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DECLARATION/Les dirigeants et les militants de l’ANC et du CST, n’ont rien à voir avec les incendies des marchés de Kara et de Lomé
Publié le vendredi 20 mai 2016  |  ANC TOGO


© aLome.com par Parfait et Edem Gadegbeku
Jean-Pierre FABRE annonce son boycott des manifestations officielles marquant le 27 avril 2016
Lomé, le 20 avril 2016. Point de presse de l`ANC à son siège pour expliquer les raisons qui motivent le boycott programmé de la commémoration officielle du 27 avril 1960 par le pouvoir togolais.


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Dans l’affaire des incendies des marchés de Kara et de Lomé, le Doyen des Juges d’Instruction vient de transmettre au Procureur Général près la Cour d’Appel de Lomé, son ordonnance définitive qui prononce un élargissement ainsi que la levée de certaines inculpations et renvoie devant les assises, les autres personnes encore détenues ou inculpées parmi lesquelles Kwami MANTI, ancien Député ANC, Ata Messan Zeus AJAVON, Coordonnateur du Collectif ‘’SAUVONS LE TOGO’’ (CST) et 3 Députés à l’Assemblée nationale à savoir, Alphonse Kpogo, Ouro Akpo TCHAGNAOU et moi-même, Jean-Pierre FABRE, Président National de l’ANC.

Il y a tout d’abord lieu de souligner et de dénoncer la grande constante dans cette affaire d‘incendies, qui demeure la violation flagrante des droits de l’homme dont sont victimes, à divers degrés, les personnes détenues aussi bien que celles inculpées et placées sous contrôle judiciaire.

Etienne Yakanou est mort en détention pour avoir été privé des soins nécessaires qu’exigeait son état de santé. Plusieurs détenus avouent avoir fait l’objet de menaces et de manipulations pour accuser et charger indûment d’autres codétenus ou co-inculpés. Enfin, pas moins de 3 Députés siégeant actuellement à l’Assemblée nationale sont poursuivis sans que leur immunité parlementaire ait été levée conformément à la Constitution de la République togolaise.

Il faut ensuite noter le caractère surprenant du contenu de l’ordonnance précitée, qui n’est qu’un tissu d’incohérences et d’incongruités ne résistant à aucune analyse sérieuse. Toutes les allégations mentionnées sont cousues de fil blanc. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une machination abominable, échafaudée dans le seul but d’éliminer un adversaire politique sérieux, en l’occurrence le leader de l’ANC, en travestissant les faits, en maquillant la réalité. Ainsi :

L’ordonnance ne fait aucune mention du rapport des experts de la police scientifique française sollicités par les autorités togolaises pour les besoins de l’enquête, dès les premiers jours qui ont suivi les incendies. Or, ce rapport établit clairement que le combustible utilisé est le kérosène. Ce type de combustible n’est-il pas sous la haute garde exclusive des forces de sécurité togolaises ? Ce qui le rend inaccessible aux personnes mises en cause. Où est donc passé ce rapport des experts français ? et pour quelle raison ne figure-t-il pas au dossier ?
La manière précipitée dont le site du Grand marché de Lomé a été rasé est des plus suspectes et cache mal la volonté de faire disparaitre d’autres indices qui disculpent les personnes mises en cause.
Le CST a mené sa propre enquête et publié un mémorandum circonstancié sur les véritables auteurs, les mobiles et le modus opérandi des incendies des marchés de Kara et de Lomé. Qu’est devenu ce mémorandum qui a régulièrement été adressé par lettre au Procureur de la République pour valoir dénonciation de malfaiteur conformément à la loi ?
Le siège de l’ANC, qui n’a jamais servi de lieu de réunion du CST n’a pu abriter une quelconque réunion de planification des incendies, laquelle planification n’a du reste, jamais existé. De plus, à ce jour, le Président de l’ANC n’a aménagé aucun bureau au siège de l’ANC.
Il est temps de mettre fin à ces dérives inacceptables. Les dirigeants et les militants de l’ANC et du CST, n’ont rien à voir – mais alors absolument rien à voir – avec les incendies des marchés de Kara et de Lomé.

