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Liberté N° 1762 du 19/8/2014

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TOGO: Un port privé de transbordement en construction tout près des installations du Groupe Bolloré
Publié le mardi 19 aout 2014  |  Liberté


© aLome.com par Parfait
Les travaux de construction du 3ème quai du port autonome de Lomé lancés par le Groupe Bolloré, sont presque terminés et seront livrés en octobre 2014


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Vers une guerre impitoyable au Port Autonome de Lomé
. Qui sont derrière la nouvelle société ? Le Groupe Bolloré est-il victime d’un piège à con ?
Le site du port privé; Frederik Kamperman et Vincent Bolloré
La société française de
Vincent Bolloré aurait-elle investi les 300 milliards de francs CFA dans
la construction du 3è quai si elle savait qu’après la signature du
contrat de concession et d’exploitation avec l’Etat togolais, elle
serait mise en concurrence avec une autre, Lomé Container Terminal
(LCT) dans le domaine du transbordement ? Pour ceux qui se méprendraient
sur la paternité des travaux de construction qui se font sur la bordure
de mer entre le Port Autonome de Lomé (PAL) et l’Hôtel Sarakawa, c’est
bien à une société privée, Lomé Container Terminal que l’Etat togolais a
confié la construction d’un port privé de transbordement, à quelques
mètres du domaine du port qui vient d’abriter le 3è quai. Et c’est aussi
au nom de l’implantation de cette société que le dragage du sable de
mer a été interdit.
Lomé Container Terminal (LCT), fruit
d’une association entre Global Terminal Limited (GTL) et China Merchants
Holdings (CMHI), est le nom de la société ayant signé une convention
avec l’Etat du Togo pour réaliser un projet comprenant la conception, le
financement, la construction, la gestion et l’exploitation d’un
terminal privé au port de Lomé. A en croire les documents en notre
possession relatifs à ce projet privé, « l’objectif des autorités
togolaises est de faire du port de Lomé un port commercial international
performant pouvant accueillir des navires porte-conteneurs de grande
dimension et favoriser une activité de transbordement vers les plates
formes voisines et les pays de l’Hinterland ». Et pour y arriver,
la société a sollicité le financement de la Banque Africaine de
Développement (BAD). C’est ainsi que suite à une étude commanditée par
cette banque, il a été déterminé les principaux impacts
socio-économiques négatifs du projet que sont la perte d’accès aux
terres et ressources économiques, la perte des améliorations apportées à
la terre pour les activités agricoles et la perte de moyens d’existence
ou de sources de revenus. Un document relatif à la politique de la
banque en matière de déplacement involontaire des populations, a été
produit et on y découvre un plan de réinstallation des maraîchers
concernés et un autre pour les ramasseurs de sable de la zone située
entre l’hôtel Sarakawa et le domaine du PAL.
« Les objectifs du projet sont de
permettre l’entrée de grands porte-conteneurs dans le port de Lomé et de
transborder les conteneurs dans les pays de la sous région, du centre
et de sud ouest par des navires de plus petite capacité (feeders) et
d’atteindre dans une période de 2 à 3 ans un volume manutentionné de
400.000 à 500.000 EVP (équivalent vingt pieds) par an et à terme un
volume manutentionné de 1.500.000 EVP », lit-on dans le « projet du
terminal à conteneurs de Lomé » élaboré par la BAD. Mais il est utile
de faire remarquer que la zone concédée pour une exploitation privée
n’est pas contenue dans les plans d’extension du PAL, et que c’est donc
pour un usage privé de cette partie de la côte que le dragage du sable
de mer auquel des populations se sont toujours adonnées, a été interdit à
Lomé et non pour lutter contre une quelconque érosion, comme on l’a
longtemps fait croire. Mais à supposer que ce soit un domaine du PAL,
est-il possible que l’Etat togolais héberge deux sociétés exerçant les
mêmes activités dans le même périmètre sans tenir informées toutes les
parties?
En effet, beaucoup de Togolais
considèrent à tort que l’espace en chantier compris entre l’hôtel
Sarakawa et le PAL est une œuvre du Groupe Bolloré, et d’autres ont
toujours pensé que le 3è quai était à cet endroit. Mais il n’en est
rien. Le 3è quai est situé à côté du port de pêche, et dans la
conception des responsables du Groupe, « les super-conteneurs venant
d’Asie vont choisir le port de Lomé pour son tirant d’eau, sa rapidité
de traitement, ses facilités de transbordement et pour sa position
géographique qui permet de cibler les pays de l’Hinterland », selon
Charles Gafan, Directeur général de la société Terminal du Groupe à
