les pays en développement et 250 millions de tests thérapeutiques. Sur les 28 milliards de dollars, 5 milliards de dollars à eux seuls sont nécessaires pour atteindre l’objectif de fournir deux milliards de doses de vaccin.

Cette mise au point du Dr Aylward intervient au lendemain de l’annonce de financement faite hier lundi par le Canada. Ottawa entend allouer une aide de 485 millions de dollars canadiens pour aider les pays en développement dans leur lutte contre la Covid-19.

De cette somme, 230 millions de dollars iront au Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) pour l’achat d’environ 3 millions de traitements à base de nouveaux anticorps thérapeutiques, dès que les essais cliniques seront terminés et les homologations reçues.

Le Canada va également investir 255 millions de dollars supplémentaires en soutien au mécanisme mis en place par l’OMS pour la distribution de vaccins et de produits thérapeutiques, notamment en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Le financement ne doit pas être un obstacle à l’accès aux vaccins

Pour le Dr Aylward, ce financement de l’Accélérateur ACT couvrirait non seulement les vaccins ou les diagnostics mais aussi les traitements. «Ce qui est important car les traitements sont la partie de l’accélérateur où nous avons le plus grand risque d’avoir une inégalité d’accès majeure entre les pays à haut et bas revenus», a-t-il fait remarquer.
La préoccupation de l’agence onusienne, c’est de voir tous ces outils aller qu’aux « pays à haut revenu».

A ce sujet, il a rappelé que les pays du G20 ont dépensé 12.000 milliards de dollars, dont la moitié en espèces, pour lutter contre la pandémie. Une partie de ces fonds de relance devra être consacrée à s’attaquer aux causes profondes de la pandémie et à relancer l’économie.

Pour l’OMS, une accélération des transferts de technologie est également nécessaire, ainsi qu’une meilleure coordination. Cependant, «le financement est ce qui nous empêche de sortir de cette pandémie». «Le financement ne doit pas être un obstacle à l’accès», a conclu le Dr Aylward.
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