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13 jours après la formation du gouvernement Premier ministre et ministres dans l’impasse, le premier conseil des ministres se fait désirer . Va-t-on vers une « bouteflikatisation » du Togo ?
Publié le dimanche 12 juillet 2015  |  Icilome




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Les membres du nouvel exécutif togolais ne se sont pas toujours réunis en conseil des ministres. Une situation qui témoigne de la gestion à vue qui a cours au Togo.


Après plusieurs jours d’attente, le premier gouvernement du tandem Gnassingbé Klassou a été rendu public le dimanche 28 juin dernier. Ensuite, les choses se sont accélérées puisque la plupart des ministres ont, dans la matinée du 29 juin, procédé à la traditionnelle cérémonie de passation de services. Dans l’après-midi, le Premier ministre et les ministres étaient à l’Assemblée nationale pour présenter aux députés le programme d’action du gouvernement et recevoir en retour leur confiance. Et l’exercice s’est déroulé sans anicroche. Mais treize jours après la formation du gouvernement, les conseils des ministres se font désirer. Deux mercredis, le jour traditionnellement choisi pour les conseils des ministres, se sont déjà passés.

En France, le Conseil des ministres est défini comme la formation collégiale réunissant l’ensemble des ministres (les secrétaires d’Etat y siègent normalement lorsque des affaires de leur compétence y sont évoquées), manifestant en quelque sorte l’unité gouvernementale. Le Secrétaire général du Gouvernement et le Secrétaire général de la présidence de la République y assistent également.

Le Conseil des ministres se réunit, sous la présidence du président de la République, une fois par semaine, le plus souvent le mercredi, à l’Elysée. L’ordre du jour est déterminé de manière conjointe par le président et le Premier ministre. Le chef du Gouvernement le propose, et le chef de l’Etat l’arrête. De plus, le Conseil des ministres permet au président de la République de contrôler l’élaboration et la mise en œuvre de la politique du gouvernement et de donner ou refuser son accord à un certain nombre de décisions importantes.

Que prévoit la loi dans le cas togolais ? « Le président de la République préside les conseils des ministres », précise l’alinéa 3 de l’article 66 de la constitution. Y doivent prendre part « le Premier ministre, les ministres, et, le cas échéant, les ministres d’Etat, les ministres délégués et les Secrétaires d’Etat » (article 76). Bien que n’étant écrit nulle part dans la constitution, les secrétaires généraux du gouvernement et de la présidence de la République participent également à ces conseils des ministres. Certes la loi est muette sur les conditions dans lesquelles ces réunions devraient être organisées. Mais souvent, les conseils ont lieu tous les mercredis comme le font les Français. Au temps d’Eyadema qui n’a pas fait les grandes écoles occidentales, les réunions se tenaient chaque mercredi et dans la nuit, tous les Togolais restaient devant leur poste-téléviseur afin de suivre le compte rendu. Une habitude républicaine que n’ont pas malheureusement Faure Gnassingbé et ses nouveaux venus dans le marigot politique togolais. Comme c’est le chef de l’Etat qui préside les conseils des ministres, rien ne se fait quand il est absent du territoire ou « de mauvaise humeur ». C’est ainsi que le pays passe un voire deux mois sans conseil des ministres. Parfois, pour combler le vide, il est organisé des conseils des ministres imaginaires que des membres du gouvernement découvrent au même moment que les téléspectateurs.

« Il nous a été demandé en fin de semaine dernière de préparer nos dossiers pour le conseil des ministres prévu le mercredi 8 juillet. Mais depuis, personne ne nous a plus rien dit. Nous attendons toujours », confie à notre Rédaction un ministre qui a requis l’anonymat. Une situation étonnante surtout que le dernier conseil des ministres remonte à mars 2015. « Il y a quatre mois que le pays est paralysé. Et il était important qu’après la période électorale les choses aillent rapidement. Mais deux mois après la prestation du serment du chef de l’Etat, le pays continue de tourner au ralenti. Ce qui n’est pas une bonne chose », se plaint un ancien député.

Aujourd’hui, de plus en plus de voix autorisées parlent de la « bouteflikatisation » du Togo, allusion faite au président algérien Abdelaziz Bouteflika qui, malade - il visite plus les cabinets médicaux que son propre cabinet présidentiel, selon les médias algérien -, gère le pays par procuration. « Le gouvernement est à l’image d’un gouvernement de Bouteflika », a expliqué le député Jean Kissi le 1er juillet dernier sur une radio de la place. « Au moment où les défis imposent la mobilisation de toutes les énergies du pays, les institutions continuent à être fragilisées par les fréquentes disparitions du chef de l’Etat. Rien ne peut marcher dans le pays puisqu’il concentre tous les pouvoirs entre ses mains malgré l’existence du Premier ministre. Il y aura forcément des cacophonies parce que chaque individu tentera de donner des consignes », fait remarquer un diplomate européen.

En attendant le premier conseil des ministres, avouons que le pays traverse actuellement une zone d’incertitude.

R. Kédjagni

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