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Interview du Président Jean-Pierre FABRE, Président National de l’ANC, Chef de file de l’opposition
Publié le vendredi 9 octobre 2015  |  Anc Togo


© AFP par ISSOUF SANOGO
Jean-Pierre Fabre, chef de file de l`opposition togolaise


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Liberté: M. Jean-Pierre Fabre, vous êtes Président National de l’ANC, candidat malheureux de CAP 2015 à l’élection présidentielle du 25 avril 2015, selon les résultats officiels. Depuis la proclamation des résultats de ce scrutin, vous avez effectué deux tournées en Europe. Peut-on connaître les mobiles de ces déplacements ? Que peut-on en attendre ?

Mes déplacements en Europe font partie des activités normales du dirigeant politique que je suis. Ces déplacements me permettent d’honorer mes calendriers de rendez-vous avec des officiels, notamment en France, en Allemagne et à la commission de l’UE en Belgique.

Du 22 au 25 septembre dernier, j’étais en mission officielle pour prendre part, en ma qualité de député, à la 39ème session de l’Assemblée parlementaire ACP à Bruxelles. C’était également une occasion de rencontres avec des personnalités intéressées à divers titres par l’actualité sociopolitique du continent africain et du Togo.

Naturellement, chaque séjour en Europe me permet d’échanger de vive voix avec nos compatriotes de la diaspora et bien évidemment avec les structures fédérales internationales de l’ANC.

Les sujets qui ont dominé les entretiens que j’ai eus avec mes interlocuteurs européens portent sur le coup de force électoral d’avril 2015, les réformes politiques et électorales en attente, l’organisation des élections locales, l’affaire des incendies des marchés, la situation au Burkina Faso, etc.

J’ai remis à mes interlocuteurs des exemplaires du mémorandum rendu public par CAP 2015 sur le coup de force électoral et je leur ai indiqué que nous attendons toujours la publication des rapports de l’OIF et de l’UE sur l’élection présidentielle de 2015. Cette publication nous importe parce que l’embargo actuel constitue un encouragement tacite aux mauvaises pratiques du régime RPT/UNIR. En effet, nous sommes persuadés que ces rapports contiennent des recommandations à la mesure des graves irrégularités et fraudes relevées au cours du processus électoral.

Liberté: M. le Président, il y a bientôt six mois que les résultats de l’élection présidentielle ont été proclamés par la CENI et validés par la Cour Constitutionnelle, donnant le candidat du parti UNIR vainqueur. Mais vous réclamez toujours votre victoire à cette élection. Le mardi 11 août 2015, au cours d’une conférence de presse, CAP 2015 a rendu public le mémorandum dont vous venez de parler. Que contient ce mémorandum ?

Le mémorandum de CAP 2015 a démontré que l’élection présidentielle du 25 avril 2015 est sortie de son cadre légal. Il s’agit donc d’un nouveau coup de force électoral.

Au soir du 28 avril 2015, en violation de la directive interne de la CENI et de l’accord du 24 avril 2015, qui préconisent la vérification des procès-verbaux des bureaux de vote litigieux et contestés, le président de la CENI a décidé de proclamer, de manière unilatérale et sous la protection de militaires fortement armés et cagoulés, des résultats sortis de nulle part.

Comme vous le savez, seuls les procès verbaux de 14 CELI sur 42, choisis à dessein par le président de la CENI, ont été examinés par l’assemblée plénière de la CENI, sans être validés. Ces procès-verbaux comportent de nombreuses irrégularités qui entachent gravement la sincérité du scrutin. Il s’agit notamment, de totaux erronés, de procès-verbaux signés par un seul et même individu, de bourrages d’urnes, de votants anormalement supérieurs au nombre d’inscrits, de votants supérieurs au nombre de population en âge de voter, ainsi que de milliers de procurations en blanc signées par des préfets et des magistrats présidents es qualité des CELI. En protestation contre ces fraudes massives, nos représentants dans les CELI et dans certains bureaux de vote ont refusé de signer les procès-verbaux. Nous envisageons des actions en justice contre les auteurs de ces fraudes et irrégularités.

Liberté : M. le Président, après la publication de ce mémorandum, qu’attendez-vous des Togolais? Ou, que peuvent attendre les Togolais de vous?

