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Le Togo ou le cri de désespérance : Élayi !
Publié le lundi 16 fevrier 2015  |  Afriquinfos


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Il est aisé de continuer à se laisser convaincre que le sort de notre pays, le Togo, procède de la volonté de Dieu. Je ne suis pas dans le secret de Dieu, mais la faculté de discernement qu’il m’a accordé m’autorise à dire que ce sort ne vient ni de «Mawu» ni de « Esso » et encore moins de « Essoo. »


Est-ce la volonté de Dieu que les richesses mises par ses soins sur notre terre, pour le profit de tous, soient accaparées par quelques-uns? Est-ce la volonté de Dieu que l’injustice s’enracine, croisse et fleurisse sur notre terre? Est-ce la volonté de Dieu que la corruption se loge dans nos institutions et les gangrène? Est-ce la volonté de Dieu d’affamer le peuple, de le priver des lumières de l’éducation et des soins de santé?
Dieu nous a fait tous hommes pour que nous vivions ensemble, c’est la politique qui nous a fait différents. C’est elle qui a mis les uns au-dessus des autres. Trop souvent, à la hardiesse de nos gouvernants, nous répondons par l’incurie. Les gouvernants ne tiennent pas promesse, nous disons : « Élayi ». Ils abusent du pouvoir que nous leur avons confié, nous nous écrions : « Élayi ». Voilà que ces hommes nous leurrent, nous dépouillent, nous clamons : « Élayi». Ils nous privent de nos droits et de nos libertés, nous répétons : « Élayi. »
En nous remettant entièrement à eux, nous renonçons à nos droits et à nos libertés, nous abdiquons, nous abandonnons le champ politique à la seule volonté des gouvernants. « Élayi », en dépit des apparences, n’est pas notre allié.
Alors, pour les prochaines élections, faut-il voter? Faut-il s’abstenir? Telles sont les questions que je me pose à la veille du prochain scrutin présidentiel. Une manifestation opposante massive par la voie du scrutin pourrait-il être utile et fera-t-il enfin naitre le Changement?
Le parti au pouvoir n’a-t-il pas déjà au préalable arrêté le nombre de voix qu’il lui convient d’obtenir et de dépasser le jour du scrutin.
A l’heure qu’il est son chiffre n’est-il pas déjà fait. Le scrutin n’y changera rien. Où en sont les garantis? Où est le contrôle? Songez à toutes les dérisions à venir. Qu’est-ce qui sortira de l’urne? La volonté de ceux qu’on connait. Pas autre chose. Ils ont les clefs des urnes en mains, les oui et les non dans leurs mains, le vote dans leurs mains. Ils s’enfermeront en tête à tête avec le scrutin et le dépouilleront. Pour eux, ajouter ou retrancher des voix, altérer un procès-verbal, inventer un total, fabriquer un chiffre, qu’est-ce que c’est? Un mensonge c’est-à-dire peu de choses, un faux c’est-à-dire rien.

L’image que projette notre démocratie aujourd’hui semble être la parfaite illustration du mythe de Sisyphe. Rappelons que Sisyphe est ce personnage de la mythologie grecque qui, pour s’être opposé au dieu Zeus, est condamné à pousser un rocher jusqu’au sommet d’une montagne sans y parvenir, car dès qu’il approchait du but, le rocher roulait jusqu’au pied de la montagne, ce qui l’obligeait à recommencer sans cesse.
Le Togo est comparable à Sisyphe, la montagne c’est ici le processus de démocratisation, la démocratie est le sommet de cette montagne, le rocher les mentalités et les comportements antidémocratiques identifiables dans la société. Nous appelons complexe de Sisyphe, le sentiment d’incapacité et d’impuissance que fait naître en nous l’échec d’une action répétitive mise en œuvre pour atteindre un but.
Dans une démocratie, le peuple est détenteur de la souveraineté. Il exerce son pouvoir par l’intermédiaire de représentants élus. Dans un État captif comme celui du Togo, les élections libres et transparentes au cours desquelles s’observent des irrégularités qui ne sont pas de nature à remettre en questions les résultats définitifs, pour reprendre les expressions consacrées, donnent aux peuples l’illusion qu’ils détiennent la souveraineté. En réalité, le premier représentant du peuple est choisi ailleurs, et chaque élection est un artifice destiné à légitimer des choix exogènes ou des officines dans lesquelles les chiffres subissent des manipulations machiavéliques.
Quant aux élites, elles tiennent un discours républicain quand elles sont dans l’opposition, et se comportent en monarques quand elles accèdent au pouvoir.
En politique, tout bien comme tout mal viennent de l’homme et de l’homme seulement. Ici il est plus question de maux que de biens, de ces maux que ces gouvernants nous infligent et que notre incurie nous fait endurer.
Mais fort heureusement, « l’homme est le remède de l’homme». Il ne nous reste plus qu’à nous tourner vers nous-mêmes, à nous en remettre à notre volonté propre pour triompher. Triompher avec l’ensemble des forces progressistes du peuple, celles qui savent que le statu quo les condamne à la régression, puis à la mort, celles qui, par conséquent, veulent le changement et le portent en elles. Si ce changement intéresse toutes les forces progressistes, il concerne plus particulièrement la jeunesse qui est avenir. Je crois donc que le remède est dans la jeunesse et que la jeunesse est le remède.

Hélène KAZIENDE DJONDO


P.S. : Ce n’est ni par vocation, ni parce qu’ils ont des idées ou des projets porteurs de changements pour la société, encore moins pour servir leurs concitoyens que certains hommes entrent en politique, mais pour assouvir leurs intérêts.


La durée du règne du monarque chez de nombreux peuples d’Afrique Noire était limitée, elle était généralement de huit ans. Dans les temps les plus reculés, au terme de ses huit années de règne, le roi était mis à mort; la mise à mort rituelle du roi devint par la suite symbolique. Ce qui mérite d’être retenu de cette pratique antique, c’est l’idée de limitation de la durée du règne. Or, la vie est faite aussi de conflits, et la diversité, même si elle est potentiellement conflictuelle, elle ne s’oppose radicalement ni à la cohésion, ni à la coexistence pacifique des différentes parties.

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