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Réformes constitutionnelles et institutionnelles : Les anciens opposants Gilchrist Olympio et Agbéyomé Kodjo dans le rôle de caution impudique à la présidence à vie
Publié le mercredi 10 decembre 2014  |  L


© Autre presse
Gilchrist Olympio, président de l`Union des Forces du Changement (UFC)


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Togo - Le premier a déjà oublié qu’il a signé un accord de cohabitation au terme duquel les réformes en questions auraient dû être faites depuis la fin 2010 au moins, le second joue les éclairés après avoir crié sur tous les toits que Faure Gnassingbé ne mérite pas de diriger le Togo. Tous tant qu’ils sont, ils ne voient pas de problème que Faure Gnassingbé se soustraie à ses promesses et remette les réformes à plus tard, une énième fois, pour ne jamais les faire en fait.

Politique de l’instabilité et de l’éphémère

Gilchrist Olympio ne sait visiblement plus ce qu’il doit faire ou dire de la politique togolaise. Depuis son revirement spectaculaire et historique du 26 mai 2010, M. Olympio n’a plus une lecture pertinente du mal togolais. Son dada depuis, c’est s’afficher aux côtés du chef de l’Etat, un peu dans un rôle de commis de la république ou de collabo bon teint. On l’a ainsi encore vu récemment à Accra dans les valises de Faure Gnassingbé, souriant à belles dents aux cliquetis des appareils de photographie. Faure Gnassingbé était alors en villégiature à Accra, des sources disent même qu’il était présent lorsque le fils de feu Eyadèma fermait la fenêtre des réformes qu’il a mille et une fois promises en disant que la constitution actuelle sera «respectée rigoureusement».

Le président de l’UFC est resté égal à lui-même dans un entretien accordé à un confrère en ligne lorsque sur le sujet des réformes, il s’est montré évasif et impertinent. C’est à croire que l’ancien tribun et chef de file de l’opposition togolaise a perdu tous ses repères et tous les bons réflexes. Tout en indiquant dans l’entretien que les réformes constituent une préoccupation pour l’UFC, M. Olympio est passé à côté de ce qu’on attendrait d’un opposant conscient des enjeux de la limitation du nombre des mandats. Pour M. Olympio en effet, « les réformes constitutionnelles et institutionnelles, …c’est la politique fondamentale de notre parti » puis d’ajouter que l’UFC est « en discussion avec le président Faure sur la question ». M. OIympio ne semble pas pressé de voir les réformes devenir réalité. C’est ainsi qu’au motif de « ne pas disloquer complètement notre pays » et qu’il faut « voir les modalités pour les appliquer », M. Olympio semble laisser les réformes à l’appréciation de Faure Gnassingbé quand il affirme que « ces réformes peuvent intervenir avant, pendant ou après les élections ». Il faudra une explication de texte pour le comprendre. On y reviendra.

Pour sa part, l’ancien Premier ministre et ancien opposant Agbéyomé Kodjo a divulgué sa pensée sur les réformes, leur nécessité et leur timing. M. Kodjo évoque le sujet avec emphase : « plus prosaïquement, l’actualité nationale nous impose la question des constitutionnelles et institutionnelles » et annonce la « recherche d’un compromis politique gagnant-gagnant » qui doit être le maître-mot et la ligne de conduite. Plus loin, on découvre ce qu’il entend par « compromis gagnant-gagnant ». Pour lui, il faut faire le sacrifice de laisser Faure Gnassingbé oublier ses promesses de chef d’Etat et ainsi de faire ce que bon lui semble jusqu’en 2015 ; Après on verra. « Si le prix de la limitation du nombre de mandats présidentiels est d’accepter que le président en exercice puisse rempiler pour un dernier mandat, pour ce qui concerne l’homme politique que je suis, je l’accepte volontiers » indique le président d’OBUTS.

M. Kodjo convoque pour se justifier les termes de la constitution et l’obligation de préservation la paix et de la démocratie. Il écrit en substance que « se cambrer dans une posture d’opposition radicale alors même qu’aux termes de la constitution du Togo, il est permis à l’actuel président de la république de se représenter et penser faire jouer la rue pour l’en empêcher ne me semble pas être une option qui préserve la paix et la démocratie ». Dans la conclusion de sa tribune, M. Kodjo fait observer le péril qu’il peut y avoir à refuser de faire des concessions à l’heure actuelle. Ces derniers mots sont dans ce sens sans équivoque : « refuser de faire des concessions d’essence politique pour rendre aisée l’adoption des réformes constitutionnelles et institutionnelles, c’est paradoxalement faire le choix d’un bail à durée indéterminée pour tout prétendant à la magistrature suprême ».
Qui trompe qui ?
La position exprimée par M. Kodjo peut être pertinente ou admissible. On peut ainsi admettre avec lui que selon la constitution actuelle, le président en exercice peut rempiler autant qu’il veut. Cependant, la politique dont se réclame M. Kodjo enseigne aussi qu’on n’a pas le droit de faciliter les choses à son adversaire politique. C’est la même politique qui recommande tacitement de maintenir sur son adversaire aussi longtemps qu’on peut la pression du moment où cela peut servir à quelque chose. Sur cette base, on peut s’étonner que M. Kodjo qui semble insinuer qu’il connaît plus la politique que tout le monde dans ce pays proclame si facilement qu’on déroule devant Faure Gnassingbé le tapis rouge d’un troisième mandat. M. Kodjo n’a certainement pas encore oublié que, lorsqu’il faisait partie des pontes du système vorace et mortifère qui a pris en otage le pays depuis le 13 janvier 1963, ils n’ont jamais rien fait pour faciliter la tâche à l’opposition. Si lui-même a pu être accusé, à tort ou à raison, dans des assassinats politiques, c’est parce que jamais, ils n’ont pas fait de cadeau à l’opposition. Les observateurs de la politique togolaise sont donc très étonnés que subitement, M. Kodjo demande de faire cadeau à Faure Gnassngbé au nom de la préservation de la paix et de la démocratie.

