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Libre opinion : Que liberté rime avec responsabilité
Publié le dimanche 25 janvier 2015  |  La Passerelle


© Autre presse par Louis Vincent
Faure Gnassingbé en France le 11 janvier 2015 pour participer à la marche républicaine, en soutien à CHARLIE HEBDO.
Paris, le 11 janvier 2015, marche républicaine, en soutien à CHARLIE HEBDO.


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La tragédie de Charlie Hebdo a donné l’occasion au monde occidental de réaffirmer son engagement pour les valeurs de liberté d’expression et de démocratie. La gigantesque marche qui a regroupé à Paris 50 Chefs d’Etat et de gouvernement en est une illustration frappante.


Au moment où l’unité nationale réclamée et obtenue par le Président français HOLLANDE rencontre ses limites avec les critiques de l’ancien Président Sarkozy, il apparait clairement que la page de cette tragédie est fermée et que l’on peut enfin réfléchir sur l’après attentat de Charlie Hebdo au nom de la liberté d’expression et non au nom de la sécurité tout court.

En refusant de reproduire la Une de Charlie Hebdo avec la caricature du Prophète Mahomet, son frère jumeau des Pays Bas, qui a ainsi opté pour la prudence, invite à une réflexion sur la liberté d’expression et de ses limites.


Il est communément admis que la loi seule limite la liberté. En réalité, plus que la loi, c’est le sens des responsabilités qui limite la liberté des uns et des autres. En effet, même si la loi autorise une action, au nom de quoi peut-on prendre la liberté d’entreprendre cette action, si l’on sait que l’on engage non seulement sa vie, mais surtout celle d’autres personnes, dont on est responsable ?


Il est vrai que pour le capitalisme, qui ne risque rien, n’a rien et n’est rien. Mais quand on risque tout, qu’a-t-on ? Et qui est-on ? On a quelques fois des tragédies comme celle de Charlie Hebdo, et on est dans le meilleur des cas des martyrs, c’est à dire des héros dont l’exemple ressemble à bien des égards à celui des kamikazes, des terroristes qui se font exploser avec une bombe tuant beaucoup d’autres personnes.

Aucune liberté ne peut engager à de tels sacrifices. Toute liberté ne peut fondamentalement que rechercher les voies qui permettent à la vie d’être attrayante, qui refondent la vie et la font préférer au suicide. Vue sous cet angle, la liberté d’expression style Charlie Hebdo n’a pas empêché trois jeunes gens de prendre le risque d’attentats suicidaires, car en perpétrant ces attentats ils savaient bien qu’au bout ils seraient tués.
Cette liberté d’expression est la sœur jumelle de la liberté économique qui enrichit les plus riches, appauvrit les plus pauvres et accule beaucoup de jeunes à se livrer aux organisations terroristes, qui légitiment leur combat par le refus d’un ordre mondial injuste.

L’Islam n’est pas le Christianisme

Et pour en revenir à la liberté d’expression, les caricatures de Mahomet ont quelque chose d’injuste. Un dessin par nature est la représentation d’un objet ou d’une personne auxquelles il ressemble.
Si l’Eglise catholique en faisant la promotion de certaines images du Christ et des Saints invite à les caricaturer, l’Islam refuse catégoriquement de représenter d’une manière ou d’une autre, surtout officiellement une image de son prophète.

En clair, les caricaturistes dessinent un prophète, qu’ils n’ont jamais vu, que l’Islam ne représente jamais officiellement en image : ces caricatures n’ont aucune référence. Elles ne ressemblent qu’à ce que leurs auteurs s’imaginent, et comme elles ne montrent jamais l’Islam sous le meilleur jour, forcément elles déchaînent d’horribles passions.


De plus, l’Islam n’est pas le Christianisme, dont le personnage central, Jésus, a été humilié, crucifié, est mort. Même s’il a fait un pied de nez à la mort en ressuscitant, sa passion a préparé ses fidèles à supporter les pires quolibets, et il est difficile voire impossible de dire sur cette religion, quoi que ce soit qui puisse choquer ses fidèles au point qu’ils en viennent à tuer. C’est dire que traiter l’Islam comme on traite le Christianisme, c’est méconnaitre l’histoire de ces deux religions. C’est se tromper.

L’Islam est appelé en ce 21ème siècle à faire sa révolution interne, à en croire Malraux qui disait que le 21ème siècle sera le siècle de l’Islam. Il a besoin qu’on ne le provoque pas, qu’on ne l’humilie pas, comme le colonialisme a eu à le faire, qu’on lui reconnaisse ses valeurs, ses richesses abondantes, qu’il s’agisse des ressources naturelles, qu’il s’agisse de sa jeunesse, qu’il a besoin d’éduquer, de rassurer sur sa dignité et sur son engagement au service d’un monde de tolérance, de justice et de paix.

Si on peut l’y aider l’Islam rencontrera le 21ème, et ce dernier sera le siècle de l’Islam, parce que l’Islam fera sa révolution pour un monde plus juste, plus humain, plus fraternel. Si au contraire, on continue à mal le connaitre, le provoquer, l’Islam rencontrera le 21 ème siècle dans une révolution tout de même, mais au prix fort pour un monde, où on continue à faire croire dans des hymnes nationaux ou dans des prêches- il n’y a pas de grandes différences- qu’il y a un sang impur qu’on peut verser et un sang pur, qu’il faut se garder de verser.

En clair accompagner l’Islam dans sa révolution du 21ème siècle, c’est commencer à achever celle de l’occident triomphant, qui veut donner des leçons avec des repères qui choquent, et qui oublie souvent que l’histoire est la mère des sciences tout comme nos institutions, produits de cette histoire sont le reflet d’une âme en quête sans cesse d’amélioration pour convier les autres à s’améliorer aussi.

Dy GILID

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