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La « démocrature » de Faure Gnassingbé
Publié le lundi 20 octobre 2014  |  togo.infos


© AFP
Le président togolais Faure Gnassingbé en visite officielle en France
Le président togolais Faure Gnassingbé avec le président François Hollande


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Déjà en 1748, dans l’Esprit des Lois, Montesquieu écrivait ceci : « Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice ».

De son vrai nom Charles-Louis de Secondat, né au château de la Brède le 18 janvier 1689, le célèbre écrivain français du siècle des Lumières, ne croyait pas si bien prédire et décrire la forme de tyrannie dont le Prince du Togo fera sienne plus de 3 siècles plus tard.

Eh bien nous y sommes de plain-pied !!! Faure Gnassingbé, le fils-héritier du feu général Eyadema a très vite fait d’opter, en ce 21ème siècle, pour cette « cruelle tyrannie » qu’il exerce allègrement « à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice ».

Cette forme de gouvernance tout à fait atypique et singulière en son genre est désignée ailleurs sous le nom tout aussi atypique de « démocrature », une forme hybride de gestion d’un Etat où s’applique une dictature habillée d’une forme biaisée de démocratie.

Comme tout le monde le sait, les exemples en la matière au Togo de Faure Gnassingbé sont légions.

Nous partirons d’abord de la fameuse affaire Kpatcha Gnassingbé dans laquelle le Prince a instruit Félix Katanga, à l’époque patron de la FIR d’attaquer nuitamment le domicile privé de Kpatcha Gnassingbé avec des armes lourdes.

Le prétexte était que Kpatcha Gnassingbé fomentait un projet de coup d’Etat contre son frère. Le plus gros des fils du feu général sera arrêté quelques jours plus tard à l’entrée de l’ambassade des USA au Togo puis gardé avec ses présumés complices au secret pendant deux ans dans les locaux de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR).

Sous la pression de la France, un simulacre de procès aura lieu en 2011 conduit de bout en bout par le palais de la Marina où des peines aussi lourdes que cruelles ont été décrétées à l’encontre de Kpatcha Gnassingbé et ses coaccusés.

Jusque-là beaucoup de togolais avaient naïvement cru que la détention de ce fils d’Eyadema était réellement liée à ce projet de coup d’Etat.

Mais il a fallu que la Cour de Justice de la CEDEAO fasse le constat du fait que le procès qui avait condamné ce dernier et ses coaccusés n’était pas équitable, que la plupart des détenus dans cette affaire avaient fait l’objet de torture, qu’il fallait faire cesser la violation du droit de ceux-ci à un procès équitable et que, très curieusement, le Prince refuse de s’exécuter, pour que tout le monde se rende à l’évidence que les motifs de la détention de ces derniers étaient bien ailleurs.

En clair, Faure Gnassingbé a pris prétexte d’un projet de coup d’Etat pour réduire au silence son frère qui semblait trop chercher à voir clair dans la gestion opaque que lui, l’héritier faisait justement du colossal héritage laissé par le Papa défunt.

C’est dire donc qu’aujourd’hui, la détention de Kpatcha Gnassingbé et ses coaccusés ne repose plus sur aucun principe juridique fiable dès lors qu’il est établi que le procès qui les y a amenés, a notoirement souffert d’une carence d’équité.

Pour conclure ce point, nous retenons simplement que Kpatcha Gnassingbé et ses coaccusés sont victimes de cette cruelle tyrannie que le Prince a choisie d’exercer « à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice ».

Ensuite vient la fameuse affaire des incendies où, en moins de 48 heures après ces incendies des marchés de Lomé et de Kara, les chiens de garde du Prince ont déjà commencé à mettre la main sur la plupart des leaders politiques de l’opposition sans même avoir mené une seule enquête de fond.

Le Ministre de la sécurité, Yark Damehane, présentera quelques jours plus tard, un prétendu corps du délit avec à la clé, un bidon bleu d’essence, un paquet d’allumettes, de la poudre à canon et quelques freluquets qui disent avoir été manipulés par les leaders de l’opposition pour incendier le marché de Lomé.

