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Journée internationale des droits de la femme : regard des femmes sur sa célébration

Publié le samedi 9 mars 2024  |  Agence de Presse Togolaise
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© Autre presse par DR
Journée internationale des droits de la femme
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Instituée par l’Organisation des Nations Unies (ONU) depuis 1977, la journée internationale de la femme reste une date repère dans la lutte pour les droits des femmes dans le monde. Elle est un rendez-vous annuel important pour les femmes de s’interroger sur leurs conditions de vie et de travail, dans un monde de plus en plus caractérisé par la problématique de l’égalité des sexes. Seulement, la célébration du 8 mars aujourd’hui tend à dévier la journée de ses objectifs en Afrique de l’Ouest, et particulièrement au Togo. Cette déviance soulève beaucoup d’interrogations sur l’atteinte de l’objectif de départ.

Les femmes devraient continuer par observer la journée Internationale de la femme en ayant toujours à l’esprit les motifs de son institution : combattre, dénoncer les injustices et les violences dont elles sont victimes. Malheureusement, il est un constat ces dernières années, sa commémoration au Togo se déroule dans un élan festif, reléguant au second plan sa vision. Aujourd’hui, le 8 mars est beaucoup plus considérée comme une fête qui emballe toute la gent féminine sans distinction d’âge ou de statut : femmes mariées ou non, élèves, artisans, fonctionnaires, paysans etc. Cette conception erronée de la journée amène les femmes à la dérive d’où la nécessité de mener une réflexion sur les droits et conditions de vie des femmes afin de recentrer le débat.

Une telle perception dévalorise la lutte pour les droits des femmes selon les avis de certaines. Madame Passah Rose, coiffeuse et ancienne présidente de la chambre préfectorale des métiers de Avé, déplore : « c’est dommage que le 8 mars soit devenu une occasion de concurrence de pagne, de mode d’habillement et de partage de plats copieux dans des lieux dits de surprise partie ou à la plage si c’est à Lomé (…) Elles y dansent, boivent et se saoulent pour rentrer tard à la maison ». C’est aussi l’occasion pour certaines « femmes financièrement autonomes de manquer de respect à leur mari », renchérit dame Ahiagbéde Kossiwa Estelle, commerçante à Assahoun.

La célébration de la journée ne doit pas être une occasion pour les femmes de manquer à leurs responsabilités surtout à leurs rôles de femmes. Mme Ahiagbéde Kossiwa soutient que « les femmes, surtout celles mariées doivent toujours assumer leurs responsabilités de femmes aux foyers et vis-à-vis de leur mari quelque soit leur statut social ou leur fortune (…) Même si les hommes ne s’affichent pas au premier plan dans les célébrations du 8 mars, ils l’ont toujours été de loin : achat de pagne, argent pour la coiffure, amener sa femme, ses filles voire sa copine au restaurant ».

La journée de 8 mars est certes dédiée aux femmes mais les hommes ne sont pas écartés ni oubliés. Leurs conseils, appuis et accompagnements sont des atouts pour le progrès des femmes. Très reconnaissant du rôle et de de l’importance des hommes aux côtés des femmes, la dame Passah Rose témoigne que « c’est grâce aux conseils et encouragements qu’elle fut élue présidente de la chambre préfectorale des métiers de l’Avé et a pu occuper plusieurs postes de décisions au sein de sa communauté ».

Une autre dérive émanant de cette célébration est que des jeunes voire de petites filles sans comprendre le sens de la journée, se livrent à la dépravation des mœurs. Ce qui amène plus d’un aujourd’hui à se poser des questions sur la manière de célébrer la fête du 8mars : quels impacts de cette célébration sur les foyers ? Quel sens les couples accordent à cette célébration ? Quelle implication de l’homme dans la célébration du 8mars ? Quelle harmonie dans les couples ?

Les femmes doivent de revoir véritablement la façon de célébration leur journée internationale. Occasion pour elles d’en faire une tribune de prise en compte effective des questions du genre plutôt que de la transformer en un moment festif pour manger, boire et danser en reléguant les doléances au second plan dans leurs actions de quête pour la parité et l’égalité.
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