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TOGO: L’instruction clôturée, le procès annoncé devant la Cour d’assises en juin prochain
Publié le mardi 20 mai 2014  |  Liberté hebdo


© Autre presse par DR
Essolissam Poyodi, procureur de la république


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C’est la communion totale qui caractérise la classe politique, avec les échanges politiques engagésdepuis la semaine dernière. Elle s’est entendue sur la nécessité d’ouvrir un dialogue formel dans la perspective de l’exécution des
réformes constitutionnelles et institutionnelles, malgré la position
initiale de Faure Gnassingbé ; et ce dialogue est censé débuter
aujourd’hui. Mais cette douce ambiance pourrait être remise en cause par
la résurrection de l’affaire des incendies qui a pourri la vie
politique nationale depuis janvier 2013. Il est annoncé la fin de
l’instruction et le procès des inculpés en juin prochain.
Instruction terminée !
C’est ce qui a été annoncé en fin de
semaine dernière à certains inculpés, notamment ceux détenus à Kara et
libérés récemment. En effet, ils ont été convoqués la semaine dernière
par le juge d’instruction et il leur a été annoncé la clôture de
l’instruction (sic). Une information qui doit réjouir la pléthore de
personnes arbitrairement inculpées dans cette affaire et qui attendaient
impatiemment le procès pour en finir, mais qui doit faire sourire
certains observateurs. D’autant plus que cette instruction s’est
clôturée de soi depuis pratiquement un an, avec les libérations des
politiques inculpés dans ce dossier afin qu’ils participent aux
législatives du 25 juillet 2013. Et ce n’est d’ailleurs pas la toute
première fois que la fin de l’instruction est annoncée. Elle l’a été
plus d’une fois déjà par le Procureur de la République, Essolissam
Poyodi à tarvers ses sorties médiatiques.
Il faut rappeler que c’est une
instruction dirigée dans un seul sens qui a été faite. Tout de suite au
lendemain de la survenue des sinistres, la chasse aux opposants et
leaders du Collectif « Sauvons le Togo » a été enclenchée. Tous furent
inculpés, certains même arrêtés et détenus durant des mois avant d’être
libérés. La justice a fermé les yeux sur tous les autres indices et
révélations devant la pousser à instruire à décharge. Les conclusions
des recherches des experts français relevant des éléments importants ont
été mises sous embargo, le rapport produit par le Cst et relevant des
informations utiles occulté. Ce sont en somme des éléments qui auraient
pu faire changer l’orientation de l’instruction. Mais le curseur a été
savamment maintenu sur les leaders du Cst.
Les inculpés devant la Cour d’assises en juin prochain
La clôture de l’instruction devra
logiquement céder le pas à l’organisation du procès. Et selon les
indiscrétions, le pouvoir programme le jugement aux assises en juin
prochain. Pourquoi donc la Cour d’assises ? Cela vise simplement à
réduire les possibilités de recours des inculpés, tout comme la manœuvre
a été entretenue dans le dossier Kpatcha Gnassingbé. Il s’agit donc
d’un dossier signalé dont veut profiter le pouvoir pour écarter des
adversaires sérieux.
Cette information ne vient que confirmer
celle déjà donnée récemment sur ce dossier dans la parution N°1690 du 5
mai 2014 sous le titre « Présidentielle de 2015 : Des manœuvres pour écarter Jean-Pierre Fabre de la course avec l’affaire des incendies » où nous annoncions, sur la base des indiscrétions, le procès en juin prochain. Aujourd’hui on a donc les précisions utiles.
Il faut avouer que l’imminence de ce
procès doit réjouir les inculpés dans l’affaire qui se savent innocents
et n’attendent que ce moment pour se décharger. Et comme redouté, il
risque d’éclabousser le pouvoir qui a éprouvé toutes les difficultés du
monde à persuader l’opinion de la culpabilité des leaders du Cst, s’il
devrait se dérouler dans les règles de l’art. Car tout au long de la
fameuse instruction, il ne s’est pas investi à fond pour la
manifestation de la vérité. Un euphémisme pour ne pas dire qu’il s’est
plutôt employé à empêcher son avènement. Le principal accusateur, le
jeune Mohamed Loum est revenu sur ses premières déclarations, a disculpé
les leaders de l’opposition, fait des révélations sur
l’instrumentalisation dont il a été victime et cité des noms. Mais cela
n’a guère convaincu la Justice à instruire à décharge. Les conclusions
des experts français comportant des indices essentiels sont mises sous
embargo et le rapport du Cst balayé du revers de la main.
Vers le retour de la tension politique
C’est un secret de Polichinelle que
cette affaire des incendies est un dossier signalé dont voudrait
profiter le pouvoir pour écarter ses adversaires du Collectif « Sauvons le Togo »
qui troublent le sommeil du Prince de la République. Et sa résurrection
à l’approche de la présidentielle de 2015 cruciale pour la démocratie
togolaise est loin d’être fortuite. Il s’agit de coincer les
responsables du Cst et maintenir une épée de Damoclès sur leur tête ;
toute chose qui devrait les empêcher de mener librement les activités
politiques idoines en perspective de cette échéance capitale. Est
particulièrement visé Jean-Pierre Fabre qui sera le porte-flambeau
naturel de l’opposition au cours de cette élection.
Dans le cadre du dialogue politique qui
démarre aujourd’hui, la question des incendies devra s’inviter au débat.
L’Alliance nationale pour le changement (Anc) dit avoir en tout cas
soulevé le sujet devant le Premier ministre, et ce dernier a consigné
cette doléance. Ce qui alimente l’espoir chez les inculpés de voir cette
affaire réglée politiquement pour éviter les coulées d’adrénaline
inutiles. Mais comme à son habitude, le pouvoir manœuvre, loin des yeux
et des oreilles indiscrets, pour gruger l’opposition. Au demeurant,
c’est l’accalmie politique enregistrée depuis la semaine écoulée qui
risque de prendre un sérieux coup et céder la place à la tension. Et à
quelques mois de la présidentielle, c’est assez risqué et préjudiciable à
la paix sociale.
Tino Kossi
LIBERTE HEBDO

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