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Dossier Col Madjoulba : «Il est mort assassiné, OK (…) mais pourquoi ils ne veulent pas rendre le corps?», peste Me Mawaba Songue Balouki

Publié le jeudi 17 decembre 2020  |  Le Tabloid
L’officier,
© Autre presse par DR
L’officier, le Lieutenant-colonel, Toussaint Bitala Madjoulba (ex patron de la BIR 1-`Bataillon d’intervention rapide-).
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Dans une intervention dimanche dernier sur la radio de la diaspora Kanal K, la nième d’ailleurs sur cette affaire, Me Mawaba Songue-Balouki du trio d’avocats constitué par la famille, du moins par l’un des membres, est revenue sur les dernières actions menées dont une sommation interpellative et la mise en ligne d’une pétition pour la restitution du corps du Colonel Toussaint Bitala Madjoulba, retrouvé mort au petit matin du 4 mai 2020 dans son bureau au camp BIR et le résultat qu’elle en attend.

« Le 13 juillet, il y a eu une sortie sur RFI dans laquelle on nous disait qu’on n’avait pas remis le corps du Col Madjoulba parce qu’aucun membre de la famille ne l’avait réclamé. Au Togo, selon ce que je sais, les gens ont peur de faire des écrits pour réclamer quoi que ce soit. J’ai quand même eu des rumeurs selon lesquelles la famille aurait fait un écrit qu’un ministre aurait pris et qu’il n’a apparemment pas remis, vu que le corps n’a toujours pas été rendu. Du coup, on s’est dit que vu qu’ils ont dit sur RFI qu’ils n’ont pas rendu le corps parce que la famille n’a pas réclamé et que nous avons le mandat – on a constitué un collectif, on est trois (03) avocats, Me Alexis Ihou, avocat au Barreau de Lille, Me Raphaël Kpande-Adzare, avocat au Barreau du Togo et moi-même (…) -, nous nous sommes dit qu’on va le faire officiellement parce qu’on a le mandat du petit frère du Colonel.

Pour pouvoir faire tout ce qu’on peut pour que justice soit rendue au Colonel Madjoulba, j’ai voulu avoir un huissier à Lomé pour faire une sommation interpellative, je n’en ai pas eu. J’ai lancé un appel sur les réseaux sociaux pour pouvoir avoir un huissier, on n’a pas pu. Du coup on s’est dit voilà, vu que le Togo a une représentation en France, on va adresser la sommation à la représentation togolaise en France ; au moins l’huissier français ne va pas avoir peur ici », a déclaré Me Mawama Songue Balouki au sujet du fondement de ces actes et leur visée, au micro du confrère Sylvain Amos.

L’avocate s’est également prononcée sur la sensibilité de l’affaire : «Un Colonel de l’armée est mort dans un camp militaire, une nuit, en temps de couvre-feu et plus de sept mois après, le corps n’est toujours pas rendu, forcément c’est une affaire délicate, ça doit révéler plein d’intérêts qu’on ne connaît pas, et surtout qu’on nous dit qu’on ne sait pas qui l’a tué (…) Les gens qui connaissent un peu les camps militaires à Lomé, ils savent bien que même la journée, on n’y rentre pas comme on veut, à plus forte raison la nuit. Et quand on tue quelqu’un dans son bureau, c’est forcément délicat pour plein de raisons. Et en plus, vu la peur que ça a généré dans l’opinion nationale, dans la diaspora et surtout au niveau de l’armée togolaise…

Comment peut-on comprendre qu’on tue un chef corps et que ses éléments ne bougent pas ? Quand même ! Je ne sais pas combien de militaires il y a au Togo, mais le Colonel a fait plusieurs camps, Landja, Témédja, BIR, il a formé des élèves officiers (…), des gens qui doivent être au moins commandants aujourd’hui et personne ne bronche. Moi de tout temps, je me dis que l’armée, c’est quand même un corps d’honneur. Que les choses se passent comme ça et que personne ne bronche, ça me parait bizarre ».

De la pétition mise en ligne, elle attend « qu’elle soit signée par le maximum de gens possibles pour (…) faire pression », malgré que « les protestations des populations Nawda et les pressions de la société civile nationale et internationale sont restées sans effets jusqu’ici ». « La pétition, c’est à adresser à Emmanuel Macron aussi parce que le pouvoir togolais, quoi qu’on dise, est soutenu aussi par des puissances occidentales. Donc j’attends qu’on fasse pression sur l’autorité togolaise pour que le corps soit rendu pour qu’on puisse l’enterrer, parce que ça fait sept (07) mois (…)

J’aimerais avoir le maximum de signatures. Déjà quand on a fait la sommation par voie diplomatique, ça a fait un peu bouger les choses. Parce que la sommation par voie diplomatique, c’est un huissier en France qui l’apporte au tribunal qui l’envoie aux Affaires étrangères et les Affaires étrangères l’envoient au Consulat ; du coup, c’est passé par plusieurs stades, ce qui fait que ça a fait un peu bouger les lignes. Maintenant j’attends aussi que cette pétition fasse bouger les lignes pour qu’on puisse récupérer le corps et enterrer le Colonel Madjoulba ; c’est ça la priorité actuellement », dit-elle, non sans peines par rapport à la rétention du corps et donc l’empêchement du deuil.

«Peut-être qu’il y a des choses que j’ignore, mais dans les pays que je connais, on ne garde pas un corps à la morgue pendant sept mois, c’est trop long. A côté de la justice, il y a aussi le fait qu’on doit un respect au corps. Il est mort assassiné, OK, ils font leurs enquêtes, OK, mais pourquoi ils ne veulent pas rendre le corps ? Je ne vois pas pourquoi ils gardent le corps. Ca sert à quoi de garder le corps-là ? Ca fait sept mois, je ne comprends pas ! (…) On ne peut pas faire le deuil tant qu’il n’est pas enterré. Donc là ils prennent tout une partie de la population en otage en gardant le corps à la morgue », a pesté Me Mawaba Songue Balouki.

C’était une fois de plus l’occasion pour l’avocate de revenir sur le mutisme, l’inaction et l’impuissance devant cette affaire du frère du défunt, l’ambassadeur du Togo en France et dans plusieurs autres pays européens Calixte Batossie Madjoulba. « Non ! Monsieur Batossie Calixte Madjoulba ne nous a jamais mandatés. D’ailleurs la sommation lui a été adressée (…) Calixte ne répond à rien, je n’ai pas tenté de le contacter. Directement, non, je ne l’ai pas fait, parce que Monsieur Madjoulba en tant qu’ambassadeur du Togo sait très bien qu’il peut me contacter s’il veut. Il y a plusieurs membres de sa famille qui ont mon numéro de téléphone. Lui, je ne sais pas s’il l’a toujours parce qu’entre-temps j’ai changé de numéro ; mais bon, il avait mon numéro de téléphone dans le temps, on se connait », a répondu le conseil, et de le comprendre :

«Je l’avais dit dans un entretien à Lynxtogo, j’avais dit que le pouvoir a le genou sur son cou, il n’est pas libre de ses agissements, il ne peut pas faire comme il veut. Et puis la peur que cet assassinat a déclenchée au sein de toute la population togolaise est énorme. Il ne peut pas, il a les mains liées, il est ambassadeur du Togo en France et dans plusieurs pays. Il y a donc plusieurs choses qui font qu’il ne bouge pas. Il y a peut-être le côté diplomatique, il est militaire aussi et peut-être qu’il a des ordres, il est colonel de l’armée (…) Il y a un assemblage de choses qui fait qu’il ne bouge pas ».



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