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Traitement de l’hypertension artérielle : se défaire de la conception liée au changement de médicament

Publié le mercredi 19 juillet 2023  |  Agence de Presse Togolaise
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© aLome.com par Edem GADEGBEKU & J. TCHAKOU
Démarrage de la 2e édition des Universités du 3è âge organisées par l’INAM
Lomé, le 17 octobre 2018. Agora Senghor. Démarrage de la 2e édition des Universités du 3è âge organisées par l’INAM. L’acte II des Universités du 3è âge initiées par l’Institut National d`Assurance Maladie (INAM) en 2017 offre différentes opportunités aux seniors pour une vieillesse saine, épanouie et heureuse. Ils auront à leur service des médecins gériatres, généralistes et des réflexologues. Ils suivront et échangeront sur des thèmes relatifs à la santé, à l’alimentation et à l’hygiène de vie tels la prévention et le traitement des maladies récurrentes chez les personnes âgées (hypertension artérielle, arthrose, diabète, glaucome, parkinson et autres). L’engouement est palpable depuis la cérémonie d’ouverture officielle.
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Le traitement de l’Hypertension artérielle (HTA) par la prise des médicaments sème souvent la confusion chez les malades lorsqu’on vient de leur changer de médicament. « Les médicaments nouveaux et récents ne me conviennent pas, c’est mieux de garder l’ancien médicament », disent-ils souvent. Cette assertion est-elle vérifiée ? Dr Atta Borgatia, Médecin-Cardiologue au Centre Hospitalier Régional (CHR) de Sokodé aujourd’hui directeur de l’Ecole nationale des aides sanitaires de Sokodé (ENASS) revient sur la problématique pour édifier la population. A cet effet, il explique les origines de cette confusion et donne des conseils aux hypertendus pour dissiper la peur liée au changement de médicament.
Qu’est-ce que l’hypertension artérielle ?


Dr Atta en pleine consultation
On parle de l’hypertension artérielle quand la pression du sang (force de circulation) dans les artères est trop élevée sur une période plus ou moins longue. Les deux valeurs de la pression artérielle sont habituellement comprises entre 10 et 14 centimètres de mercure (cm Hg) pour la pression maximale, entre 6 et 9 cm Hg pour la pression minimale. Ainsi, une tension artérielle chez l’adulte de plus de 18 ans, qui est inférieure à 14/9 cm Hg est considérée comme normale. L’hypertension artérielle est l’un des principaux facteurs de risque ou cause des maladies du cœur et des vaisseaux (cardiovasculaires), de l’insuffisance rénale, et des Accidents vasculaires cérébraux (AVC). Elle apparaît généralement avec l’âge, souvent accompagnée d’un excès de poids, de soucis permanents, d’une alimentation inadaptée (riche en sel, sucre, et graisse).

Les cinq classes de médicaments antihypertenseurs

Lorsque les mesures d’hygiène de vie et de diététique sont insuffisantes pour faire baisser la tension artérielle, un traitement médical est mis en place. Il peut faire appel à plusieurs familles de médicaments. Cinq classes d’antihypertenseurs sont privilégiées : les diurétiques (qui font uriner un peu plus que d’habitude en baissant la quantité de sel et donc la tension), les bêtabloquants, les inhibiteurs calciques, les Inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) et les antagonistes de l’angiotensine II. Ces médicaments ont montré leur efficacité pour prévenir les accidents cardiovasculaires chez les personnes hypertendues.

Réactions des hypertendus face au changement de médicament

M. Kabitè Iferwa, hypertendu depuis 5 ans raconte. « Lorsqu’on m’a dépisté, j’ai été soumis à l’Irbésartan. Ce produit m’a fait beaucoup de bien. Ma tension était redevenue normale. Mon malheur a commencé quand ce produit était en rupture. Le médecin-traitant m’a proposé de l’Amolodipine qui n’a rien donné. Quand j’ai insisté de me changer de médicament, il m’a proposé du Losartan 50 mg que je prends actuellement et qui marche bien avec moi ».

M.Abalo Dieudonné, lui n’a pas eu de problème avec le changement de médicament. « Je prenais Losartan 100 mg et du spironolactone 75 mg pour traiter l’hypertension. Entre temps le Losartan 100 mg a disparu des rayons des pharmacies. Après un bilan de santé, mon médecin-traitant m’a soumis à du Périndopril qui me convient aussi ».