Ce mémorandum est le fruit d’une analyse méticuleuse des rapports et des procès-verbaux, bureau de vote par bureau de vote, provenant de nos membres dans les bureaux de vote et dans les CELI. L’objectif de ce mémorandum est de situer l’opinion nationale et internationale sur la réalité des mascarades électorales au Togo et de prouver à tous que le pouvoir d’Etat au Togo est confisqué par un clan avec le soutien d’une partie de l’armée.

La preuve étant faite que le scrutin présidentiel du 25 avril 2015 est sorti de son cadre légal, il est clair que le régime actuel, le RPT/UNIR, est illégal et illégitime. Nous devons le combattre conformément au préambule de notre Constitution qui dispose en ses alinéas 1 et 6, je cite : « Nous, Peuple Togolais, nous mettant sous la protection de Dieu… proclamons solennellement notre ferme volonté de combattre tout régime fondé sur l’arbitraire, la dictature, l’injustice. »

Le peuple togolais doit donc prendre son destin en main, comme l’y invite le préambule précité de notre Constitution.

Liberté : M. le Président, vous êtes député, membre du groupe parlementaire ANC. Quelle est l’attitude de votre groupe dans le débat parlementaire ? Qu’en est-il de l’application des lois votées par l’Assemblée nationale ?

Le problème de fond, c’est que nous sommes en face d’un régime autocratique avec une majorité parlementaire mécanique et antirépublicaine, essentiellement préoccupée par son propre maintien au pouvoir par tous les moyens.

Rappelez-vous qu’en 2005, cette majorité n’a pas craint de malmener la Constitution en la modifiant en dépit de l’article qui en interdit toute modification pendant la période de vacance du pouvoir. Rappelez-vous également qu’en 2012, la même majorité a, en violation flagrante de la Constitution et du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, révoqué neuf députés de l’ANC de leur mandat parlementaire. Rappelez-vous enfin qu’en 2014, cette même majorité a fait obstacle à l’aboutissement de la proposition de loi sur les réformes politiques, après avoir rejeté le projet de loi sur les mêmes réformes, introduit par le gouvernement qu’elle est censée soutenir.

Quant à l’application des lois votées par l’Assemblée nationale, elle relève principalement de l’exécutif. On constate généralement que le régime RPT/UNIR ne respecte pas les lois de notre pays. On constate également que des lois sont votées mais leurs décrets d’application ne sont pas pris. A titre d’exemple : la loi sur la lutte contre la corruption et les infractions assimilées, la loi portant statut général de la fonction publique, la loi portant statut spécial de la police, la loi portant statut de l’opposition, etc. Sur ce dernier point, je voudrais vous dire que la loi du 12 juin 2013 fait du président de l’ANC, parti de l’opposition ayant le plus grand nombre de sièges à l’Assemblée nationale, le Chef de file de l’opposition. Mais le gouvernement s’est jusqu’à présent refusé de prendre le décret qui doit permettre la mise en œuvre de ce statut.

Le groupe parlementaire ANC a toujours relevé en vain les manquements de l’exécutif, lors des débats à l’Assemblée Nationale, notamment à travers les questions orales et les explications de vote. Le groupe parlementaire ANC n’a de cesse de dénoncer les anomalies dans la composition et le fonctionnement du bureau et de la conférence des présidents.

Il nous importe donc, de mettre rapidement fin à cette situation qui fait de l’Assemblée nationale une façade cosmétique de la démocratie au lieu d’une institution légitime et véritablement représentative des populations togolaises.

Liberté : M. le Président, que pensez-vous de l’information selon laquelle le gouvernement vient d’attribuer l’organisation de l’état civil du Togo au groupe ZETES ?

J’ai lu dans des journaux et sur des sites web cette information qui me paraît plutôt surprenante en raison des piètres performances de ce groupe qui a été à plusieurs reprises, dans l’incapacité de fournir à notre pays, un fichier électoral fiable. Plus graves, de fortes présomptions de fraudes et de complicité de fraudes pèsent sur ce groupe à qui le gouvernement togolais a attribué en toute opacité des marchés de gré à gré pour la confection d’un fichier électoral et la révision des listes électorales.

Au cas où le projet se confirme, l’ANC s’y opposera fermement et mobilisera les populations pour empêcher sa réalisation par ZETES.

