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    Politique

    TOGO: Faure Gnassingbé laisse (encore) les Togolais sur leur soif et se projette sur l’après-2015
    Publié le mardi 29 avril 2014  |  togosite.com


    © aLome.com
    SEM Faure GNASSINGBE, President de la Republique


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     Dans le dossier

    Comme de tradition depuis
    plusieurs années, Faure Gnassingbé a encore parlé à ses concitoyens ce
    samedi 26 avril 2014, soit la veille du 54e anniversaire de
    l’indépendance du Togo. Mais le locuteur du jour, attendu sur des
    questions par les populations, a fait du Faure Gnassingbé, snobant ou
    survolant les plus sérieuses. Bien plus, il s’est simplement projeté sur
    l’avenir à propos duquel il faudra donc compter avec lui. Petite vue
    synoptique de l’allocution.
    Sylvanus Olympio pas cité une seule fois, des hommages aux corps habillés
    L’événement célébré ce dimanche 27 avril 2014, c’est le 54e
    anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté
    internationale. C’est un groupe d’hommes et femmes qui ont arraché au
    colonisateur cette indépendance, et à leur tête, il y avait un certain
    Sylvanus Olympio. La célébration de l’indépendance devrait donc offrir
    l’occasion de lui rendre les hommages mérités. Comme sous d’autres cieux
    où ils sont vénérés même dans l’outre-tombe. Cette journée devrait être
    la sienne, et une place de choix devrait lui être donnée dans
    l’allocution par Faure Gnassingbé. Mais le locuteur du 26 avril l’a
    royalement oublié dans son discours. Pas une seule fois, il n’a prononcé
    son nom. « Qu’il me soit ainsi permis de rappeler avec
    solennité, notre dette de reconnaissance à l’égard de tous ceux qui, par
    leurs sacrifices, ont forgé notre identité nationale et contribué à
    asseoir notre indépendance », s’est-il contenté de dire. Et c’est tout.
    En lieu et place des vaillants
    combattants de la liberté arrachée le 27 avril 1960, Faure Gnassingbé
    s’est plutôt employé à louanger les corps habillés, pour les pseudos
    missions remplies à travers le monde, « célébrer la vaillance de nos Forces de défense et de sécurité » à qui il a tenu à « rendre
    un hommage particulier (…) pour leur sens du sacrifice et leur
    engagement au service des idéaux de paix, de sécurité et de prospérité
    que notre nation chérit au plus profond d’elle-même ». Et d’annoncer une refondation qui débouchera sur une « réorganisation complète de nos Forces de défense et de sécurité »,
    au nom de la lutte contre le terrorisme et la piraterie maritime (ou
    plutôt de la conservation du pouvoir ?). Parallèlement, nombre
    d’officiers des forces de défense et de sécurité ont été décorés. Une
    façon, pour les observateurs avisés, de les motiver à l’accompagner dans
    sa voie suicidaire de 2015.
    Faure Gnassingbé pense avenir, annonce de construction des logements sociaux …
    A moins d’un an de la fin de son second
    et dernier mandat légitime au pouvoir, Faure Gnassingbé continue d’avoir
    une vision (sic) pour le Togo. « Je veux, avec vous, faire du Togo un pays prospère… », a-t-il déclamé. Il se définit une feuille de route en trois axes.
    Pour consolider les bases de l’économie togolaise, il compte d’abord « poursuivre les investissements dans les infrastructures, tout en accompagnant activement la mutation du secteur agricole ». « La
    modernisation de l’agriculture balisera la voie pour l’essor des
    industries de transformation et la multiplication des PME-PMI. Le défi à
    relever dans ce domaine, consiste à favoriser la création de véritables
    filières de transformation, allant jusqu’aux produits finis. Cette
    première étape de la feuille de route vers la prospérité positionnera le
    Togo comme une force d’exportation dans la sous-région et bien au-delà.
    Bien entendu, la structuration des filières existantes notamment, le
