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Incendies des marchés : Les avocats de Jean-Pierre Fabre veulent internationaliser l’affaire
Publié le jeudi 26 juin 2014  |  Le Temps


© Autre presse
Les ruines d`un bâtiment du grand marché de Lomé après l`incendie de janvier


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 Dans le dossier

En conférence de presse ce 25 janvier, les avocats de Jean-Pierre Fabre, Mes William Bourdon et Georges-Henry Beauthier, ont déclaré le juge devra rendre nécessairement un non lieu dans l’affaire des incendies, car non seulement les faits reprochés au Président national de l’ANC ne sont pas constitués mais en plus « le dossier est vide », faute d’éléments « factuels ». Les avocats attendent également internationaliser l’affaire par un battage médiatique qui risque de ternir encore plus à la fois l’image du pays et d’une justice considérée à la solde du pouvoir.


Dossier vide

Les avocats européens accusent l’instruction alors qu’elle ne détient aucune preuve factuelle, exception faite du témoignage de Mohammed Loum, un témoin qui non seulement s’est rétracté mais avoue avoir été utilisé.

On est en face d’un dossier où je mets au défi tout chercheur de trouver le nom de Jean-Pierre Fabre, si ce n’est Mohammed Loum, le principal accusateur qui lui a écrit par deux fois après son arrestation pour réclamer son intervention…(…) Quand bien même le principal accusateur n’aurait pas rétracté ses propos accusateurs- un simple témoignage- sans qu’ils soient corroborés par un événement factuel, ne vaut rien.

Par conséquent, le conseil du Président national de l’ANC va déposer prochainement un mémoire au bureau du procureur et du juge d’instruction leur demandant de déclarer un «non-lieu ».

Démontage et internationalisation de l’affaire

La stratégie des avocats est double. Les avocats ont l’intention de faire une “défense technique” qui consistera à la déconstruction et au démontage des charges imaginaires présentées par l’accusation.

A part le fait de plaider un non-lieu devant les tribunaux togolais, Mes William Bourdon et Georges-Henry Beauthier ainsi que les avocats togolais, veulent internationaliser l’affaire en faisant tout un battage médiatique sur le plan international et des plaidoyers auprès des juridictions et des barreaux internationaux.

En dénonçant les vices de procédure qui ont jalonné cette affaire, la défense de Jean-Pierre Fabre entend surtout montrer sur le plan mondial le visage peu reluisant de la justice togolaise. Ils veulent surtout montrer, vu la “faiblesse du dossier”, qu’il s’agit en réalité d’un procès politique dans le but évident de nuire à Jean-Pierre Fabre, probable candidat à la présidentielle 2015, à son parti, l’ANC et au CST, fer de lance d’un mouvement de déstabilisation du régime. « Le dossier étant vide, à qui profite alors le crime ? », s’interrogent les avocats.


A l’heure où la diplomatie togolaise se consacre à ripoliner l’image du pays à l’extérieur, la tenue d’un tel procès aux allures de scandale judiciaire.
Le procès de l’affaire des incendies aura probablement lieu à la seconde session des assises en décembre prochain, soit à trois ou quatre mois de la présidentielle 2015.
Les incendies des marchés de Kara et de Lomé ont eu lieu les 10 et 12 janvier 2013. 41 personnes, toutes des responsables politiques membres de l’ANC, du CST, et un journaliste, ont été inculpées, détenues et/ou mises sous contrôle judiciaire dans le cadre de cette affaire. Etienne Yakanou, militant de l’ANC, est mort en détention, “par manque de soins”, selon un rapport du CST.

Affaire de kérosène et contre-enquête

Une série d’incendies dans les autres marchés du pays, a suivi dans la foulée ceux de Kara et de Lomé, amenant le gouvernement à conclure à des incendies d’origine criminelle. Le Gouvernement a donc diligenté une enquête internationale auprès de la police scientifique française pour déterminer le produit utilisé pendant l’incendie du principal bâtiment du Grand marché d’Adawlato. Les limiers français ont conclu à une présence de kérosène, d’après un succinct communiqué du Gouvernement Ahoomey-Zunu. Mais par extraordinaire, alors qu’on ne l’a jamais officiellement déclaré, le Gouvernement a sorti un rapport commis par des experts israéliens, qui ont conclu à l’utilisation de l’essence, comme produit inflammable ayant servi à déclencher le feu. Alors que le procès n’a pas encore lieu, le gouvernement a ordonné la destruction du corps du délit, le bâtiment principal du Grand marché de Lomé.


En réaction aux interpellations qu’elle juge “fantaisistes”, le CST a mené sa propre ” enquête” et a produit un rapport dans lequel il met en accusation huit personnalités proches du pouvoir, dont des officiers du renseignement, de l’Etat-major, des responsables d’entreprises publiques et des conseillers, et une femme intime du chef de l’Etat.




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