Du reste, ma plainte déposée en mars 2015 contre ce groupe pour faux en informatique et usage de faux, est toujours pendante devant les tribunaux à Bruxelles en Belgique.

Liberté : M. le Président, vous êtes un des hommes politiques togolais qui sillonnent régulièrement notre pays et qui sont donc en contact permanent avec les populations. Pouvez-vous nous dire aujourd’hui quel est le prix de certaines de nos denrées de première nécessité, notamment le maïs ?

Vous voulez peut-être apprécier ma connaissance du quotidien de mes compatriotes ?

Eh bien, sachez que je m’informe régulièrement de l’évolution des prix des produits de première nécessité lors de mes nombreuses tournées dans les marchés de Lomé et ses environs ainsi que ceux de l’intérieur du pays. De plus, chaque fois que l’occasion me le permet, j’accompagne mon épouse faire les courses pour la maison.

Je dois donc vous dire qu’aujourd’hui, le prix du bol de maïs oscille entre 600 et 700 francs selon les marchés, soit une différence de plus de 50% pour la période. Vous voyez donc que le maïs, l’une des bases de notre alimentation, devient un produit de luxe. La question est de savoir où sont passées les réserves que le ministre de l’Agriculture et l’ANSALT sont censés constituer pour faire face à une telle situation.

Par ailleurs, je sais que les prix des denrées telles que le « dowèvi », le haricot, le gari, etc., connaissent une envolée insoutenable. Comment voulez vous qu’avec un SMIG de 35 000 F. CFA, un ménage puisse vivre, se nourrir, se soigner, se loger, se vêtir, se déplacer et scolariser ses enfants ? Cette situation déjà inacceptable est aggravée par l’augmentation injustifiée des prix des produits pétroliers à la pompe, alors que le prix du baril est constamment en baisse.

Liberté : Vous semblez, M le Président, donner raison aux travailleurs togolais qui revendiquent l’amélioration de leurs conditions salariales ?

Bien sûr que les travailleurs sont fondés à revendiquer une amélioration de leur rémunération. Le régime RPT/UNIR a toujours affiché un mépris pour les revendications légitimes des populations togolaises, notamment celles de travailleurs. Le refus obstiné de répondre à ces revendications va de pair avec le pillage des ressources nationales par une minorité qui régente ce pays.

Il ressort de l’analyse de l’évolution de la masse salariale et des ressources disponibles, qu’il faut entre 15 et 20 milliards de francs CFA pour satisfaire les revendications des travailleurs. Le Togo dispose de ressources suffisantes pour répondre rapidement à cette attente. Il suffirait de mettre un terme aux détournements des deniers publics, à la corruption, à la fuite des capitaux, aux gaspillages ainsi qu’aux endettements publics fantaisistes et inconsidérés. En somme, veiller à une gestion saine et transparente des ressources publiques.

Liberté : M. le Président, votre parti, l’ANC, attache justement beaucoup d’importance à une gestion saine et transparente des ressources publiques. Quels commentaires vous inspirent les conclusions des rapports que viennent de rendre publics le FMI, l’ITIE et l’ARMP ?

Ces rapports, dont il faut souligner la pertinence et la qualité, confirment les dérives du régime RPT/UNIR que nous n’avons cessé de dénoncer. D’autres rapports comme celui établi à la demande de la Conférence conjointe UA/CEA des ministres des Finances, de la Planification et du Développement Economique, celui de Open Society Initiative for West Africa (OSIWA) et celui de Global Financial Integrity (GFI) sont tout aussi pertinents et de grande qualité. Tous ces rapports font état de la gouvernance calamiteuse de nombreux pays africains dont le Togo, considérés comme de ‘’mauvais élèves’’ par les institutions financières internationales.

Rappelez-vous, le 2 septembre 2014, lors d’une conférence de presse à l’hôtel Ada-Oba, nous avons analysé et commenté le rapport de GFI couvrant la période 2002-2011 et publié en 2013. Nous avons relevé que notre pays subit, depuis des décennies, un pillage, un siphonage systématique de ses richesses. Pour la période sous revue, ce pillage est estimé à 9 233,5 milliards de F CFA dont 8 233 milliards entre 2005 et 2011, soit plus de 1 000 milliards par an pendant la période de gouvernance de Faure Gnassingbé. On constate que chaque année depuis 2005, les flux financiers illicites sont très largement supérieurs aux budgets de l’Etat togolais.