    secteur agricole, artisanal et industriel et leur réorientation vers
    l’exportation des produits finis et semi-finis, aura le triple avantage
    d’accroître la création d’emplois, de redonner confiance à la jeunesse
    togolaise et de tirer les revenus vers le haut », a-t-il chanté. Il va ensuite s’agir « d’accélérer
    la marche vers nos objectifs, en concentrant nos efforts sur les
    activités de services, en mettant un accent tout particulier sur la
    logistique. Fort de sa longue tradition des échanges commerciaux, le
    Togo aura ainsi toutes les cartes en main pour se positionner comme le
    hub d’affaires par excellence, d’une sous-région en pleine croissance». Enfin, dans la troisième phase de cette feuille de route vers la prospérité, Faure Gnassingbé voit le Togo « s’affirmer dans la construction d’un label de qualité et d’un pôle de compétitivité ». Des mots de plus, dites-vous ?
    Dans cette dynamique d’un Togo meilleur
    où il ferait bon vivre, le locuteur du jour annonce la construction de
    logements sociaux. «(…) Le Gouvernement a décidé de faire de la
    construction des logements sociaux un des axes prioritaires de son
    action. Des études ont déjà été réalisées et le Gouvernement planifie
    d’ores et déjà la construction de nombreux logements sociaux à partir de
    2015. Un site a déjà été identifié pour la construction de 1000
    logements, dans le cadre d’un projet pilote qui va démarrer avant la fin
    de l’année 2014 », informe-t-il. Mais il faut rappeler que c’est un
    vieux projet annoncé depuis des années par Faure Gnassingbé qu’il
    ressuscite au crépuscule de sa présidence.
    Même en se projetant sur l’avenir,
    Faure Gnassingbé pense au présent, à la satisfaction des besoins sociaux
    des populations. Mais il se trouve d’ores et déjà des excuses : « le phénomène de la vie chère [qui] n’épargne aucun pays ».
    Les trophées de chasse de l’heure
    Office togolais des recettes (Otr).
    Fonds national de la finance inclusive (Fnfi). Ces deux initiatives
    étaient brandies comme les remparts contre la mauvaise gouvernance et la
    pauvreté. Et elles n’ont pas été occultées dans le discours. C’est
    d’ailleurs le contraire qui aurait étonné.
    « Le Fonds national de
    la finance inclusive prend en compte la situation préoccupante de ces
    nombreux concitoyens qui ont du mal à accéder aux services financiers de
    base (…) Pour le compte de l’année 2014, ce programme (Programme
    d’appui à l’accès des pauvres aux services, Ndlr ) qui est le tout
    premier produit du Fonds national de la finance inclusive, permettra à
    300 000 personnes vivant dans la précarité, d’accéder au microcrédit, à
    la petite épargne et à la micro assurance », a dégoté Faure Gnassingbé, avant de faire le lien avec l’Otr : « …Notre
    marche vers une modernité pleinement assumée devra suivre la cadence de
    la bonne gouvernance économique et financière. L’aboutissement du
    processus de mise en place de l’Office togolais des recettes devrait
    être accueilli comme un des signes tangibles de l’évolution de la
    société togolaise. L’OTR est en effet, la dernière illustration en date,
    des avancées que nous réalisons en matière de bonne gouvernance ».
    Et sur cette affaire d’Otr qui sème la psychose au sein du personnel des Douanes et des Impôts, il a tenu à les rassurer. « Ils
    ne seront pas sacrifiés sur l’autel de la réforme. Les agents des
    douanes et des impôts ne sont aucunement visés par les mutations que
    nous devons opérer dans nos régies financières pour améliorer la
    mobilisation des recettes de l’Etat. Bien au contraire, il est important
    que les conditions de travail soient préservées et la sécurité de
    l’emploi garantie autant que possible », a-t-il dit à leur endroit, et de les appeler à contribuer à la réussite du processus.
    Réformes constitutionnelles et institutionnelles