Le ministre de la sécurité, gendarme de son état, a même précisé que selon les aveux que lui il a retenus comme éléments de preuves, ce plan aurait été monté dans un cimetière après des pratiques mystiques et que c’est de façon mystique que les pyromanes avaient eu accès au bâtiment du marché de Lomé…Mon Dieu !!!

Ce fut donc le point de départ d’un acharnement politico-judiciaire contre la plupart des leaders de l’opposition qui, placés arbitrairement sous contrôle judiciaire, sont bien obligés de courber l’échine chez le juge d’instruction avant d’avoir droit de sortir ou même d’aller à l’intérieur du pays.

La pratique est restée telle quelle malgré le volte-face du principal accusateur, Mohamed Loom qui a fini par dire clairement qu’il était manipulé par le capitaine Akakpo, à l’époque patron des Services de Renseignement et d’Investigation et bien d’autres ténors du régime pour incriminer injustement les responsables de l’opposition.

Voilà encore un habillage parfait qui fait croire qu’il s’agit d’une pratique de la justice mais qui au fond, n’est rien d’autre qu’un plan malsain, savamment orchestré pour bâillonner la dynamique amorcée par l’opposition. Une vraie tyrannie !!!!

L’autre habillage parfait reste l’affaire Sambrini Wakin Targone, député de Dankpen dont l’audience auprès de l’électorat du grand Bassar fait trembler Faure et ses amis du pouvoir.Ils le redoutent gravement du fait de sa capacité à haranguer les foules et à mobiliser le grand Bassar derrière l’opposition démocratique.

Les clercs du Prince n’ont pas hésité à trouver, en juin dernier, un prétexte farfelu pour lever grossièrement l’immunité parlementaire de celui-ci pour ensuite le jeter en pâture entre les mains des pantins de juges, vrais activistes du pouvoir qui l’ont aussitôt placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de sortir hors de Lomé.

Tout cela sans honte, ni vergogne. Eh la folie du pouvoir, quand tu nous tiens !!!! Depuis lors, Targone vit comme un troglodyte reduit au statut de prisonnier de Lomé par la seule volonté du Prince et ses cruels clercs.

Le dernier exemple vient naturellement des déboires actuels de Pascal Bodjona, du nom de ce ministre "grand format" que l’on a cru pouvoir plonger maladroitement dans une infamante affaire d’escroquerie.

Là aussi, le tyran a eu toutes les difficultés possibles pour camoufler son rôle pernicieux dans ce plan macabre de démolition politique de l’ancien ministre de l’administration territoriale.

Dans cette affaire, la mayonnaise a tout le mal à prendre sur le plan du droit.

Toutes les gesticulations du Prince, de ses conseillers et de certains officiers hauts gradés de l’armée n’ont réussi à cacher la vérité. Mais, malgré tout, ils s’enlisent encore dans un forcing abscons qui frise l’animalité ou plutôt la bestialité pour finir par détenir arbitrairement Pascal Bodjona en prison.

Oh mon Dieu !!! Qui va sortir Montesquieu de sa tombe pour qu’il vive en live sa vue prémonitoire plus de 300 ans après ?

Certainement qu’en affirmant déjà au 18 ème siècle ce genre de propos pour dénoncer la tyrannie biaisée sous les couleurs de la justice, Montesquieu ne savait guère que de telles pratiques pouvaient autant résister au temps et à l’espace pour s’installer dans un petit pays en Afrique, plus de 300 ans après.

Il ne pouvait s’imaginer que des hommes doués de bon sens et de la raison qui ont lu ses écrits et vécu certaines expériences de la vie pouvaient encore s’adonner à cette forme hypocrite et dictatoriale de gouvernance plus de 300 ans après.

Est-ce à dire alors que la mentalité de nos dirigeants actuels est en deçà de ce que nos arrières ancêtres ont déjà rangé et abandonné depuis plusieurs siècles ?

L’homme est-il créé pour faire avancer le monde ou le reculer ? Pourquoi alors Dieu nous a-t-il dotés d’intelligence, de bon sens et de l’ensemble des facultés qui nous distinguent des animaux ?

Il faut vraiment être triste pour le Togo du fait de cette reculade dangereuse qui se joue de toutes les valeurs morales et républicaines pour plonger ce pays dans une jungle animalière où les dirigeants s’érigent en fauves pour s’emparer de tout au détriment d’honnêtes citoyens.

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