Le rapport de GFI qui est toujours d’actualité, est corroboré par les rapports d’OSIWA et de la Conférence conjointe UA/CEA.

De plus, dans son rapport au titre des consultations article IV pour le Togo en 2013, le FMI tire la sonnette d’alarme en indiquant que « les déficits budgétaires se sont creusés ces dernières années, ce qui limite la marge de manœuvre budgétaire et soulève des inquiétudes sur la viabilité des finances publiques ». Le gouvernement de Faure Gnassingbé ne semble pas en avoir conscience et les recommandations pertinentes du FMI qui, je m’en félicite, rejoignent ‘’mes engagements pour le Togo’’ contenus dans mon projet de société, continuent de demeurer lettres mortes.

Les rapports de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) et de l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE) soulignent surtout le manque de transparence dans l’attribution des marchés publics et dans la gestion des ressources extractives. Le maintien d’une telle opacité dans ces domaines traduit à l’évidence, la volonté du régime RPT/UNIR de favoriser les flux financiers illicites.



Liberté Notre pays devait accueillir un sommet sur la sécurité maritime, un grand évènement qui est finalement reporté sine die. Quelles retombées pensez-vous que le Togo pouvait attendre de cette conférence ?

Le défi sécuritaire est une préoccupation majeure qui tient une place de choix dans notre projet de société et les menaces réelles et potentielles actuelles ne laissent personne indifférent. Mais de là à faire d’un sujet aussi capital un fonds de commerce est tout simplement regrettable. Le tintamarre orchestré autour du sommet sur la sécurité maritime que le Togo est censé accueillir n’a d’autres justifications que les appétits mercantiles du système RPT/UNIR qui trouve encore une occasion de faire main basse sur des deniers publics à travers de gros contrats de travaux de toutes sortes, distribués à tout va, à des proches, à des intimes. C’était également, l’occasion de tenter de s’octroyer au plan international, la légitimité qu’aucun coup de force électoral ne peut accorder.

En fait, le régime RPT/UNIR, qui ne respecte pas la Constitution et les lois de la République et qui ne tient aucun de ses engagements aussi bien internes qu’externes, n’est pas le mieux indiqué pour se voir confier un quelconque rôle en matière de lutte contre le terrorisme, la piraterie maritime et les trafics illicites de tous genres. La corruption, l’impunité et la protection des criminels sont en effet, autant de failles qui empêchent la mise en œuvre de toute politique efficace dans le domaine de la sécurité.



Liberté : Si vous le permettez, Monsieur le Président, parlons de la situation politique au Burkina Faso, ce pays voisin que vous connaissez bien. Il y a quelques jours, le Régiment de la Sécurité Présidentielle (RSP), mis en place par l’ancien régime, a tenté de mettre un coup d’arrêt à la transition par un coup d’Etat. Quel est votre sentiment sur cette tentative de putsch contre la démocratie ?

Je connais bien le Burkina Faso et j’y compte, effectivement, de nombreux amis et mes pensées vont à chacun d’eux et à leur famille dans ces moments difficiles que traverse leur pays.

Je voudrais réitérer, au nom de l’ANC et en mon nom personnel, notre solidarité et notre sympathie aux familles endeuillées et à toutes les victimes de l’intrusion sanglante et insensée du RSP dans le débat politique du pays.

C’est avec la plus grande énergie que nous avons dénoncé et condamné le coup d’Etat du RSP contre la démocratie. Faut-il rappeler que c’est exactement le même coup que la garde présidentielle a perpétré contre la transition au Togo, en décembre 1991, sous la conduite de Gnassingbé Toyi, le frère de Gnassingbé Eyadèma ?

Qu’il me soit permis de saluer le peuple burkinabé, le Président Kafando et son gouvernement ainsi que le parlement de transition, pour le courage et la fermeté qu’ils ont opposé à la remise en cause de la liberté, de la démocratie et de l’Etat de droit. Je salue également l’armée républicaine du Burkina Faso, qui s’est spontanément mobilisée aux côtés du peuple burkinabé, pour faire échec à la forfaiture et à l’imposture.