Dr Atta relève une nuance dans cette assertion, qui est à la fois une impression et une idée reçue de la société « Les médicaments nouveaux et récents ne me conviennent pas, c’est mieux de garder l’ancien médicament ». Il souligne que la nouveauté, le changement, l’innovation font d’abord et presque toujours peur. Ensuite on s’en accommode, ou s’en habitue au point que, cela nous paraisse très naturel.

La peur de l’inconnu explique les réactions des patients

Comment sans avoir la patience avec un nouveau médicament, on se dit, dès l’entame du traitement que les nouveaux médicaments ne me conviendraient pas, s’interroge le Docteur. Pour lui, « c’est une réclame du confort des anciens médicaments souvent au prix de quelques effets secondaires, la peur de l’inconnu, le tout emballé dans un préjugé qui limite ou amenuise l’effet placebo du principe actif (la substance qui donne l’efficacité au médicament) ». Cet état d’esprit prédisposerait, dit-il, le patient à des effets indésirables, et donc réduirait les possibilités d’action du soignant. On se retrouve donc face à un arsenal thérapeutique déjà réduit, l’inertie thérapeutique et la peur de modifier le traitement imposé dans ce cas précis par le frein psychologique du patient.

Lorsque notre zone de confort nous procure un semblant de sécurité (HTA stabilisée, effets secondaires des anciens médicaments bien connus, effets indésirables ressentis et vécus comme gérables, etc.), on ne veut en aucune manière qu’un changement, une provocation, une optimisation, viennent nous perturber ou nous ébranler, a expliqué le cardiologue.

Une information efficiente pour dissiper la peur de l’inconnu

Une communication en matière de santé, une information efficiente et efficace tant à l’endroit des soignants que des soignés sont indispensables afin de contribuer à dissiper la peur de l’inconnu pour un changement ou une évolution dans le traitement. Sortir de la zone de confort à laquelle nous sommes déjà habitués depuis des années est chose ardue pour nous tous, relève le Docteur. Selon lui, une sagesse Nawda (Doufelgou), nous éclaire en un mot « Abago/Abadjo », ce qui signifie simplement qu’il faille vivre l’expérience, être en pleine compassion voire communion pour comprendre soit une situation nouvelle, ou extérieure physiquement à nous (point de vue de l’autre, souci du voisin, etc.). Cette sagesse en elle-même, met fin aux idées reçues, aux préjugés et aux fausses croyances, voire les verdicts préétablis.

Des médicaments contre l’HTA source d’impuissance, un alibi

Des malades racontent souvent « De toute façon, les médicaments contre l’hypertension artérielle donnent l’impuissance, moi je dois rester un vrai homme, je vais commencer le traitement après ! ». Pour Dr Atta, la peur de l’impuissance sexuelle (dysfonction sexuelle) remplit l’esprit de bien de jeunes avec d’autres prétextes liés aux médicaments notamment la peur des complications dont la mort, de la crainte d’entamer ‘’tôt’’ un traitement au long cours.

« Lorsque nous sommes honnêtes envers nous-mêmes, nous réalisons que ne pas prendre le traitement à temps, c’est sacrifier toute sa vie (garantie par une prévention) au détriment du plaisir ponctuel », a prévenu le cardiologue. Il précise toutefois que l’hypertension artérielle finit par entrainer l’impuissance sexuelle lorsqu’elle n’est pas équilibrée sur le long terme. L’idée reçue, dit-il, devient un parfait alibi, qui nous cache l’ignorance profonde de la réalité qui peut être mise à nue déjà par une simple logique.

D’après Dr Atta, l’alibi peut cacher encore une autre réalité, celle de la peur de l’inconnu : « Nous ne connaissons pas souvent le médicament que le spécialiste nous propose, alors la crainte de cet inconnu nous fait réfléchir dans tous les sens, avec tellement de suppositions, de lien avec les « on dit », car le confort de la satisfaction immédiate et habituelle, sera ébranlé et on ne sait pas encore s’il est possible de retrouver les mêmes sensations, le même confort avec un traitement qui se veut pour la vie. Si nous avons l’assurance de sentir aussi bien avec le nouveau médicament, nous ne plaindrions pas, or cette assurance n’est pas du ressort du médecin, et personne ne peut savoir cela sans avoir essayé !).

L’activité physique, un des remèdes miracles

La prise en main de sa vie commence lorsqu’on a le courage de poser les bonnes questions et l’honnêteté d’y répondre franchement. Il serait plus simple pour les sujets jeunes et adultes hypertendus d’affronter la réalité de leur HTA, de prendre correctement leur médicament en faisant de l’activité physique régulièrement afin d’augmenter leur capacité à prévenir les complications de l’HTA.
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