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TOGO: Les populations d’Atchinédji racontent leur misère et promettent l’enfer lors des prochaines échéances électorales
Publié le mercredi 30 avril 2014  |  Telegramme228




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Désemparées,ignorées, laissées pour compte, marginalisées, méprisées, tous ces mots sont presque vides pour exprimer ce que vivent les populations du Canton d’Atchinédji, situé désormais et après leur délocalisation des
environs de Nangbéto pour la construction du barrage vers une localité marécageuse et difficile d’accès, à plus de 50 kilomètres de la ville d’Anié et 75 kilomètres d’Atakpamé. En conférence de presse ce mardi à
Lomé, et à l’initiative du Mouvement Martin Luther King, les ressortissants de cette localité, présents dans la capitale togolaise et ceux encore domiciliés à Atchnédji mais qui ont fait le déplacement
pour l’occasion, n’ont pas été du tout tendre. Des promesses non tenues par la CEB (Communauté Energie Electrique du Bénin), l’indifférence
avérée des gouvernants, ils ont dénoncé tous ces agissements à leur
endroit, et ont lancé leurs cris de détresse. Expropriées et déplacées
de leurs localités, ces populations n’ont pu avoir droit à
l’indemnisation adéquate et à l’accompagnement qu’il faut. Loin des
villas, de l’eau potable, de l’électricité, de centre de santé moderne …
qui leur avaient été promis au début des années 80, ce sont dans des
cases en banco, ou en latérite et construites depuis lors avec leurs
propres efforts, et dans une zone marécageuse, qui leur avaient été
offerte qu’elles se sont agglutinées. Des indemnisations par rapport à
leurs cultures (teckeraies, palmerais et autres arbres…) et les terrains
cultivables qui sont leur propriété et dont elles ont été spoliées, ce
serait une indemnisation à la tête du client et selon le choix qui plait
aux gestionnaires du dossier que cela a été fait, à en croire les dires
de ces populations. Selon donc le rapport rendu public ce jour par le
MMLK, la procédure n’a même pas tenu compte de la valeur fixée par la
Banque Mondiale et approuvée au départ par le document du CPR (Cadre de
la Politique de Réinstallation) en août 2009. Document dans lequel, un
palmier est payé à 15.000 F cfa, un pied de teck à 5000 F cfa, l’oranger
ou le manguier à 5.000 F cfa. Et, constat, 23 ans après, la commission
en charge du dossier n’a payé que 3.000 F cfa pour un palmier, idem pour
un pied de teck et les autres cultures. Face à cette situation de non
droit où même ce qui ont été payés ne l’ont été qu’à vil prix, et pour
se faire entendre une nouvelle fois de l’autorité, ces populations
promettent des actions d’envergure comme le sit-in du 7 mai prochain
devant les locaux de la CEB à Lomé, et de fermer leur localité à quelque
autorité lors des échéances électorales à venir. Dans les lignes qui
suivent, nous vous proposons la réaction de Logo Ayéna, mandataire des
populations d’Atchinédji.
TELEGRAMME228 : Que vivez-vous à Atchinédji

Logo Ayéna : C’est un calvaire total. Si vous arrivez
là bas, vous allez pleurez. Parce que les cases sont tombées. C’est
nous-mêmes qui avions construits les cases avec 1200 papins. Mais après
tout, ces cases sont tombées, puisque n’étant pas cimentées. C’est très
misérable. Les engagements pris par les responsables de la CEB et les
autorités togolaises n’ont pas été respectés. On peut qualifier ça de
flagrants délits, surtout de la part de la CEB. Le gouvernement doit
agir très rapidement surtout pour les échéances à venir, sinon là-bas,
nous allons interdire à tout politicien de venir faire campagne. On est
désormais prêt pour ça. Nous avons décidé cette fois-ci de réagir très
fermement.
TELEGRAMME228 : Par rapport aux promesses que vous évoquiez, voudrez-vous nous dire que rien n’a été fait jusqu’à ce jour ?

Logo Ayéna : Rien n’a été fait. Parce que, un, il y a
l’incompatibilité au niveau des documents de la CPR (Cadre de la
Politique de Réinstallation) et tout ce qu’ils ont promis comme villas
et autres rien du tout. Or les terres sont la richesse des paysans et
c’est de ça que nos parents vivaient. Est-ce que ça a été payé ? Non.
Ils ont fait leur choix pour payer d’autres et de façon sombre sans
d’ailleurs consulter les chefs traditionnels. Les tampons mêmes ont été
apposés de façon frauduleuse. Ils ont volé les tampons pour les apposer à
la place des chefs. Et dans certains de ces documents, on a vu qu’on a
payé 9 pieds, 10 pieds, 20 pieds. Est-ce que quelqu’un qui a préparé sa
retraite, ce sera avec 20 pieds de palmeraies ? Non, il faut au moins
2000, 5000, 8000 pieds. Et c’est avec ça qu’il s’assure jusqu’à
l’infini, il mange jusqu’à mourir, ses enfants vont venir s’occuper de
ça. C’est comme ça nos parents ont travaillé, parce que, en voyant ce
que le Mouvement Martin Luther King a dit, effectivement le premier
cultivateur au Togo, c’est dans notre canton on a trouvé. Et le deuxième
c’est à Notsè, le troisième, c’est encore à Atchinédji. Donc, nous ne
sommes pas des paresseux. Nous sommes des vaillants cultivateurs. Et
nous avions tout. Même des hippopotames qui faisaient venir les
touristes. Au moins chaque jours des camions de 15 tonnes venaient
ramasser des ignames en désordre et très moins cher. Les commerçants et
mêmes les autorités d’Atakpamé pouvaient témoigner. Parce que les
ignames chargés à Atchinédji, on les décharge à Doulassamé (quartier
d’Atakpamé).
TELEGRAMME228 : Si rien n’est fait après le sit-in du 7 mai prochain, que faire ?

Logo Ayéna : Si rien n’est fait, finalement, on
décidera à interdire à toutes les autorités l’accès à notre localité
lors des échéances à venir. Parce que nous estimons que toutes ces
autorités ont nos documents, ministères, Banque mondiale, UE, France…
Donc si rien n’est fait, à l’élection prochaine, on va interdire notre
canton à tous les venants, personne ne rentrera dans notre localité.

G.K

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