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Liberté N° 1966 du 18/6/2015

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Gouvernement Selom Klassou:Une équipe à fortes couleurs de l’opposition en perspective
Publié le vendredi 19 juin 2015  |  Liberté


© aLome.com par Parfait
Le PM Ahoomey-Zunu a passé la main à Selom Klassou en fin de matinée ce 10 juin. Le sortant s`est dit disposé à servir à nouveau le plus tôt possible l`Administration de son pays.
Lomé, le 10 juin 2015. Primature. Passation de service entre les sieurs Ahoomey-Zunu et Selom Klassou, en attendant la formation du nouveau Gouvernement


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Togo - Depuis le vendredi dernier, le nom du Premier ministre devant conduire le tout premier gouvernement du 3e mandat arraché de Faure Gnassingbé est connu. Il s’agit de Komi Sélom Klassou. Passé l’euphorie de sa nomination, tous les regards sont dirigés vers le nouveau locataire de la Primature pour la formation du gouvernement très attendu au regard des défis et des attentes des populations. Mais quelle équipe le Premier ministre formera-t-il ? Et pour quel impact sur les misères existentielles éternelles des Togolais ? Une chose s’annonce tout de même certaine, on s’achemine vers un gouvernement à forte présence de l’opposition, au regard des manifestations d’intérêts.


Des manifestations d’intérêts tous azimuts au sein de l’opposition

Le Togo n’est pas à son premier gouvernement de l’ère post démocratique. On devrait en dénombrer une bonne vingtaine au moins. Et certains ont vu embarquer des personnalités de l’opposition, en accord ou pas avec leurs partis politiques. C’est souvent la stratégie de débauchage qui était utilisée par le pouvoir qui faisait miroiter les avantages d’être ministre pour hâmeçonner des cadres de l’opposition dont certains mordent à l’appât, sans même considérer l’avis des premiers responsables de leur formation politique. Le cas le plus illustratif est sans doute celui de feu Amah Gnassingbé, qui dit être allé au gouvernement en septembre 2006 suite à l’Accord politique global (Apg), « à titre personnel ».

Très souvent, les opposants se font prier pour entrer au gouvernement et rejettent les offres. Mais la particularité de l’équipe gouvernementale à venir tient au fait qu’elle suscite assez de convoitises au sein de l’opposition. Les manifestations d’intérêts ouvertes ou appels du pied au sein de ce courant politique se multiplient. Les leaders de partis qui se peignent toujours de l’opposition, sont les premiers à monter sur les antennes, juste au lendemain de la nomination du Premier ministre et à se déclarer prêts à entrer au gouvernement, avant même que d’éventuelles propositions ne leur soient faites. Des sortes de « J’ai l’honneur » indirects adressés à qui de droit, « dans l’espoir d’une suite favorable » que certains conçoivent comme de la mendicité de poste au gouvernement.

Agbeyomé Kodjo, l’ancien Premier ministre qui veut être ministre

C’est le tout premier de la liste des opposants (sic) qui veulent « manger ministre ». Rien d’étonnant en fait pour les Togolais avertis des transferts au sein du landerneau politique togolais. Agbéyomé Kodjo qui n’a pas pu se refaire une santé politique au sein de l’opposition, a effectué depuis les législatives de juillet 2013 sa transhumance politique, avec son « Akpo » préféré – suivez les regards – et le reste de ses affidés. Relativement muet depuis l’élection présidentielle du 25 avril dernier à laquelle lui, le plus intelligent et stratège (sic) de l’opposition ne s’est pas présenté, il s’est fait violence pour s’inviter sur les médias et réagir à la nomination du Premier ministre et profiter pour exprimer sa disponibilité à entrer au gouvernement. Le but en fait de ses interventions. Le timing est parfait, il a attendu la nomination du nouveau Premier ministre pour introduire sa requête.

« Si le nouveau Premier ministre consulte Obuts ou demande à Obuts de fournir des cadres pour l’accompagner dans sa mission, nous trahirons la République si nous n’acceptons pas. Nous pouvons libérer l’expérience que nous avons au profit de son action gouvernementale et je désignerai les hommes et les femmes nécessaires pour l’accompagner», a fait savoir lundi sur une radio de la place, le patron de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (Obuts). En clair, l’ancien Premier ministre est prêt à « manger ministre », afin d’entretenir ses vieux os. Et en bon dragueur, il a profité pour faire du « atalaku » à Selom Klassou, c’est-à-dire le louanger, tel un Balla Fasséké des temps modernes, dans l’espoir d’une suite favorable. « C’est un travailleur et un bosseur. J’espère que la détermination que je lui connaissais, il va l’utiliser pour relever le défi de la mission que le chef de l’Etat lui a confiée», a –t-il débité. Vivement que Selom Klassou écoute ce cri de détresse (sic), fasse preuve d’humanisme et sauve une âme…