Il y a également lieu de dénoncer et de fustiger la propension des pouvoirs publics togolais à considérer les responsables et les militants des partis d’opposition comme des ennemies à abattre par tous les moyens.

Il y a enfin lieu de dénoncer toutes les manœuvres en cours depuis le début de cette sordide affaire, tendant à désigner un bouc émissaire pour assouvir la volonté de décapiter l’ANC et de la réduire au silence face à l’incurie du gouvernement, face aux exactions quotidiennes du régime RPT/UNIR contre les populations togolaises sur l’ensemble du territoire et spécialement à Lomé et ses environs, à Mango et à Dapaong.

Au lendemain des incendies des marchés de Kara, dans la nuit du 9 au 10 janvier 2013 et de Lomé, dans la nuit du 11 au 12 janvier 2013, j’ai déploré, dans une déclaration en date du 16 janvier 2013, le contexte sociopolitique vicié dans lequel notre pays est frappé par ce nouveau sinistre.

Un contexte délibérément créé et entretenu par le régime en place et caractérisé par la persistance des violations des droits et libertés des citoyens, l’impunité et le déni de justice, les coups tordus et les forfaitures à répétition des hautes institutions de l’Etat, les violation quotidienne de la Constitution et des lois, le pillage systématique des richesses nationales et le refus de mettre en œuvre les réformes politiques et électorales prescrites par l’APG et la CVJR.

Aujourd’hui, plus de trois ans après, la récente lettre pastorale de la Conférence des évêques du Togo montre que rien n’a changé. La situation s’est même détériorée davantage.

Conséquences, aucune enquête sérieuse pour identifier les causes et situer les responsabilités. Au contraire une volonté manifeste de falsifier la vérité en s’en prenant principalement à tous ceux qui dénoncent la mal gouvernance et l’imposture.

Aucune mesure digne de ce nom pour soulager les victimes parmi lesquelles de nombreuses femmes commerçantes ruinées, encore sous le choc ou décédées des suites de cette catastrophe. Aucune initiative crédible de réparation des importants dégâts matériels causés.

Aujourd’hui, plus de trois ans après, les véritables auteurs de ce crime inqualifiable courent toujours tandis que des innocents croupissent en prison, malades du fait des mauvais traitements subis. Notre camarade Etienne Yakaknou est mort pendant qu’il était encore en détention à la gendarmerie. Plusieurs dirigeants dont moi-même demeurent toujours arbitrairement inculpés et certains contraints à l’exil.

C’est avec douleur que je m’incline devant la mémoire des victimes disparues. Je réitère ma compassion et ma solidarité à toutes les personnes sinistrées, notamment toutes les femmes revendeuses des marchés incendiés.

C’est également avec douleur que je m’incline devant la mémoire de notre camarade Yakanou, en réitérant ma sympathie à sa veuve, à ses enfants et à sa famille.

Dans l’intérêt de la justice, de l’apaisement sociopolitique et de la paix, le gouvernement togolais devrait se ressaisir pour mettre fin à cette tragédie ubuesque, notamment par :

la libération des militants et des dirigeants des partis de l’opposition encore en détention, la levée des inculpations arbitraires, le libre retour des personnes contraintes à l’exil, suite aux incendies des marchés de Kara et de Lomé en janvier 2013 ;
la prise en charge médicale et psychologique ainsi que le dédommagement conséquent des commerçants et commerçantes victimes de ces incendies à Kara et à Lomé ;
l’ouverture d’une enquête réellement indépendante pour établir la vérité sur cette affaire.
L’ANC appelle les populations togolaises à ne pas céder à la peur et à rester mobilisées pour mettre fin à la dictature au Togo.


Fait à Lomé, le 19 mai 2016

Le Président National de l’ANC

Chef de file de l’opposition

Signé

Jean-Pierre FABRE
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