M. Kodjo prétend aussi que la classe politique doit faire le sacrifice d’admettre un « dernier mandat » pour Faure Gnassingbé ? A-t-il bien mesuré ses mots ou il a fait un lapsus ? Qu’est-ce qui a pu lui faire croire que c’est un « dernier mandat » que cherche le fils d’Eyadèma ? Il s’agit d’une légèreté qui autorise mille et une questions sur les intentions réelles de M. Kodjo. Tout le monde sait que si Faure Gnassingbé a refusé de tenir ses promesses au sujet des réformes, c’est parce qu’il veut allonger indéfiniment par des subterfuges sa présence au somment de l’Etat. M. Kodjo est sûrement le seul à ignorer que la vraie intention de Faure Gnassingbé c’est de remettre son compteur de mandats à zéro, après qu’il se sera fait élire en 2015 et ainsi il pourra rester au pouvoir jusqu’en 2030 au plus, au bas mot. C’est sûrement pour cela, peut-on l’imaginer assez aisément, que l’opposition ne lâche pas du lest sur la question des réformes.

Au finish, M.Kodjo ne trompe personne en essayant de faire accroire que le troisième mandat est la porte ouverte et le sésame des réformes. C’est montrer trop de simplisme et de naïveté politique. Que dire d’ailleurs de ces opinions selon lesquelles, M. Kodjo sait très bien ce qu’il fait et que son revirement spectaculaire n’est que le résultat de la faveur que Faure Gnassingbé lui a faite en le rétablissant dans tous les droits que lui confèrent ses titres d’ancien président de l’Assemblée Nationale et de Premier ministre de la république ? Selon ces opinions, M. Kodjo ne peut plus crier haro sur Faure Gnassingbé du moment où il a eu ce qu’il cherchait en se vêtant pour quelques mois de la tunique d’opposant farouche, haranguant les foules, agonisant le fils de son ancien patron de ceci et de cela, appelant le peuple à se soulever, à sortir dans les rues pour mettre fin à la tyrannie et à la dynastie Gnassingbé. A quoi bon continuer à faire l’âne si l’on a déjà le foin qu’on cherchait ?

Il a même beau jeu en indiquant dans le préambule de sa tribune que les voix discordantes ne sont pas tolérées dans l’opposition. Il sait ce qu’il dit. A la fin, c’est ceux qui n’ont jamais vu en M. Kodjo un opposant et qui ne supportaient pas sa présence au sein du CST qui ont raison. Ils ont vu de loin ce qui pouvait arriver. M. Kodjo n’a donc pas trompé tout le monde, il ne le peut d’ailleurs pas puisque Gilchrist Olympio, tout fils de Sylvanus Olympio qu’il est, n’a pas pu tromper tout le monde et les embarquer dans son aventure de collaboration avec le RPT.

M. Olympio, pour ce qui le concerne, a eu l’impertinence de dire que les réformes peuvent se faire avant, pendant ou après les élections. En attendant qu’il explique comment cela est possible « pendant » les élections, il faut souligner que le fils de Sylvanus a perdu toute lucidité politique. En réalité, il doit être parmi les premiers à se montrer inflexibles sur le sujet. Mais, il se révèle le plus veule alors même que l’accord du 26 mai qui le lie ou qui l’a lié à Faure Gnassingbé avait inscrit en première place les réformes. Quatre années plus tard, cela n’est pas fait et il n’y trouve pas d’inconvénient. Il estime qu’il ne « faut pas disloquer complètement notre pays ». Il n’y a plus de combat après l’armistice. M. Olympio a signé l’armistice, on doit comprendre ses positions dans cette perspective. Dans ce cas alors, on comprend pourquoi, il ne peut pas faire autre chose que de cautionner en toute impudeur la présidence à vie. Comme M. Kodjo, quels que soient les beaux discours emphatiques qu’on ferait pour tenter de montrer le contraire.

Nima Zara

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