Je pense sincèrement que le peuple frère du Burkina, qui a montré de manière exemplaire qu’il sait prendre en main son destin, devrait inspirer tous les peuples épris de liberté, de démocratie et d’Etat de droit.

Liberté : M. le Président, des migrants africains et Syriens sont aujourd’hui aux portes de l’Europe, fuyant la guerre et la misère. Nombreux sont ceux qui parmi eux laissent leur vie en mer. Quelle est l’opinion de l’homme d’Etat que vous êtes sur ce problème ?

C’est une véritable catastrophe humanitaire qui se déroule aujourd’hui aux portes de l’Europe où, des hommes, des femmes, des enfants, des familles entières, sont contraints de quitter leur pays par milliers, fuyant la guerre, la répression, la persécution, la dictature et la misère.

Autant nous rendons hommage à tous les pays qui s’organisent pour accueillir ces migrants en leur offrant, par-delà l’hospitalité, un peu d’humanité et de dignité, autant nous dénonçons et condamnons les marchands d’armes et fauteurs de guerres par-ci, les régimes autocratiques, corrompus et fossoyeurs des droits et libertés par là.

Nous demeurons persuadés que l’alternance au pouvoir par des élections honnêtes et équitables, l’édification de l’Etat de droit et la limitation des mandats, sont des facteurs déterminants pour le développement, la prospérité et la stabilité sociopolitique qui favorisent le maintien des populations chez elles.

La communauté internationale devrait donc s’investir davantage pour aider nos pays à accepter et à partager de manière proactive, les valeurs de la démocratie, de l’Etat de droit, de la bonne gouvernance ainsi que du respect des droits de l’Homme.

Liberté : Le 10 octobre prochain, c’est-à-dire dans deux jours, l’ANC aura 5 ans. M. le Président, pouvez-vous nous faire un bilan des activités de votre parti et nous en donner quelques perspectives d’avenir ?

En cinq années, le chemin parcouru est important et satisfaisant. L’ANC est aujourd’hui implantée sur toute l’étendue du territoire national et à l’étranger, à travers 73 fédérations dont 3 fédérations internationales. Notre 1er congrès statutaire, tenu à Lomé les 10 et 11 octobre 2014, a permis de renouveler les instances du parti, d’amender les statuts et de réaffirmer les grandes orientations du parti.

Je rends grâce à Dieu pour tous ses bienfaits et je remercie les populations togolaises pour leur soutien. Je salue le courage et la détermination de nos militants et sympathisants, la mobilisation des femmes et des jeunes de l’ANC.

La conduite d’un parti politique comme le nôtre est l’affaire d’une équipe. Une équipe de femmes et d’hommes qui composent le Bureau National ou qui sont à la tête de nos fédérations, sections et sous sections, tant au Togo qu’à l’étranger. A tous, je dis merci pour le travail accompli avec tant de disponibilité et de détermination.

Nous mesurons, avec fierté, la confiance que le peuple togolais met en nous pour la réalisation de l’alternance politique et l’édification de l’Etat de droit dans notre pays. Qu’il soit assuré de notre engagement à poursuivre la lutte jusqu’à la libération du Togo. Nous ne baisserons jamais les bras.

Nous avons engagé une mobilisation populaire pour revendiquer la victoire de CAP 2015, exiger les réformes institutionnelles, constitutionnelles et électorales telles que prévues par l’APG et l’organisation rapide des élections locales. Je me félicite des préoccupations exprimées sur ces points par M. Ban KI-MOON, Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), lors de sa dernière rencontre avec le chef de l’Etat togolais à New York. Ces préoccupations sont également partagées par les officiels qu’il m’a été donné de rencontrer lors de mes récents séjours en Europe.

Le programme de la commémoration du 5ème anniversaire de l’ANC démarre ce mercredi 7 octobre et se poursuit jusqu’au 14 octobre 2015. Des activités sont prévues à Lomé et dans toutes nos fédérations, notamment, exposition photos, solidarité avec les détenus politiques, veillée à la bougie, messe, culte et prière musulmane, atelier d’évaluation et d’orientation, causeries-débats, caravane motorisée, retrouvailles et partages à la plage du changement.

Réalisée par Agb. Z.

Liberté N° 2044 du 08 Octobre 2015
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