    C’est une question de grande
    préoccupation, et le débat s’est ouvert depuis quelque temps. Faure
    Gnassingbé a déjà exprimé sa position. Pour lui, tout doit se faire à
    l’Assemblée nationale. En face, l’opposition lui a fait comprendre la
    nécessité de respecter l’esprit de l’Accord politique global (Apg) qui
    recommande le consensus comme démarche. Depuis les échanges à la
    Primature entre le Premier ministre et certaines formations politiques,
    c’est l’impasse. Et le commun des observateurs devrait s’attendre, si
    cette problématique devrait être évoquée dans son allocution, que Faure
    Gnassingbé fasse évoluer le débat. Mais il n’a fait que de l’esprit,
    jouant à l’homme qui veut le plus du bien pour le peuple togolais.
    « (…) Le débat doit être utile et
    fécond. Il doit faire avancer la communauté de destin que nous nous
    efforçons de construire ensemble. Dans cet effort qui nous mobilise
    depuis plusieurs décennies, notre force ne peut résider que dans notre
    aptitude à savoir ce que nous voulons pour nous-mêmes et pour notre
    pays. C’est pourquoi, face aux enjeux majeurs liés au reliquat des
    réformes politiques en cours, je voudrais inviter toute la classe
    politique à dépasser les calculs partisans et les préoccupations
    électoralistes immédiates. Je voudrais inviter chacune et chacun à
    dépassionner le débat. A ne se laisser guider que par le souci
    primordial de doter notre pays d’un édifice institutionnel propice à son
    plein épanouissement. La démocratie représentative pour laquelle nous
    avons opté, a légué à nos sociétés, des mécanismes qui permettent dans
    un esprit d’ouverture, de prendre en compte, la volonté du peuple
    souverain dans les choix importants et déterminants que nous sommes
    appelés à opérer. Adaptons ces mécanismes à nos réalités. Mais tâchons
    surtout d’avancer, en ayant à l’esprit notre responsabilité historique
    de préserver le climat d’apaisement que notre pays a su retrouver après
    tant de péripéties (…) Je convie donc chacune et chacun à prendre la
    juste mesure des efforts qu’il nous reste à consentir pour parachever
    les réformes dans tous les domaines et engager résolument le Togo sur la
    voie de la modernité. Au fond, l’enjeu est de transmettre aux
    générations futures, un pays dans lequel elles vivront mieux que nous
    n’avons vécu, avec cette même fierté d’être Togolais mais aussi des
    citoyens d’un monde dont ils seront des acteurs à part entière, dans la
    paix et la fraternité », a-t-il déclamé. Il faut le relever, Faure a
    parlé de ‘’reliquat des réformes’’, comme si l’essentiel des réformes a
    été déjà fait.
    Cette problématique ayant un lien direct
    avec sa candidature à la présidentielle de 2015, les Togolais
    s’attendaient à l’entendre donner par exemple sa parole qu’il ne
    briguera pas un 3e mandat. Vu qu’il a été toujours présenté
    comme le plus grand démocrate du Togo et que l’un des principes
    sacro-saints de la démocratie est l’alternance au pouvoir. Mais pas un
    mot là-dessus pour éclairer l’opinion. Les populations auront donc été
    laissées sur leur soif.
    Au demeurant, Faure Gnassingbé aura
    parlé une bonne vingtaine de minutes durant, pour ne pas dire
    grand-chose. Tout ce que l’on aura noté, c’est que l’homme s’est
    résolument projeté sur le futur, sur l’après-2015 pour être exact. On
    n’en voudrait pour illustrations que sa fameuse vision basée sur une
    feuille de route à trois axes et l’annonce de la construction sous peu
    de logements sociaux dont les travaux de démarrage sont programmés à la
    fin d’année 2014. Tout cela, à quelques pâtées de l’élection
    présidentielle cruciale de 2015. C’est simplement un message que l’homme
    a voulu faire passer sans être explicite.
    Tino Kossi

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