Lomé. Et plus de 300 milliards de FCFA ont été investis pour faire du
PAL une destination de préférence avec son quai de 450 m de long et ses
15 m de tirant d’eau. Mais avec la LCT que certains qualifient de « port privé »
qui compte construire deux quais de 1050 et 1350 m de long, on se
demande l’état d’esprit dans lequel devraient se trouver les
responsables du Groupe Bolloré et si son PDG Vincent Bolloré savait
qu’une autre société concurrente serait autorisée à exercer les mêmes
activités dans son rayon d’action avant d’engager les dépenses.
Pour parvenir à réaliser ce projet, les
responsables de LCT ont dû recourir au financement de la BAD. Mais
au-delà du désir des responsables de LCT de solliciter cette aide, se
pose un cas de conscience au président de cette banque. Puisque M.
Donald Kaberuka, président de la BAD, a été surpris par les
infrastructures du 3è quai qu’il a eu à visiter lors d’une de ses
visites à Lomé en mars 2013. « J’ai sous–estimé l’importance de ce projet de Bolloré au Port de Lomé »,
aurait-il reconnu. Le président de la BAD aurait-il autorisé le soutien
financier à la société LCT s’il avait été informé par les autorités
togolaises sur les réalités du 3è quai ? A moins qu’il y ait eu
rétention d’information, puisque selon les indiscrétions, certains
experts qui se sont par mégarde retrouvés sur le chantier de LCT il y a
quelque temps, se sont entendu dire que c’était aussi une œuvre du
Groupe Bolloré. Etait-ce à dessein que cette fausse information a été
servie ? On répond par l’affirmative. Tous ceux qui travaillent sur le
site continuent de faire croire que le chantier appartient au Groupe
Bolloré.
Le transbordement est un système qui permet aux navires
de grandes tailles de décharger des conteneurs de plusieurs pays
d’Afrique et même de l’Occident, et qui seront réacheminés par d’autres
bateaux pour les destinations finales qui ne disposent pas de port
en eau profonde. Comment sera gérée cette concurrence entre les deux
sociétés, Terminal du Groupe Bolloré et LCT dans un même port ? En
outre, il risque d’y avoir une différence dans le traitement que les
autorités pourront réserver aux deux sociétés, étant donné que l’une
investit sur ses fonds propres et l’autre recourt à des partenaires
financiers, avec bien sûr le soutien de l’Etat, ce qui impliquera des
intérêts sur le capital investi évidemment. Mais il reste que les
autorités n’ont pas encore communiqué sur ce projet de port privé. Le
contrat liant le Togo à la société LCT est-il accessible à tous les
citoyens désireux d’en savoir plus sur les conditions de cette « privatisation portuaire » qui
n’a pas fait l’objet d’appel d’offres ouvert? Une autre interrogation a
trait à la zone d’installation de ce port privé, étant entendu que ce
projet pouvait être réalisé ailleurs que dans le domaine du port. En
outre, il n’est pas exclu que les réseaux obscurs qui ont pris en otage
l’économie togolaise, soient derrière la création de ce « port privé ». Les « commerçants » de la République auraient encore leurs intérêts à faire prévaloir. « Les
Togolais seront fiers d’avoir un port complet dans deux ans qui
disposera de toutes les structures modernes à l’instar de LCT avec cet
impact qu’il engendrera non seulement des milliers d’emplois directs,
mais aussi des emplois indirects, notamment des activités commerciales
qui se développeront sur et aux alentours du port. Le LCT offrira
surtout à la jeunesse estudiantine des opportunités de formations de
haut niveau estimées à des coûts de milliards de nos francs. Mieux
encore, il entrainera de facto le développement du PAL et notamment la
réalisation d’autres structures telles l’embranchement du réseau de
chemin de fer qui reliera notre pays à ses voisins, la réhabilitation et
la modernisation du réseau routier togolais et principalement le
corridor de la CEDEAO », s’est réjoui à juste titre le ministre des
Travaux publics et des Transports, Ninsao Gnofam lors de sa visite sur
le site le 15 octobre 2013. Ça s’appelle du « win win » à la togolaise !
Pourquoi c’est justement dans le
domaine du PAL et non ailleurs ? Cette question tient au fait que dans
un autre registre, ce sont les mêmes autorités qui ont déjà eu à signer
deux contrats d’exploration à deux sociétés concurrentes sur les mêmes
blocs pétroliers en offshore et qui menacent par la suite d’expulser
l’une d’elle après que celle-ci a engagé des dépenses énormes dans le
cadre de ses travaux de recherches. Une assignation de l’Etat togolais
devant des juridictions serait dans les airs. Espérons qu’on n’en
arrivera pas là aussi dans ce dossier.
Godson K.
LIBERTE TOGO

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