Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Le Togo    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Editorial
Article



 Titrologie



L'Alternative N° 467 du

Voir la Titrologie

  Sondage


 Nous suivre

Nos réseaux sociaux



 Autres articles


Comment

Editorial

Joseph Kokou Koffigoh, acteur d’échec, donneur de leçons
Publié le mercredi 21 octobre 2015  |  L'Alternative


© Autre presse par dr
Me Joseph Kokou Koffigoh


 Vos outils




 Vidéos

 Dans le dossier


« Quand il s’agit de dire non, l’opposition est toujours unie et soudée. Mais quand l’opposition voit la perspective du pouvoir, en ce moment, elle se déchire, elle se divise, parce que chacun veut le pouvoir futur à lui et pas au voisin.

Ça a toujours été le même problème, même jusqu’à une époque récente. L’accord politique global qui a été signé 2006 ouvrait de nouvelles perspectives et l’opposition avait la chance de se mettre ensemble pour former un gouvernement et changer la donne politique. Mais les gens ont estimé que la formation d’un gouvernement allait arranger X ou Y et ils ont laissé passer l’occasion. Et chaque fois que l’opposition laisse passer l’occasion, le pouvoir en profite, ça fait partie de la règle du jeu.


Parce que justement quand on a l’ambition pour le pays, il faut accepter de sacrifier ses propres intérêts pour que le pays puisse avancer », a déclaré l’ancien Premier ministre Me Joseph Kokou Koffigoh à certains confrères en marge de la commémoration du 25è anniversaire du soulèvement du 5 octobre 1990.


Ce réquisitoire aurait moins soulevé la polémique si l’auteur n’était pas un acteur majeur de l’échec patent du processus de démocratisation au Togo, naturellement au nom de ses intérêts personnels. Joseph Kokou Koffigoh, c’est le Premier ministre désigné par les forces vives de la nation après la Conférence nationale souveraine pour conduire une transition devant aboutir à un véritable changement de régime au Togo. Mais dès qu’il s’est installé dans le fauteuil, et auréolé du soutien populaire à l’époque, il a commencé à s’éloigner de l’objectif pour décliner ses propres ambitions, conduisant la transition dans un enlisement total qui a servi d’arguments aux partisans du régime d’Eyadéma de reprendre la main et ce, jusqu’à ce jour. Un acteur majeur et non des moindres nous faisait un jour cette confidence : « Juste après la désignation de Me Joseph Kokou Koffigoh Premier ministre, il s’est retrouvé avec certains de ses amis dans une salle de réunion à l’un des étages de l’hôtel du 2 Février. Sa première réaction a consisté à dire que les Kabyè ont mangé, les gens d’Aného aussi ont mangé, maintenant c’est le tour des Ewé de prendre les choses en main ». Cet acteur, religieux de son état, a été choqué par cette conception du pouvoir quelques heures après la nomination du Premier ministre.


La suite, on la connait. Le premier gouvernement de Joseph Kokou Koffigoh était en majorité une équipe à relent identitaire avec des frères de village au gouvernement conseillers à la Primature qui ont profité pour détourner les fonds de l’Etat. Certains arrivés d’un pays voisin très pauvres, sont devenus aujourd’hui des milliardaires au service du pouvoir RPT/UNIR. Feu Gnassingbé Eyadéma n’a jamais cessé d’accuser la transition de Joseph Kokou Koffigoh et ses amis de détournements massifs des avoirs du pays, de bradage d’un avion présidentiel, des véhicules administratifs etc.


La route Lomé Kpalimé qui se trouve être aujourd’hui un dangereux sentier et qui a englouti des milliards a été bitumée lorsque le natif de Kpelé était aux commandes. Sous le gouvernement de Joseph Kokou Koffigoh, il y a eu aussi des assassinats politiques non élucidés dont le plus célèbre est celui de Tavio Ayao Amorin. Même les conditions d’exécutions sommaires de certains officiers en service à la Primature après l’attaque du palais des gouverneurs le 3 décembre 1991 relèvent encore du mystère. Lorsqu’on a contribué de façon aussi scandaleuse à gérer les affaires du pays et à remettre le pouvoir à l’adversaire, il est de bon ton qu’on évite non seulement de pointer le doigt accusateur sur les autres, mais aussi qu’on reconnaisse avec un minimum d’honnêteté intellectuelle sa part de responsabilité dans le dévoiement de la lutte de tout un peuple.


C’est une réalité qu’aujourd’hui, Joseph Kokou Koffigoh jouit d’un repos très bien mérité avec les avantages de son statut d’ancien Premier ministre (indemnité, voitures de fonction, carburant, garde du corps, etc.). Vivant tranquillement sur le dos du contribuable alors que les populations qu’il était censé conduire à bon port sont dans la misère, il passe son temps à faire de la poésie sur les réseaux sociaux. Avec son nouveau statut, il aurait pu la boucler au lieu de s’époumoner à distribuer les labels de patriotisme aux uns et aux autres. S’il avait mis les intérêts des populations qui ont contribué à le désigner Premier ministre avant les siens, le Togo n’en serait pas aujourd’hui totalement à la dérive avec le clan Gnassingbé toujours aux commandes.

Mensah K.

L’ALTERNATIVE – N°467 du 20 Octobre 2015

 Commentaires