Gerry Taama, la nouvelle girouette de l’opposition

Le patron du Nouvel engagement togolais (Net) et candidat à l’élection présidentielle du 25 avril dernier est prêt à entrer au gouvernement. C’est ce qu’il a laissé entendre sur une radio dimanche dernier. S’il y a une ouverture franche qui assure l’autonomie de sa formation politique et un gouvernement qui fait appel à la compétence de tous les partis, le Net pourrait apporter son savoir-faire, a-t-il dit en substances. « En 2013, nous avons été consulté, mais nous avons dit non, parce que nous n’avions pas d’expérience. Mais trois ans après, nous avons des choses à prouver », a fait savoir Gerry Taama. C’est quoi l’expérience dont il parle ? La gestion du parti créé depuis seulement trois ans (le 28 avril 2012 notamment) et la participation au scrutin du 25 avril dernier ?

En tout cas, l’argument pour justifier l’entrée au gouvernement est tout trouvé : contribuer à la construction du pays. Le refrain commun et le prétexte idéal pour cacher ses envies de se faire une santé financière au gouvernement devenu une mangeoire au Togo. Les observateurs de la scène politique togolaise, notamment dans le cadre du débat sur la mise en œuvre des réformes et du processus électoral ne sont guère étonnés de cette position de Gerry Taama que l’on caricature certains milieux d’« opposant gag » ou de « nouvelle girouette de l’opposition ».

Son rapprochement avec le pouvoir est d’ailleurs un secret de Polichinelle. Durant tout le débat sur le processus, ses positions ont souvent été curieusement contre Jean-Pierre Fabre et les siens que contre le pouvoir. Il suffisait de consulter sa page Facebook pour se rendre à l’évidence. Le monsieur n’hésitait pas à tirer à boulet rouge sur les siens et étaler sur la place publique les cuisines internes des discussions politiques auxquelles il participait au sein du Combat pour l’alternance politique en 2015 (Cap 2015). Alors qu’au lendemain de l’élection présidentielle, presque tous les candidats de l’opposition dénonçaient les fraudes massives et le hold-up électoral, il s’est fait violence pour voler encore au secours de Faure Gnassingbé, laissant entendre que les résultats publiés par Taffa Tabiou sont conformes à ceux à lui remontés par ses délégués dans les bureaux de vote alors même qu’il n’avait des représentants que dans un nombre infime de bureaux. Gerry Taama tantôt à la cérémonie de présentation de vœux à Faure Gnassingbé, tantôt à sa prestation de serment, rien d’étonnant qu’il en arrive là. C’est dire qu’il préparait en quelque sorte depuis longtemps le terrain pour le grand saut. « Vouloir être ministre, après avoir été missionné pour dynamiter le Cap 2015, cela ne m’étonne pas de mon condisciple Gerry Taama », glose, entre autres propos, un compatriote sur l’unique militaire qui a démissionné de l’armée togolaise et veut s’opposer au pouvoir des Gnassingbé – hum…

L’UFC, la CPP et compagnie

Au contraire des responsables de l’Obuts et du Net qui n’ont exprimé leur intention qu’après l’officialisation de la nomination de Selom Komi Klassou, le parti de Son Excellentissime Gilchrist Olympio l’a fait depuis longtemps. L’Union des forces de changement (Ufc) au gouvernement depuis 2010 compte bien y rester. C’est ce qu’ont signifié depuis le 31 mai dernier deux proches du Maréchal au cours d’une émission radio. Ils ont dit le parti vouloir continuer « l’œuvre » commencée et qui devra arriver à son terme avec l’avènement d’une alternance politique « apaisée ». « L’Ufc estime que son expérience de l’accord de 2010 est positive et que la consolidation des acquis passe par une poursuite de l’accord. Si le président Faure Gnassingbé estime que l’Ufc peut encore jouer un rôle dans les 5 prochaines années, le bureau politique de l’Ufc en décidera », ont-ils déclaré. C’est clair donc, le parti est prêt à « faire sa part » au gouvernement de Sélom Klassou. Gilchrist Olympio n’a d’ailleurs pas le choix, le parti est fini et ne peut encore subsister politiquement que par sa participation au gouvernement.

Dans les mêmes veines, il faudra aussi compter avec la Convergence patriotique panafricaine (Cpp) de Francis Ekon qui a adoubé la candidature de Faure Gnassingbé à un 3e mandat et était de sa prestation de serment, la Nouvelle dynamique populaire de Gilbert Atsu et le Parti pour la démocratie et le renouveau (Pdr) qui se sont aussi associés à cet appel. Plein d’autres cadre de partis de l’opposition – sans doute au sein du Cap 2015 aussi – pavlovent tout en silence à l’idée d’entrer au gouvernement. L’équipe Selom Klassou s’annonce donc à fortes couleurs de l’opposition, celle partisane du « manger un peu »…

Tino Kossi

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