Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Le Togo    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article



 Titrologie



Autre presse N° 001 du

Voir la Titrologie

  Sondage


 Nous suivre

Nos réseaux sociaux



 Autres articles


Comment

Politique

Vive la Gambie, vive le Togo (Gerry Taama parle de l’alternance en Gambie)
Publié le mardi 6 decembre 2016  |  Page facebook Gerry Taama


© aLome.com par Dodo Abalo
Gerry Taama, homme d`affaires et Président du parti politique NET.


 Vos outils




 Vidéos

 Dans le dossier


Au Togo, il y a une chose qui ne change jamais, c’est que dès qu’il y a alternance dans un pays, tout le monde s’empresse de faire des parallèles avec la situation togolaise. L’alternance subite qui se déroule actuellement en Gambie ne déroge pas à la règle, ceci d’autant plus que la Gambie était, avec le Togo, les deux seuls pays de l’Afrique de l’Ouest qui ne connaissait ni limitation de mandats, ni réelle alternance, si on prend en compte la filiation biologique de notre président à nous.


J’aimerais faire une série de trois observations sur le parallèle entre l’alternance Gambienne et la situation togolaise.


La première est que l’alternance est d’abord une histoire d’homme et non de système politique. Et en Afrique, c’est celui qui est au pouvoir qui fait l’alternance. Bongo n’a pas voulu, ça ne s’est pas fait. Jameh et Compaoré (il faut souvent le préciser, il aurait fait le choix de rester dans son palais et faire comme Bongo qu’il serait aujourd’hui au pouvoir) ont accepté partir en protégeant et/ou respectant leur peuple. Je ne parle pas des potentats de l’Afrique Centrale, qui modifient leurs constitutions tous les 10 ans. Donc l’alternance est plus à mettre à l’actif du président sortant, que d’un peuple qui de toute les façons, finit par se lasser de ses dirigeants.


Notre président peut tout à fait naturellement décider de ne pas se présenter en 2020. Ce qui est particulier avec les dictateurs, c’est que la découverte que leur peuple ne les aime plus ou pas leur crève le cœur. Si l’opposition dans son ensemble avait participé aux présidentielles de 1993, Eyadema aurait certainement laissé le pouvoir. Son fils n’est pas un dictateur, et l’amour passionnel du peuple n’est pas son objectif premier. Ce qui est somme toute normal.


Ma seconde observation est que toutes les oppositions ne se valent pas. Yaya Jameh a sans doute rendu un immense service à son pays en faisant enfermer tous les leaders politiques avant les élections.


Ceci a rendu possible le choix d’une personne consensuelle, qui, chose inouïe, a même démissionné de son parti pour se mettre au service du collectif. Chez nous, c’est le collectif qui se met au service d’une personne et son parti. Il suffit de regarder les couleurs de Cap2015 pour comprendre la distance qui nous sépare des Gambiens. Je me souviens que lors des discussions de notre fameux conclave, nous avions butté sur la question de gestion du pouvoir après la victoire. Tous les partis soutenaient que le victorieux devaient s’engager à faire un seul mandat, sauf un seul grand parti qui se refusait à cette clause. Il est évident que quand vous partez sur cette base, difficile de se faire confiance et avancer.


Pour finir, le Togo est esclave du mal ethnique. Avant d’entrer en politique, je trouvais qu’on exagérait un peu sur le mal ethnique, mais mon immersion dans le microcosme m’a fait découvrir une autre réalité. Le vrai opposant ne vient pas du nord. Résultat, le nord continue et va continuer à voter utile pour le meilleur candidat du nord.

L’argument utilisé pour battre les trois candidats du nord de l’élection de 2015 n’était pas de dire qu’on était mauvais, mais plutôt que voter pour nous risquait de permettre à Fabre de passer. Et ça a bien marché. Les populations du nord sont persuadées que le vote d’un homme du sud va les renvoyer à l’époque d’Ablodé (avec les redoutables abongo sodja) , puis aux années 90, quand la chasse des nordistes a été malheureusement organisée au sud. Nous même, les épithètes de taupe, la méfiance, la défiance ont souvent refroidit notre engagement, pendant que nous subissions de plein fouet les représailles de nos frères, qui nous accusent de trahison.


Voilà assez rapidement mon analyse de la situation. Nous aurons une alternance rapide si l’exécutif le veut, l’union de l’opposition est impossible avec les dirigeants actuels de l’opposition (moi y compris), et il faut mettre une stratégie pour contrer le vote identitaire et sécuritaire.
Les trois conditions peuvent-elles être réunies d’ici 2020. Bien sûr que. Donc, oublions les Gambiens et cultivons notre jardin. En attendant le messie.


Gerry
... suite de l'article sur Autre presse


 Commentaires